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The Walking Dead, un jeu vidéo où vous écrivez vraiment l’histoire.

Retour sur un phénomène dans le microcosme du monde vidéoludique; The Walking Dead, inspiré de la bande dessinée du même nom. TWD est sorti en 2012 est a crée une mini révolution dans le monde très cloisonné et surtout très segmenté du jeu vidéo. Mon but n’est pas de vous faire dire que « TWD c’est le bien » (même si c’est un peu vrai), mais surtout de vous montrer à quel point ce jeu a su imposé un bon nombre de changement au milieu en lui même.

Note: J’utiliserai de manière répétée l’abréviation TWD pour The Walking Dead

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Une base solide

Le jeu vidéo s’intègre donc parfaitement dans l’univers de la bande dessinée…tout en la respectant. Ce dernier point est d’ailleurs primordial; en opposition avec la série télé qui a fait le paris de reprendre la trame du comics tout en se permettant de nombreuses disgressions (pour le meilleur, mais aussi pour le pire). Délivré de cette filiation trop directe, le jeu vidéo peut donc se permettre une certaine liberté, tout en utilisant un background déjà fort solide,et surtout en ne froisssant personne (les lecteurs de la première heure de la BD). A noter qu’il existe de nombreux clins d’oeil à la bande dessinée (vous croiserez quelques têtes connues (Glen pour ne citer que lui)). D’une certaine façon on peut dire que le jeu est bien plus fidèle à l’ambiance de la BD que ne l’est la série TV.

Evidemment ce qui fait la force de The Walking Dead (l’oeuvre dans sa globalité) est, certes son univers très mature et ultra violent (tant sur le plan physique que psychologique) mais surtout son universalité. The Walking Dead n’est pas une oeuvre sur les morts vivants…. Mais bien une oeuvre sur les vivants, des vivants confrontés à la mort (les zombies, la maladie, les meurtres…).  Tout l’intérêt de la série s’articule autour de la réaction des humains face à la mort et à la destruction de leur modèle sociale (les zombies ne sont qu’une image de la décomposition avancée d’une société; la thématique n’est pas nouvelle; cf l’Aube Des Morts Vivants -1978 de George A Romero). Les zombies ne sont qu’un danger comme un autre, par contre les humains représentent une menace bien plus grande pour eux mêmes.

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Dawn Of The Dead ou L’Aube de Morts Vivants est un film de George A. Romero. Paru en 1978, il n’est pas à proprement parler une suite de La Nuit Des Morts Vivants, mais prend place dans le même univers. Si les plus « caricaturistes » vous parleront de La Nuit Des Morts Vivants comme un simple film de zombies, ils oublient bien vite que le film avait une portée politique étonnante pour l’époque; c’est un des premiers films américain a mettre un personnage de couleur noire pour le rôle titre. Dawn Of The Dead est une satyre sociale virulente contre la société de consommation, que l’on adhère ou pas à la thèse de l’auteur elle n’en dénote pas moins d’une mise en abyme particulièrement intéressante. Parmis les images les plus choquantes on retiendra l’image des zombies continuant à faire machinalement leurs courses dans les rayons d’un supermarché (qu’est-ce qui les différencie vraiment des humains?) ou encore celle d’un groupe d’humain trouvant refuge dans un centre commercial flambant neuf qui sonne comme un refuge dans un monde infesté de zombies. La saga des Morts Vivants de George A. Romero a toujours été plus qu’une simple série horrifique sans cervelle, mais il faudrait plusieurs articles pour en parler comme il faut.

C’est en substance tout le sel de TWD; l’homme est un loup pour l’homme. Alors certes TWD utilise de nombreux code du film d’horreur actuel, mais ne s’en sert pas à outrance et sait garder sa patte artistique personelle. Pour parler plus spécifiquement du jeu vidéo, soulignons que c’est une des premières fois dans l’histoire des « jeux vidéos avec des zombies » que le but n’est pas de terrasser des morts vivants à coup de belles ou avec une sulfateuse. Sans entrer dans les détails de l’histoire, vous incarnez Lee Everett, un trentenaire au passé obscur (qu’il ne tiendra qu’à vous de découvrir) qui va se retrouver malgré lui responsable d’une fillette de 8 ans dans un monde infesté de zombies.

