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Les questions que posent le trailer de Alien Covenant

Les différents trailers et divers matériaux promotionnels d’Alien Covenant sont disponibles sur la toile, ils soulèvent de nombreuses questions sur l’univers Alien. On espère que toutes les questions soulevées par ces trailers trouveront leurs réponses dans le film de Ridley Scott à paraître en mai prochain. Autant vous avertir, beaucoup de ce qui va suivre ici reste de la pure spéculation, on ne sera réellement fixé sur la véracité de ces affirmations qu’au moment de la sortie du film. On se rappellera pour mémoire, que Prometheus, en son temps promettait tout un tas de réponses sur l’origine des xénomorphes pour au final apporter plus de questions que de réponses.

 

Le mise en abîme religieuse

Difficile de faire plus évident, Prometheus était déjà un questionnement sur la foi et une métaphore sur l’avènement d’un messie (l’action se passait dans la nuit du 24 décembre rappelons-le, et nous montrer l’héroïne -supposément stérile- accoucher par césarienne d’un être d’un genre… nouveau?). Il était question d’une espèce extra terrestre, les « Ingénieurs » capables de « créer la vie », mais dans quel but? L’utilisation du terme Ingénieurs pour qualifier ces êtres supposément supérieurs est intéressante, car elle suppose en elle-même une origine très « mathématique » à la création de la vie, pourquoi ne pas les avoir baptisé « créateurs » qui reste un terme plus « poétique ». Dès lors les supputations sont nombreuses; ont-ils créé l’Humanité? Ont-ils créé l’huile noire? Si oui dans quel but? Leurs objectifs sont assez flous, tout du moins le film ne nous a pas permis d’en avoir le coeur net, même s’il semble que le seul Ingénieur que l’on puisse voir dans le film n’ait pas trop apprécié les questions de Weyland.

Encore une fois la symbolique religieuse semble omniprésente dans le film, un des plus beau symbole est la sortie du trailer le 25 décembre 2016, date, rappelons le où les chrétiens fêtes l’avènement du Christ.

Le mot Covenant, renvoie à l’Alliance, au sens biblique du terme, comprenez l’Arche D’Alliance, l’Arche sensé contenir, selon la Bible, les tables de la Loi données à Moïse sur le mont Sinaï.

« Et il [Dieu] a écrit sur les tables, de la même écriture que la première fois […] et le Seigneur m’a remis les tables […] je les ai mises dans l’arche » (Deutéronome 10,3/5)

Cela ne pourrait être qu’un simple hasard, mais l’écusson que porte les hommes et les femmes qui vont participer à la mission Covenant apporte du grain à moudre à cette théorie, jugez par vous même:

Écusson de la mission Covenant
Représentation de l’Arche d’Alliance dans Indiana Jones. Notez la présence des deux chérubins.

Le repas que prend l’équipage dans le prologue rappelle inévitablement La Cène de Leonard de Vinci, dernier repas que Jésus aurait pris avec ses disciples avant d’être crucifié. Il est intéressant de se demander alors qui pourrait jouer le rôle du traître (Judas). A noter un absent sur la photo; le capitaine Branson (le personnage incarné par James Franco) . Est-ce que ce personnages ferait office de Judas? D’une manière générale est-ce que cette référence à la Cène est déjà annonciateur d’un sacrifice de l’héroïne incarnée par Katherine Waterston, suivi de sa résurrection? Difficile à dire, ce qui est certain c’est que la référence est indéniable.

Version Ridley Scott
Version Leonard de Vinci

Autre référence artistique et religieuse à la foi, le tableau présent en second plan dans le premier trailer de Alien Covenant est probablement La Nativité de Piero della Francesca qui représente comme son nom l’indique la naissance du Christ. Il est également intéressant de noter que l’apparition de David permet à la bande sons de nous faire découvrir « Nature Boy », dont les paroles correspondent bien à l’histoire que David a vécu dans Prometheus:

There was a boy
A very strange enchanted boy
They say he wandered very far, very far
Over land and sea
A little shy and sad of eye
But very wise was he

And then one day
A magic day he passed my way
And while we spoke of many things
Fools and kings
This he said to me
The greatest thing you’ll ever learn
Is just to love and be loved in return

The greatest thing you’ll ever learn
Is just to love and be loved in return

Est-ce que David serait le messie, tant attendu? Finalement, dans le trailer c’est lui qui siège sur un trône face à la nature qu’il contemple comme s’il l’avait créé, comme s’il était Dieu, et selon la chanson, c’est lui qui apprend à aimer et à être aimer en retour. Cela pourrait corroborer la thèse selon laquelle David se serait emparé de la substance noire et qu’il serait devenu un demi-urge, créant des formes de vie à sa guise (hypothèse fortement confirmée par la fincour du prologue parue le 27 avril 2017). Rappelons que tout droïde qu’il était, il rêvait d’être un être humain, peut-être que son obsession l’a poussé à tenter des expérimentations sur cette planète et sur… Shaw?

David en tant que dieu contemplant sa création?
David (ou Walter?), avec en arrière plan La Nativité
La Nativité de Piero della Francesca

Les liens avec les autres films de la saga

La présence d’Elisabeth Shaw dans Alien Covenant a longtemps était un mystère, il semblerait qu’il sera bien question de sa personne, on peut apercevoir son Dog Tag dans le trailer. Cela confirme d’ailleurs que le Derelict que nous pouvons apercevoir dans le trailer est bien celui de Prometheus (que Shawn et David empruntent à la fin de Prometheus). On peut donc supposer que l’on se trouve bien sur la planète des Ingénieurs qu’Elisabeth et David projetaient d’atteindre à la fin de Prometheus. Il semblerait par contre que leur vaisseau se soit crashé…

Le DogTag de Shawn
Le Derelict de Prometheus

La question reste entière de savoir si ce Derelict est celui que l’on verra quelques années plus tard dans Alien.

