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[Cinéma] Alien Covenant par Ridley Scott

Il est des films qui sont attendus par tout cinéphile. Un nouvel opus de la saga Alien fait partie inévitablement de ceux-là. Retour sur un objet filmique authentique. Attention l’encadré rouge contient des spoilers, vous voilà prévenu.

La genèse de Alien : Covenant fut pour le moins chaotique, d’abord appelé Prometheus : Paradise puis Alien : Paradise Lost pour enfin devenir Alien : Covenant. Les spéculations sont allées bons trains sur la réelle teneur du film. Il faut rappeler que Damon Lindelof (scénariste de Prometheus) a quitté le navire pour laisser sa place successivement à Jack Paglen puis Michael Green. Les déclarations de Ridley Scott n’avaient rien de spécialement rassurantes, dans la mesure où elles entretenaient un flou plus qu’artistique sur de nombreux points (Ridley Scott dira d’abord qu’il n’y aura pas de xénomorphes dans le film).

Quoiqu’il en soit, après de long mois de gestation, Alien : Covenant est bien là, et le moins que l’on puisse dire c’est que le nouveau film de Ridley Scott s’inscrit en digne héritier de la saga originale (La quadrilogie Alien) plus qu’en véritable suite à Prometheus.

Commençons par revenir sur ce que Alien : Covenant n’est pas. Comme dit plus haut, n’espérez pas trouver en Covenant une véritable suite à Prometheus, sans entrer dans les détails, le film n’apporte pas de réponses sur de nombreux points laissés en suspens dans le précèdent film. Vous ne connaîtrez donc pas les motivations des ingénieurs, la raison de la création de la substance noire et encore moins pourquoi ils projetaient de venir sur Terre avec un vaisseau chargé de substance noire. Cela peut avoir quelque chose de frustrant, dans la mesure où si Prometheus était un film assez lent et long il avait le mérite de créer tout un mystère concernant la motivation des ingénieurs. Attendons de voir comment Ridley Scott tournera la suite de Covenant, mais il n’est pas garanti que l’on aura des informations supplémentaires à ce sujet. Il est donc un peu dommage de laisser cette mythologie de côté, rassurez-vous tout de même, les ingénieurs sont bien présents dans le long métrage, mais vraiment de manière éclaire.

Attardons-nous maintenant sur ce que Alien : Covenant est vraiment. Le dernier opus de la franchise est donc un croisement entre Alien et Aliens, une sorte de huis clos semi ouvert devenant furieux par quelques accès de fulgurances agressives et carrément gore, le tout saupoudré par des réflexions philosophiques. Commençons simplement par dire, qu’une fois encore, Ridley Scott a fait des merveilles, le film est d’une beauté formelle ahurissante, chaque plan crève l’écran, que ce soit en intérieur comme un extérieur, pas la peine d’épiloguer plus longtemps là dessus.

Sans s’attarder sur l’histoire initiale, très similaire à Alien (un vaisseau spatial est détourné de sa destination initiale après avoir reçu une transmission d’un signal à caractère humain dans une zone sensée être inhabitée), les habitués de la saga ne seront pas dépaysés même s’il n’est pas fondamental d’avoir vu tous les opus de la saga pour s’immerger dans le film. Les fans retrouveront avec plaisir les codes qui ont façonnés la série au fil du temps.

Les scènes d’action, ou plutôt devrais-je dire d’horreur, sont d’une rare violence pour un film gros budget. J’avoue être encore surpris par sa « simple interdiction » aux moins de 12 ans. La violence graphique est omniprésente dans le film ; des corps mutilés, des mises à mort en directe, des cages thoraciques et des crânes perforés, des mâchoires arrachées, des hectolitres d’hémoglobine en pleine figure, des allusions sexuelles et j’en passe. On pourra reprocher ce que l’on veut à Ridley Scott mais pas d’avoir accouché d’un film édulcoré. On a par ailleurs là une preuve qu’un grand studio américain est capable de produire des blockbusters à destination uniquement des fans de films de genre.

Concept Art du Néomoprhe

Les affrontements contre les créatures extraterrestres sont plutôt bien filmés, et reflètent bien la nervosité caractéristique de ces « sympathiques » bestioles. Le nouveau venu, baptisé le Néomorphe (par opposition au xénomorphe) est littéralement flippant, d’abord par son aspect visuel ; une blancheur qui renvoie à une forme d’angélisme, sa forme humaine qui lui confère une humanité altérée, décharnée plus que terrifiante et ensuite à cause d’une sorte de sadisme malsain (une scène en particulier où le néomorphe prend le temps de contempler sa victime avant de la tuer). Le bestiaire de la saga Alien s’est donc étoffé d’un nouveau membre plutôt bien trouvé. Le xénomorphe quant à lui est bien là, et vous fera frémir, ni plus, ni moins qu’à l’accoutumé.