L'univers graphique, en adoptant le cel shading est ultra fidèle au Comics
L’univers graphique, en adoptant le cel shading est ultra fidèle au Comics

Ce principe, même s’il a déjà été exploité au cinéma (La Route pour ne citer que le plus récent), est assez récent dans le jeu vidéo (The Last Of Us a brillamment exploité cette idée également, mais d’une manière très différente; aucun choix n’est laissé au joueur)). Et de part la façon dont est pensé le jeu, ce point de départ ne pouvait que mener à des étincelles.

Le sens des responsabilités

Chaque choix que vous ferez dans TWD aura des conséquences, le jeu vous prévient dès l’écran titre. Si cette phrase n’est pas complètement vrai (certains choix n’ont qu’un impact très limité, voire inexistant sur l’histoire), elle a le mérite de cacher une autre vérité; « chaque choix que vous ferez vous renverra une image de vous-même ». Et c’est précisément sur ce point que TWD fait très fort, en brisant perpétuellement le quatrième mur.

Le quatrième mur est un concept initialement emprunté au théâtre. L’idée est que les personnages d’une scène de théâtre évoluent sur une scène fermée, la scène donne certes sur le public, mais il existe de base un mur de verre invisible entre les personnages et les spectateurs. Les personnages évoluent dans la pièce comme si les spectateurs n’étaient pas là. L’expression « briser le quatrième mur » s’applique lorsqu’un personnage s’adresse directement voire nominativement au spectateur, comme si le personnage de la pièce avait conscience de l’existence du public. Cela a normalement pour effet de favoriser l’immersion.

Le jeu vidéo, par le fait de sa nature propre implique forcément un contrôle du spectateur (en l’occurence le joueur) de l’histoire qui se déroule devant ses yeux. Forcément le joueur interagit sur une histoire et est le déclencheur d’un tas d’évènement. Cependant de nombreux jeux ne proposaient qu’un faux sentiment de liberté.

Donnerez vous de l'eau à un être humain à l'agonie qui deviendra de toute façon un zombie dans les heures à venir? Ou allez vous garder pour vous et vos amis malades le peu d'eau qu'il vous reste?
Donnerez vous de l’eau à un être humain à l’agonie qui deviendra de toute façon un zombie dans les heures à venir?
Ou allez vous garder pour vous et vos amis malades le peu d’eau qu’il vous reste?

Prenons l’exemple caricatural -certes- mais très simple d’un Call Of Duty (série qui a un peu près autant apporter au jeu vidéo en terme de mise en scène Hollywoodienne qu’elle lui a fait du mal en l’enfermant dans un carcan de « les joueurs de jeux vidéos sont tous des criminels machos analphabètes ». Dans le mode solo, il arrivera parfois que vous ayez une cible humaine à abattre dans vos objectifs de mission, le jeu vous donne le faux sentiment d’avoir une liberté de choix, celle d’abattre ou non la cible (après tout, c’est le joueur qui déclenche le tir avec sa manette), seulement en fait le joueur n’a aucun choix, car s’il ne tue pas sa cible, c’est game over. Le joueur n’a donc d’autre choix que de faire ce que le jeu veut bien lui faire faire. TWD innove en proposant au joueur des choix, ainsi il vous sera demandé de choisir entre abandonner ou pas un personnage à son propre sort, aider ou pas un personnage dans le besoin, vous mettre à voler ou pas pour aider vos proches, à tuer… ou pas… Le jeu continuera quoiqu’il arrive, et si un de vos acolytes meurt par votre faute, et bien tant pis pour vous, il vous faudra vivre avec ce choix sur la conscience.