Un des autres grand point d’interrogation des trailers, et la présence de cet homme (ou cette femme), portant une cape. Cette cape n’est pas sans rappeler celle que porte les Ingénieurs au début de Prometheus. D’ailleurs pour revenir à cette scène, à l’époque beaucoup se sont demandés si la scène avait lieu sur Terre; elle montrerait alors comment les Ingénieurs ont donné naissance à l’espèce humaine… Et si cette scène avait finalement lieue sur la planète où se déroule Covenant?

Les Ingénieurs au début de Prometheus
L’homme à la cape dans Covenant.

La découverte de la salle des œufs, n’est pas sans rappeler celle de Alien, le Huitième Passager, on peut également noter l’architecture très « Gigerienne« .

La salle des œufs
Version Alien Le Huitième passager

Evidemment la question qui brûle les lèvres de beaucoup de fans de la saga et d’où vient le Neomorph, s’agit-il de Shaw qui aurait muté? Difficile à dire, les supputations peuvent être nombreuses…

Cet article n’est pas terminé mais au vue de la vitesse que je mets pour l’écrire… Je préfère le mettre en ligne avant la sortie du film. Je tâcherai de le compléter…

Premier contact de Denis Villeneuve

Avec quelques mois de retard, j’ai enfin pu voir Premier Contact, le dernier film de Denis Villeneuve. Rappelons que la sortie d’un film de Denis Villeneuve est toujours présenté comme un événement dans le monde cinématographique. Mon appréciation de Denis Villeneuve est très… complexe. D’une manière générale, j’aime découvrir ses films (au premier visionnage), mais quand je les revois, je les trouve terriblement…. Chiant… C’est un fait. Je m’ennuie en les revoyant, ils sont souvent bien trop long à mon goût, la psychologie des personnages est souvent pleine de potentielle mais mal développée. Et concernant Premier Contact… J’ai trouvé le film chiant dès le premier visionnage. Problématique n’est-ce pas?

Passons sur le fait que j’ai vu venir le twist final au bout de 25 minutes de film (j’ai un peu le chic pour ça, c’était déjà le cas pour Le Village, assez problématique pour des films qui se repose en grande partie sur le dit twist), et attardons nous sur le film en lui même. Si l’introduction est intéressante, voire osée, elle tombe à plat. Le but du cinéaste est probablement de nous faire éprouver de l’empathie pour son personnage principal, mais ça tombe à plat quasiment instantanément. Comment éprouver de l’empathie pour un personnage que l’on ne connaît pas? Evidemment, on est tous humain, et la vision de ce que l’on voit dans l’introduction du film est forcément émouvante, mais je l’ai plus vécu comme une façon facile d’attendrir le spectateur qu’autre chose. En fait j’ai rejeté cette introduction, du coup difficile d’adhérer au reste. Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler mais dès cette introduction on peut deviner le twist final.

Passons le scénario, on n’évite pas les clichés vu et revu des méchants chinois et russes (et les retournements scénaristiques encore plus idiots qui vont avec), les gentils américains, le traître qui agit sans aucune explication réelle. On est là encore dans une banalité sans nom. Que l’on s’entende bien, vous lisez ici quelqu’un qui adore la licence Transformers, donc je ne critique pas la banalité du scénario de Premier Contact en tant que telle, mais la hype qui se dégage autour du film et de son écriture. Les acteurs sont par contre très bons, ils jouent tous très bien, mais font ce qu’ils peuvent avec la pauvreté de leurs personnages; le personnage de Jeremy Renner, vous êtes sérieux là?

Le problème avec Premier Contact est qu’il véhicule un message vraiment émouvant et touchant, mais que la construction du film est d’une banalité sans nom, on essaye d’embrouiller le spectateur avec un montage ultra haché laissant supposer une complexité pour au final arriver à un dénouement simpliste. Et quand le générique défile, on se dit, « tout ça pour ça ». Et bien oui, tout ça pour ça, c’est vraiment dommage car j’aurai adoré aimer ce film mais ce n’est juste pas possible pour moi. Je passe les détails sur les SFX (le passage où Amy Adams est dans le *bip-spoiler* frise l’horreur visuelle), la bande sonore est trop absente, et la direction artistique est étrange (je ne parle même pas des extra terrestres mais des intérieurs Ikea).

Au moins la production design du vaisseau n’a pas du coûter bien cher

Je me sens presque coupable d’écrire du mal de ce film car, encore une fois, il porte un message magnifique, mais est bien trop indigeste pour qu’il mérite des éloges. Trop long, trop aseptisé, trop anguleux malgré quelques fulgurances bien trop rare. Ce film était sensé être LE film de Science Fiction de l’année 2016, il en est à mon avis très loin. Je serai d’ailleurs incapable de citer un bon film de science fiction en 2016 (Star Wars ce n’est plus de la science fiction pour moi, c’est du divertissement de masse -mais Rogue One était vraiment excellent). Bref, déception pour moi, Denis Villeneuve fait dorénavant partie, selon moi, de ce cercle de réalisateur sur-côté déployant un discours frisant l’ultra moralisateur dans ces films. Qu’il s’occupe de Blade Runner et qu’il flingue la licence pour qu’il ne reste plus aucun film des années 80 à remaker et que le cinéma de science fiction puisse enfin renaître et s’affranchir de son passé, ça… Ça serait bien.