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Premier contact de Denis Villeneuve

Avec quelques mois de retard, j’ai enfin pu voir Premier Contact, le dernier film de Denis Villeneuve. Rappelons que la sortie d’un film de Denis Villeneuve est toujours présenté comme un événement dans le monde cinématographique. Mon appréciation de Denis Villeneuve est très… complexe. D’une manière générale, j’aime découvrir ses films (au premier visionnage), mais quand je les revois, je les trouve terriblement…. Chiant… C’est un fait. Je m’ennuie en les revoyant, ils sont souvent bien trop long à mon goût, la psychologie des personnages est souvent pleine de potentielle mais mal développée. Et concernant Premier Contact… J’ai trouvé le film chiant dès le premier visionnage. Problématique n’est-ce pas?

Passons sur le fait que j’ai vu venir le twist final au bout de 25 minutes de film (j’ai un peu le chic pour ça, c’était déjà le cas pour Le Village, assez problématique pour des films qui se repose en grande partie sur le dit twist), et attardons nous sur le film en lui même. Si l’introduction est intéressante, voire osée, elle tombe à plat. Le but du cinéaste est probablement de nous faire éprouver de l’empathie pour son personnage principal, mais ça tombe à plat quasiment instantanément. Comment éprouver de l’empathie pour un personnage que l’on ne connaît pas? Evidemment, on est tous humain, et la vision de ce que l’on voit dans l’introduction du film est forcément émouvante, mais je l’ai plus vécu comme une façon facile d’attendrir le spectateur qu’autre chose. En fait j’ai rejeté cette introduction, du coup difficile d’adhérer au reste. Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler mais dès cette introduction on peut deviner le twist final.

Passons le scénario, on n’évite pas les clichés vu et revu des méchants chinois et russes (et les retournements scénaristiques encore plus idiots qui vont avec), les gentils américains, le traître qui agit sans aucune explication réelle. On est là encore dans une banalité sans nom. Que l’on s’entende bien, vous lisez ici quelqu’un qui adore la licence Transformers, donc je ne critique pas la banalité du scénario de Premier Contact en tant que telle, mais la hype qui se dégage autour du film et de son écriture. Les acteurs sont par contre très bons, ils jouent tous très bien, mais font ce qu’ils peuvent avec la pauvreté de leurs personnages; le personnage de Jeremy Renner, vous êtes sérieux là?

Le problème avec Premier Contact est qu’il véhicule un message vraiment émouvant et touchant, mais que la construction du film est d’une banalité sans nom, on essaye d’embrouiller le spectateur avec un montage ultra haché laissant supposer une complexité pour au final arriver à un dénouement simpliste. Et quand le générique défile, on se dit, « tout ça pour ça ». Et bien oui, tout ça pour ça, c’est vraiment dommage car j’aurai adoré aimer ce film mais ce n’est juste pas possible pour moi. Je passe les détails sur les SFX (le passage où Amy Adams est dans le *bip-spoiler* frise l’horreur visuelle), la bande sonore est trop absente, et la direction artistique est étrange (je ne parle même pas des extra terrestres mais des intérieurs Ikea).

Au moins la production design du vaisseau n’a pas du coûter bien cher

Je me sens presque coupable d’écrire du mal de ce film car, encore une fois, il porte un message magnifique, mais est bien trop indigeste pour qu’il mérite des éloges. Trop long, trop aseptisé, trop anguleux malgré quelques fulgurances bien trop rare. Ce film était sensé être LE film de Science Fiction de l’année 2016, il en est à mon avis très loin. Je serai d’ailleurs incapable de citer un bon film de science fiction en 2016 (Star Wars ce n’est plus de la science fiction pour moi, c’est du divertissement de masse -mais Rogue One était vraiment excellent). Bref, déception pour moi, Denis Villeneuve fait dorénavant partie, selon moi, de ce cercle de réalisateur sur-côté déployant un discours frisant l’ultra moralisateur dans ces films. Qu’il s’occupe de Blade Runner et qu’il flingue la licence pour qu’il ne reste plus aucun film des années 80 à remaker et que le cinéma de science fiction puisse enfin renaître et s’affranchir de son passé, ça… Ça serait bien.

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