TWD place donc en permanence le joueur face à la perception morale de ses propres actes, car la réaction des autres protagonistes vous renvoit une image de vous même (à condition de jouer le jeu, et de choisir ce que vous auriez choisi en condition réelle). L’autre force de TWD est qu’il n’y a pas de bons ou mauvais choix, il n’y a que des choix difficiles à faire, vous ne serez jamais un héro dans TWD, tout au plus un être humain responsable (et vous verrez que c’est déjà beaucoup).

Dans les épisodes précédents…

TWD a su populariser le marché du jeu vidéo dit « épisodique ». Mais qu’est-ce dont cela? C’est un concept relativement simple. Les jeux vidéo ont toujours été distribué via un mode de commercialisation très « unitaires », c’est à dire qu’un jeu est vendu dans son ensemble à un prix unitaire. TWD a su populariser un mode de commercialisation déjà existant mais peu usité; le format épisodique.

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Fatalement la construction du jeu en lui même pousse vers ce mode de commercialisation. Le jeu étant réparti sur cinq épisodes (en ce qui concerne la première saison), qui sont sortis à deux mois d’intervalle. Le joueur pouvait alors acheter un épisode à l’unité lors de sa sortie, ou « prépayer » l’ensemble lors de la sortie du premier épisode (en bénéficiant donc d’un rabais par rapport à ceux achetant l’épisode à l’unité). Le principe est exactement le même que si vous achetiez un épisode de votre série TV préféré sur un système de VOD. Cela peut paraître anodin mais dans le jeu vidéo c’était une pratique peu répandue avant TWD et qui est devenu courante aujourd’hui.

Tout le monde ne peut pas être d’accord

Alors TWD, n’a certes pas fait l’unanimité, certains intégristes du jeu vidéo lui ont reprochés d’être plus un film interactif qu’un jeu vidéo (rapellons que le concept est vieux comme le monde; Dragon’s Lair à l’époque était déjà un dessin animé interactif). Certains crieront même à l’escroquerie, mais c’est même personne ne sont pas choquées par la sortie annuelle de jeux comme FIFA qui à chaque années sontr proposés au prix fort. L’argument de « ce n’est pas un jeu vidéo donc c’est de la merde » est assez pathétique et non recevable. Admettons, TWD n’est PAS un jeu vidéo, mais un film interactf, quel est le problème? Bref, critique nulle et non pertinente.

On peut par contre reprocher au titre le fait que les choix du joueurs n’est pas autant d’impact que ça sur l’histoire principal, et encore ça serait pinailler, en particulier sur la saison 2 où vos choix vont être capital.

Je ne suis peut-être pas objectif sur TWD, tant j’ai adoré jouer à ce jeu et tant il m’a pris aux tripes, mais il convient de lui reconnaître des points forts incontournable; le sens de la mise en scène, les cliffhangers de malade et surtout l’émotion qu’il véhicule. Ne vous retenez pas et tentez l’expérience. Le jeu est disponible sur PC et toutes les consoles (PS3/4, Xbox360/One) en VOSTFR.

Poltergeist de Gil Kenan

La mode est au remake, c’est un fait, et ceci est particulièrement vrai pour les films fantastiques et/ou d’horreur. En grand représentant du genre, Poltergeist ne pouvait pas échapper à la règle. C’est donc Sam Raimi qui a produit ce projet casse gueule (comme tout remake), la réalisation a quand elle était confié à Gil Kenan. J’ai toujours du mal à comprendre comment un tel projet a pu être donné à un mec qui a réalisé deux longs métrage dans sa carrière (à savoir Monster House, un film d’animation et la cité de l’ombre). Non pas que ces deux longs métrage soient mauvais (au contraire), mais on parle tout de même de la licence Poltergeist. Je trouve que ça en dit long sur l’ambition que l’on veut donner au film. Et malheureusement pour ce remake, mes pires craintes se sont avérées fondées.