L’ensemble du casting fait par ailleurs un excellent travail, Katherine Waterston joue de manière très juste, même si pour l’instant elle n’a probablement pas l’aura de Sigourney Weaver en son temps (est-ce possible ?). La palme reviendra inévitablement à Michael Fassbender, littéralement bluffant dans son double rôle David/Walter. C’est l’occasion pour moi de revenir sur une des trames principales de Alien Covenant. Attention tout ce qui se trouvera dans cet encadré sera un spoiler.

Si on pouvait se douter que David aurait son rôle à jouer dans Covenant, on ne pensait peut-être pas qu’il serait littéralement l’antagonisme principal du film (bien que l’on pouvait s’en douter avec le prologue diffusé sur Youtube). Et on a maintenant un début de réponse à qui a créé les xénomorphes, c’est David. Alors certes, ce n’est pas lui qui a créé la substance noire, mais il est tellement fasciné par les aliens qu’il en devient un défenseur acharné. Je pense que le film recèle deux scènes clés. La première, c’est la scène d’ouverture. David assis contemplant la nature en présence de Peter Weyland sont créateur. Déjà David met mal à l’aise par son audace et sa perspicacité. Il ironise déjà face à son créateur sur sa condition d’immortel face à celle de mortelle de Weyland et a déjà conscience de son caractère « divin ».

Une autre scène clé est probablement la naissance du xénomorphe, David provoque la contamination d’un membre de l’équipage par un facehugger. David attend alors patiemment la naissance du xénomorphe, et quand cela arrive, David assiste à la scène en étant émerveillé. C’est peut-être la scène la plus malsaine du film au final, car si elle est magnifique au sens artistique du terme, la musique qui l’accompagne confère au glauque ultime. On assiste à la mort d’un humain la cage thoracique perforée par un xénomorphe face à un androïde émerveillé sur une musique douce qui tranche complètement avec le reste du film (sortie du contexte, on vous ferait écouter cette musique et on vous dirait, ça c’est une musique d’un film de Science-Fiction, imagines quelle scène elle illustre ? Moi j’aurai répondu, un dénouement heureux, l’espoir c’est en fait tout le contraire). Coup de maître.

Tout est question de création, de naissance, David est littéralement obsédé par la création au sens large et encore plus la création de la vie, lui qui n’est « qu’une machine ». Sa constante opposition avec Walter est vraiment intéressante, à l’image du baiser qu’ils s’échangent, renvoyant inévitablement au baiser de Judas. Vraiment la réussite du film.

Un petit mot sur la musique qui illustre parfaitement le propos du film, même si on ne retrouve pas un thème aussi marquant que celui des ingénieurs de Prometheus.

Le dénouement du film est d’une noirceur abyssale, aucun film Alien ne se termine sur une noirceur si sombre, il y a toujours une note d’espoir habituellement, là très honnêtement il n’y en a aucune. Preuve s’il en est que Ridley Scott est vraiment un réalisateur de talent, à l’aise sur les super productions « pseudo » historiques (Robin Des Bois, Gladiator) comme la Science-Fiction, tantôt légère (Seul sur Mars), tantôt noire conférant presque au nihilisme (Alien Covenant).

En résumé Alien Covenant, est un excellent cru, difficile de dire s’il sera aussi culte que Alien ou Aliens, seul le temps le dira, mais après un Prometheus ayant « le cul entre deux chaises » les fans peuvent être rassurés, Ridley Scott vient de poser un nouvel épisode canonique à sa saga culte. Et à moins d’être sous camisole chimique difficile de ne pas voir en Covenant un coup de génie filmique (non pas dénoué de défaut) qui fera date dans la SF, jamais des extraterrestres n’ont été aussi crédible, fascinant et tétanisant à la fois. A voir en salle, mais attention, il ne faut pas avoir peur du sang. Vous êtes prévenus.