Poltergeist

Insidious est passé par là

Sans revenir en détail sur l’histoire d’une banalité affligeante; une gentille petite famille américaine qui emménage dans une jolie petite maison qui s’avère avoir été construite sur un lieu maudit… Il est malheureusement évident que Poltergeist n’a pas su réinsuffler un vent de nouveauté sur le genre. Les jump scare s’enchaînent avec une banalité affligeante (ils sont tous prévisible à des kilomètres), les personnages sont d’une incohérence rare (le gamin qui d’une minute à l’autre passe du stade de poule mouillée à celui de héro sans peur) et les situations sont d’un manque d’originalité affligeant: le coup de la petite fille qui a un « ami imaginaire », on l’a déjà vu cent fois (et le coup du père qui dit « c’est normal à son âge! »). Je me suis demandé à plusieurs reprises ce que j’avais bien pu avoir fait pour mériter un pareil supplice. Je veux bien que le public visé soit un public adolescent, mais tout de même, les adolescents ne sont pas forcéments des anencéphales. Globalement Poltergeist n’invente rien de neuf et se contente de réciter une litanie de situations déjà vu, revu et re-revu des centaines de fois dans le cinéma d’horreur. Oui, le fabuleux Insidious de James Wan est passé par là, et la comparaison avec ce remake fait terriblement mal. La construction d’Insidious était similaire, mais la fougue dans la réalisation -et ce avec des jump scare certes mais assez imprévisible- expédie Poltergeist directement au tapis. Hormis la vision de la dimension parallèle, Poltergeist n’apporte rien.

Ce seul plan iconique d'Insidious est plus terrifiant que tout Poltergeist
Ce seul plan iconique d’Insidious est plus terrifiant que tout Poltergeist

Jump Scare

 

Un Jump Scare terrifiant issue de P.T. sur Playstation4
Un Jump Scare terrifiant issue de P.T. sur Playstation4

Le Jump Scare est un procédé cinématographique destiné à faire sursauter le spectateur. Souvent il s’agit de l’irruption à l’écran d’un personnage, d’un monstre ou d’un objet accompagné d’un effet sonore particulièrement bruyant ou stridant. Le Jump Scare est une des techniques les plus « basiques » du cinéma d’horreur. Son abus dans un film est considéré par certains (dont moi) comme un signe d’incapacité à créer un vrai sentiment de peur. Un bon film d’horreur n’a pas besoin de Jump Scare pour faire peur (c’est le cas d’Insidious ou Sinister), un mauvais film d’horreur n’arrive pas à faire peur sans Jump Scare. Bref le Jump Scare est un moyen facile de provoquer un sursaut, une peur brève, mais ne peut conditionner la qualité horrifique d’un film à lui seul.

De la publicité, en veux-tu en voilà

Je veux bien croire que le financement d’un film, même à Hollywood, soit quelque chose de compliqué. Donc voir des publicités déguisés ici et là ne me choque habituellement pas. Mais ce film est une publicité sur patte, on doit voir le logo Apple une bonne dizaine de fois, des téléviseurs Sony, des voitures Mini sans arrêt, des personnages qui citent des marques oralement, quasiment un plan sur trois est un placement produit, de quoi donner le vertige à n’importe qui. Personellement ça m’a gêné car autant parfois, à petite dose, ça peut aider à l’immersion dans le film, autant là j’avais l’impression d’assister à des pages publicitaires entrecoupées d’un film.

En conclusion, Poltergeist ne mérite probablement pas votre attention, à moins que vous soyez un(e) féru de film d’horreur (et encore pour l’horreur pur il faudra repasser; un train fantôme de fête forraine sera plus efficace). Rien n’est à sauver dans ce film hormis quelques rares effets visuels. Résultat bien maigre pour un film qui se veut le remake/reboot d’une franchise presque fondatrice du genre. A oublier au plus vite.

Hibike! Euphonium, la dernière production signée Kyoto Animation

Le savoir-faire de Kyoto Animation en terme d’animation n’est plus à prouver (et si vous me suivez un temps soit peu, vous savez que je place ce studio en plus haute estime), mais le studio a encore repoussé les limites avec sa dernière production; Hibike! Euphonium. Retour rapide sur cette série pour vous expliquer pourquoi elle est le bien incarné et pourquoi vous devez la voir.

En guise d’introduction, je précise que je viens de regarder le douzième et avant dernier épisode, et que l’envie d’écrire un billet fut plus forte que jamais, impossible pour moi d’attendre la semaine prochaine pour le dernier épisode. Par conséquent je ne m’exprimerai pas en ayant vu la série dans son ensemble, mais très sincèrement, peu importe le dernier épisode (qui ne pourra être qu’excellent de toute façon), je peux déjà dire que cette série est un pur bijoux venu du pays du soleil levant. Il me paraissait cependant important de préciser ce petit détail afin d’être le plus hônnete possible envers vous.

Une histoire de fanfare

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Initialement Hibike! Euphonium est un roman écrit par Ayano Takeda, selon mes recherches l’auteur en question n’a pas écrit d’autres oeuvres majeures (elle est cependant encore très jeune (née en 1992)). L’histoire se focalise sur le quotidien d’une fanfare d’un lycée (Kitauji). Chaque année un concours national est organisé entre les meilleures fanfares de tous les lycées. La fanfare du lycée Kitauji n’a jamais réussi à se qualifier pour ce concours, mais il semblerait que cette année les membres de la fanfare aient la volonté d’honorer leur lycée de la plus belle des façons; en préparant le concours avec détermination.

Hibike! Euphonium est donc une série qui va faire la part belle à la musique, au sens le plus noble du terme puisque cette fois il sera question de trombone, euphonium, contrebasse et percussion. Si de prime à bord il est tentant de rapprocher la série à K-On, les deux séries sont pourtant assez éloignée; K-On utilisait la musique comme moyen de raconter l’histoire de 5 adolescentes vivant leur dernière année de lycée, Hibike! Euphonium se focalise vraiment sur les difficultées liée à la pratique d’un instrument.

De la musique mais pas que…

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Le personnage principal de l’histoire est Kumiko Oumae, une jeune fille qui joue de l’euphonium depuis son plus jeune âge. Au début de l’histoire elle arrive dans son nouveau lycée et s’inscrit à la fanfare avec la ferme intention de ne plus jouer de l’euphonium (instrument qu’elle ne semble plus supporter, malgré qu’elle en joue depuis toujours). Elle va retrouver une connaissance, Reina Kousaka, une élève assez mystérieuse, passionnée de trompette, qu’elle côtoyait au collège. On sent une réelle tension entre les deux personnages, Kumiko semble souffrir d’un complexe d’infériorité vis à vis de Reina. Vous dire de quoi il en retourne serait vous gâcher le plaisir du visionnage de la série. Disons simplement que la relation unissant les deux personnages est vraiment une des plus belles trouvailles de ces dernières années en terme de narration. L’histoire finit par entremêler toute sorte de sentiments propre à l’adolescence; l’amour, la haine, la jalousie, l’amitié… et c’est fait avec une telle réussite que ça en est éblouissant. La série vaut la peine d’être regardée rien que pour la relation entre Kumiko et Reina.

Les autres personnages ne sont pas en reste, même si on n’échappe pas à certains poncifs de l’animation japonaise, le tout est suffisament rafraîchissant et tellement bien amené qu’on se surprend à avoir le sourire aux lèvres (ou les larmes aux yeux, c’est au choix) à la fin de chaque épisode (20 minutes c’est trop court!). C’est le propre des bonnes séries d’avoir des personnages secondaires attachants qui se dévoilent au fur et à mesure des épisodes. Evidemment le coeur de l’intrigue reste la vie de la fanfare avec ses joies et ses difficultées; la gestion des rivalités au sein de la fanfare, le choix des solistes, le rythme des répétitions. Un des autres sujets fils rouges est la place à apporter à une telle passion pour la musique pour des élèves encore au lycée; le sacrifice de la préparation de l’entrée à l’université…