 

Batman V Superman, la métaphore christique et les liens avec les Comic Book

Batman V Superman

Ne revenons pas sur Batman V Superman en lui-même, chef d’oeuvre ou navet, libre à chacun de se faire son idée. Superman, de par ses pouvoirs et sa naturelle bienveillance a toujours bénéficié d’une aura « christique » au sein de ses diverses apparitions sur grand écran. Dans le film de Zack Snyder, le Man Of Steel n’échappe pas à la règle. Mais pour la première fois, ce traitement est pour le moins réussi et intéressant. Plusieurs prérequis sont nécessaire pour apprécier ce billet, le premier étant d’avoir vu le film (vous savez donc ce qu’il vous reste à faire), pour le reste laissez-vous guider. Inutile de préciser que cet article va contenir un bon nombre de spoilers. Vous voilà prévenu!

La Lance de Longinus ou la Sainte Lance

La Lance de Longinus est la lance qui aurait servi à transpercer le flanc du Christ alors qu’il était encore sur la croix entraînant ainsi sa mort. Elle fut l’objet de nombreuses Croisades, et au fur et à mesure de l’Histoire, son existence a été maintes fois remise en questions, et plusieurs lances ont été désigné comme étant LA sainte relique. A ce jour, aucune preuve tangible n’a permis de confirmer son existence (un peu comme le Graal ou L’Arche d’Alliance). Le fait est que, cette lance fait l’objet de nombreux fantasmes cinématographiques ( Constantine, HellBoy ou bien évidemment le très controversé La Passion Du Christ). L’imagerie religieuse regorge de peintures représentant la fameuse scène de la mise à mort de Jesus par un soldat romain, retenons pour l’exemple celle de Fra Angelico datant probablement du XVème siècle. Au passage, vous noterez l’extrême similitude entre La Passion Du Christ et de la représentation du peintre Italien; petite note au passage pour dire que le film de Mel Gibson est plus une retranscription à la lettre des Evangiles et de leurs représentations artistiques au fil des âges qu’une réelle relecture de son réalisateur.

Mais revenons à nos moutons, puisque la Sainte Lance est bel et bien présente dans Batman V Superman, alors certes elle ne se veut pas être la Lance qui a tué le Christ, mais celle qui doit tuer le Sauveur (Superman). Elle sera construite par Bruce Wayne pour que Batman (l’homme) tue Superman (Dieu, ou du moins l’homme venu du ciel accomplissant des miracles). Il sera d’ailleurs prêt à tuer Superman avant que ce dernier réussisse à lui faire entendre raison (« Martha »; prénom de la mère de Bruce Wayne et de Clark Kent, provoquera un électrochoc dans la tête de Bruce Wayne, se voyant prêt à commettre le meurtre de Superman, à la même place que le meurtrier de ses propres parents au début du film). A propos de Martha, il est intéressant de noter que Martha a pour origine Marthe, or Marthe de Béthanie (Sainte Marthe), fut une disciple de Jesus qui lui offrit l’hospitalité (curieuse ressemblance avec Martha, la mère de Clark Kent qui offrit l’hospitalité à un petit bébé venu du ciel qui deviendra plus tard… Superman).

Le fusil de Tchekhov

Ou encore appelé paiement, procédé qui consiste à faire réapparaître un élément d’une intrigue qui était déjà apparu plus tôt dans le récit. En l’occurrence dans Batman V Superman, l’introduction qui nous présente l’assassinat des parents de Bruce Wayne, montre aussi les dernières paroles du père de Bruce Wayne: « Martha ». Ce prénom sera réutilisé par Superman agonisant devant Batman, faisant réagir ce dernier alors qu’il entend le nom de sa mère. Martha est donc la réplique qui fait basculer le film, cinématographiquement le « Martha » prononcé par Superman n’aurait aucun sens sans le « Martha » prononcé par le père de Bruce Wayne. Un fusil de Tchekhov s’il est mal masqué peut littéralement vous spoiler un film si vous avez l’œil aiguisé. L’appellation vient du fait que Tchekhov pensait qu’il ne faut pas montrer une arme à feu dans un acte si elle n’est pas utilisé plus tard. D’où le terme fusil de…Tchekhov. En cela, ce retournement de situation tant décrié n’est pas si idiot, car il renvoie Bruce Wayne à sa nature de potentiel meurtrier et lui fait se rendre compte de la bêtise qu’il s’apprête à commettre, par contre il aurait peut-être mérité d’être mieux amené.

 

Le positionnement de Superman (Dieu ou Homme)

Clark Kent en pleine introspection.
Clark Kent en pleine introspection.