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Une réalisation exemplaire

Kyoto Animation a toujours su proposer des séries quasi parfaite sur le plan technique et Hibike!Euphonium ne déroge pas à la règle. Soyons clair, la série est une véritable pépite sur le plan de la réalisation. Les choix de mise en scène sont judicieux, les éclairages sont parfaits et l’animation des personnages est un sans faute. Précisions importante, je parle là des épisodes diffusés à la TV, il ne s’agit pas encore des épisodes sorties en BluRay/DVD (précisons qu’il est relativement coutume au Japon que les séries soient retouchés lors de la sortie en DVD/BluRay afin de soigner l’animation ou les effets spéciaux). Comprenez que les épisodes diffusés à la TV, du fait des impératifs de temps pour la diffusion et au coût exorbitant de la production de telles séries animées, ne sont pas toujours fignolés comme ils le devraient lors de leurs diffusions. Tèrs clairement, Hibike! Euphonium a bénéficié d’une attention et d’un soins particulier. Mais puisque quelques images valent mieux que des mots, jugez par vous même.

Kumiko dans l’episode 12

 

« Tu resteras à mes côtés, tu ne me trahiras pas? -Si je te trahis tu auras le droit de me tuer »
La qualité de l’animation des personnages lorsqu’ils jouent de leur instrument respectif est bluffante, d’autant qu’il existe une synchronisation parfaite avec le sons qui sort de l’instrument.

Je ne pouvais pas ne pas parler de la bande sonore qui est là encore parfaitement juste, et ne fait jamais dans la surenchère. Les scènes de répétition sont criantes de réalisme, on a l’impression d’y être. Mention spéciale au design sonore, les sons changent vraiment selon l’acoustique du lieu où se trouvent les personnages. Un sans faute.

 

Ishihara Tatsuya; un réalisateur à part

Le CV du bonhomme force le respect, réalisateur de Air, Clannad, Clannad After Story, La Mélancolie d’Haruhi Suzumiya, Kanon, j’en passe. Si Hibike! Euphonium n’est peut être pas son plus grand chef d’oeuvre, il n’en reste pas moins que la série se place déjà comme une pièce maîtresse de son auteur. Ishihara Tatsuya sait toujours manier avec brio la mise en scène et retranscrire des émotions avec perfections.

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Une série qui fera date dans l’histoire de l’animation

Une fois encore, et au risque de me répéter, Hibike!Euphonium va marquer l’animation japonaise de son empreinte, j’en suis certain. Que ce soit par son côté technique ou la complexité de son héroïne principale (vraiment pas comme les autres), la série se laisse regarder sans sourciller. Chaque épisode est un petit plaisir, le final est programmé pour la semaine prochaine. J’ai hâte.

La série est disponible en VOSTFR sur Crunchyroll, n’hésitez pas.

Jurassic World, entre nostalgie et frustration…

Jurassic World est une arlésienne cinématographique dont on parle depuis des années. S’il était presque évident que le film verrait le jour,rien ne garantissait sa qualité. Après avoir vu le film voici quelques éléments de réponse quand à la question qui brûle les lèvres de tout fan du premier film et de la saga en général: est-ce que ce film vaut le coup? Je m’évertuerai à ne pas spoiler au cours de ces quelques lignes.

Une mise en abyme intéressante

Aussi surprenant que cela puisse paraître, Jurassic World propose une mise en abyme tellement flagrante qu’elle en est presque subtile. Explications. Jurassic World se situe 20 ans après Jurassic Park, le parc a finalement ouvert et accueille pléthore de visiteurs qui viennent contempler des dinosaures… En fait le mot « contempler » est un peu galvaudé, puisque les visiteurs commencent à s’ennuyer et se sont « habitués » à voir des lézards géants en captivité. Pour palier à cette « blasitude », et pour que son parc reste perreine, la gérante du parc doit trouver de nouvelles « attractions ». Et pour cela quoi de mieux que de créer un nouveau dinosaure; l’Indominus Rex (on en entend parler à plusieurs reprises dans les bandes annonces). Sans entrer dans les détails du scénario (qui reste assez basique soyons clair), l’idée est pourtant excellente, car il existe un certain lien entre les visiteurs du parc qui viennent voir des dinosaures et les spectateurs qui vont voir le film pour voir des dinosaures (aussi). Et le comparo ne s’arrête pas là, puisqu’on pourrait aisément pousser la comparaison aux spectateurs exigeant, (désireux de voir des blockbusters toujours plus « What The Fuck », où la surenchère d’effets spéciaux ne laisse plus guère de place au scénario) avec les visiteurs du parc qui se lassent des dinosaures (les enfants qui s’amusent sur leurs téléphones portables alors qu’ils ont devant eux des dinosaures). Bref, j’ai trouvé cette comparaison assez intéressante.

Ouai, bon, on est d'accord, le nouveau logo est carrément hideux par rapport au précédent.
Ouai, bon, on est d’accord, le nouveau logo est carrément hideux par rapport au précédent.

Nostalgie quand tu nous tiens

Soyez prévenu, Jurassic World joue à fond la carte de la nostalgie, à tel point que même si sur le plan scénaristique la vision du premier film est tout à fait dispensable, sur le plan émotionnel la connaissance de l’épisode premier de la saga me paraît indispensable. Les citations du premier film sont en effet légion… Le personnage de Claire (incarnée par Bryce Dallas Howard) toute vêtue de blanc rappelant inévitablement le personnage incarné par John Hammond (qui lui aussi était revêtu d’un blanc immaculé). Le nom de John Hammond revient d’ailleurs à plusieurs reprises au cours du film, il y a même une statue à son effigie dans le nouveau Visitor Center!

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La scène où Claire va chercher Owen dans sa caravane renvoit inévitablement à celle de John Hammond venant débusquer le Professeur Grant dans le premier opus
La scène où Claire va chercher Owen dans sa caravane renvoit inévitablement à celle de John Hammond venant débusquer le Professeur Grant dans sa caravane dans le premier opus

Mais les séquences nostalgies ne s’arrêtent pas là, une des scènes qui m’aura le plus marqué est celle où Zach et Gray revisitent un lieu mythique du premier opus (pour rester vague et ne pas vous spoiler). Le problème est que là encore, je doute de l’impact réel de la scène chez quelqu’un n’ayant pas vu le premier film. Mais croyez bien que cette scène est une réussite totale par rapport à l’émotion qu’elle est capable de véhiculer (bon certes, la reprise du thème musicale initialement composé par John Williams aide beaucoup, mais alors beaucoup).

On pourrait aussi citer l’apparition de monsieur ADN (mais si vous savez!), ou de l’employé de la salle de commande qui porte un T-Shirt à l’effigie du logo de l’ancien parc (qui dit lui même que « c’était mieux avant! », encore une symbolique bien trouvé, on avait l’impression que le réalisateur voulait que les gens repensent au premier film avec nostalgie).

Et evidemment, on retrouvera avec plaisir le Dr Wu, seul rescapé du film initial.

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Et vous savez quoi, vous allez même être nostalgique des dinosaures, sensations assez incroyable, mais pourtant palpable; quel plaisir de revoir le Tyranosaurus Rex! Il existe pleins d’autres clins d’œils : les voitures {La jeep roulée par Zach et Gray est la numéro 29, celle roulée par John Hammond au début de Jurassic Park}, les lunettes de visions nocturnes, quelques répliques: « Sautes Gray! » en référence à « Sautes Tim! », le personnage de Gray en lui même qui est un copié collé de Tim (jusqu’à la coupe de cheveux), « Life finds a Way », un personnage qui lit le livre de Ian Malcolm dans le monorail…

Une réalisation (trop) classique, des personnages fades

Il est difficile de dire du mal de la réalisation (pour un premier grand film de la part de Trevorrow c’est même excellent), c’est plutôt bien filmé, les scènes sont globalement lisibles. Certains regretteront (dont moi) que les dinosaures ne soient plus en animatronics mais en numérique, mais globalement ça a de la gueule. Mais ne cherchait pas de révolution, là où Spielberg avait révolutionné le blockbuster de l’époque et la façon de filmer « des monstres ». Parenthèse à part, Spielberg crée une mini révolution à chacun de ses films (Il faut Sauver le Soldat Ryan a changé à tout jamais la façon de filmer les films de guerre…)

Par contre, les personnages… Quelle catastrophe… Passons sur les deux frères auxquels on ne s’attache pas (surtout le plus grand des deux) et revenons sur le personnage de Bryce Dallas Howard. Le traitement qui lui est réservé est à la limite de la caricature (alors que cela aurait pu être très bien exploité), HEUREUSEMENT que son personnage évolue à la fin du film. Chris Pratt fait son boulot, mais son personnage est juste là pour faire le « beau gosse »; il n’a pas de passé et son futur on s’en cogne franchement. Au milieu de tout ça, il y a Omar Sy, alors certes son rôle est un peu plus important que celui qu’il avait dans X-Men, mais bon, il n’y a vraiment pas de quoi casser une patte à un canard. Il doit avoir 10 répliques dans tout le film dont certaines assez pathétiques (dont un rire démoniaque alors qu’un de ses collègues de boulot a manqué de se faire déchiqueter par des raptors).

Bref, Jurassic World pêche vraiment par ces aspects et cela l’empêche d’être autre chose qu’un vibrant hommage (tout ce qu’il y a de plus sincère ceci dit) à son ancêtre. Et pourtant on a frôlé l’exploit, avec quelques fulgurances, notamment la scène avec l’apatosaurus (Spoiler), qui si elle renvoi à celle du Triceratops est vraiment plus forte émotionnellement, ou encore la splendide scène finale (mon âme d’enfant a hurlé de plaisir!).

Un concept art du Centre des Visiteurs
Un concept art du Centre des Visiteurs

La vie trouve toujours un chemin

Ceci étant le message véhiculé par le film reste pertinent et en accord avec ce que la série a toujours défendu: on ne joue pas avec la nature, et tôt ou tard cette dernière reprend ses droits, là dessus pas de tromperie sur la marchandise. On peut cependant rester dubitatif sur la tournure des événements à la fin du film. La fin du film de Spielberg était plus logique, mais j’avais promis de ne pas spoiler, donc…

Pour l’anecdote

Le format utilisé par Colin Trevorrow est le 2,00:1 alors que Steven Spielberg avait utilisé (et c’était une exception pour l’époque) du 1.85:1, jugez la différence sur les « bandes noires ». A savoir que la plupart des films actuels sont tournés au Scope avec un ratio 2,35:1. Le 2,00:1 est parfaitement adapté au film car il lui permet d’afficher à l’écran à la fois les dinosaures géants et des humains plus petits. Jugez par vous même. Bref choix très audacieux pour le coup!

Format 2,35 dans American Psycho
Format 2,35:1 dans American Psycho
Format 1,85:1 dans Jurassic Park
Format 1,85:1 dans Jurassic Park
Format 2:1 dans Jurassic Park
Format 2:1 dans Jurassic World

 

En conclusion

Frustrant, c’est le mot que j’ai le plus en bouche. Car Jurassic World est un bon film, mais je ne m’avancerai pas à dire que c’est un grand film ou encore moins qu’il peut prétendre au statut cultissime de l’épisode fondateur. Le film n’arrive jamais à se positionner entre véritable nouveau film canonique (c’est probablement pour ça qu’il sappelle Jurassic World et non pas Jurassic Park 4; c’est un nouveau récit) ou remake/hommage. C’est un excellent divertissement qui jouera efficacement sur votre fibre nostalgique, mais qui n’atteindra jamais le statut iconique générationnel du film de Spielberg. Ceci étant, ça change tellement des films de super héros! Je n’en peux plus de Marvel, rien qu’avant Jurassic World j’ai eu trois bandes annonces pour trois films Marvel et son univers étendu, par pitié que quelqu’un arrêtes ça tout de suite!! Très honnêtement, vous auriez tord de bouder votre plaisir. Par contre, il est indispensable d’avoir vu le premier film pour apprécier celui ci à sa juste valeur. Quand à une éventuelle suite…. Il vaudrait mieux qu’elle ne voit pas le jour, car à part un scénario de série B, je ne vois pas ce que les scénaristes pourront bien inventer. Arrêtons nous-là, l’hommage fut assez vibrant.