Toute la dualité de Superman était déjà évoqué dans Man Of Steel, « Il sera un pariât, ils le tueront… » « Comment? Il sera un Dieu pour eux ». Si la thématique avait été mal exploité dans Man Of Steel, elle porte ses fruits dans BvS. Les actions de Superman le place tantôt en Dieu sauveur de l’Humanité, tantôt en véritable meurtrier. Superman doit donc faire un choix; celui d’endosser pleinement son rôle de sauveur (poussant la métaphore Christique à son paroxysme, à ce titre la mort de Superman dans le film était acquise dès lors qu’il refuse d’abandonner son rôle de super héro (la discussion imaginaire avec son père)). En acceptant son rôle de sauveur, il accepte aussi son sacrifice et sa mort certaine (tout comme Jesus accepte sa mort prochaine en l’annonçant à ses disciples). Cette dualité marque une véritable différence dans l’approche de Superman sur un plan cinématographique. Si tous les films l’ont toujours dressé en Dieu, jamais il n’a été représenté en humain qui doute et encore moins en Dieu humain se sacrifiant pour l’humanité. Dans cet univers, Clark Kent a le choix d’être Superman ou de ne pas l’être; d’être le sauveur de l’humanité ou un humain comme tous les autres. Tous les autres films Superman ne lui laisse guère le choix que d’être ce super héro invincible en étouffant presque sa dimension humaine (ses sentiments et ses doutes notamment).

En revoyant Man Of Steel après Batman V Superman, il est clair que le projet de BvS était déjà dans la tête de Zack Snider, et finalement Man Of Steel n’est qu’une grande (et longue!) introduction à l’univers Dc Comics.

Passons donc à la scène clôturant cette métaphore avec la scène du combat final contre Doomsday. Parler de cette scène pourrait facilement prendre des heures, alors je me bornerai à en sortir les éléments les plus forts.

L’apparition de la Trinité

La Trinité DC Comics
La Trinité DC Comics

Là encore, la Trinité au sens Christianique du terme définie l’existence du Père, du Fils et du Saint Esprit pour symboliser Dieu. Dans l’univers de DC Comics, la Trinité DC est incarnée par Batman, Superman et Wonder Woman (notion instaurée la première fois par Matt Wagner avec Trinity). Cette trinité deviendra culte pour tous les fans de DC Comics qui se respectent. Le dénouement du film nous offre la possibilité de voir pour la première fois cette trinité sur grand écran. Cette apparition peut surprendre car la Justice League n’est pas encore officiellement formée, et qu’en théorie, l’affrontement entre Doomsday et Superman marque une cassure dans la Justice League. Dans l’univers de Zack Snyder, cet affrontement aboutira à la naissance de la Justice League, différence notable avec le Comics là encore, où la Justice League est déjà formée depuis longtemps et se casse les dents sur Doomsday.

Batman, WonderWoman et Superman
Batman, WonderWoman et Superman

Sans surprise, Superman va se sacrifier juste après avoir échangé quelques mots avec Loïs, lui expliquant qu’elle est son monde (à lui l’humain), mais que cette planète est aussi son monde (à lui le Dieu). Superman accepte sa situation de super héro et en assume pleinement les responsabilités, mais il ne renie pas non plus son humanité, même s’il préfère se sacrifier plutôt que rester avec Loïs. Il s’empare de la lance et fonce vers Doomsday, en lui enfonçant la lance en pleine poitrine. Doomsday répliquera en transperçant le cœur de Superman (ce n’est finalement pas la lance qui tuera Superman mais bien l’extraterrestre (comme dans le comics)).

A ce titre on pourra toujours arguer que le film ne suit pas la exactement la trame du comics (le sort de la Justice League), mais il est impossible de dire que le film ne « respecte » pas le comics. Chaque image de cette scène pourrait sortir d’un comics tant elles sont fidèles au format papier.

C’est après cette scène que la symbolique Christique est encore plus forte puisque Superman va être descendu du mont de pierre sur lequel il s’est sacrifié pour sauver l’humanité par… Batman et Wonder Woman (souvenez-vous la trinité DC). Notez au passage la présence de la croix en arrière plan. Dieu est mort, reste l’homme; Clark Kent, mort lui aussi (inévitablement). Loïs pleure cette mort (de Clark Kent, pas de Superman), comme Marie au pied de la croix pleurait la mort de Jésus (et pas forcément celle de la mort du fils de Dieu, mais celle de son fils, miracle venu du ciel). Visuellement la scène rappelle inévitablement celle de La Passion Du Christ mais aussi toutes les œuvres d’art représentant la descente de la croix.

Le plan final montre Superman dans les bras de Loïs avec Batman et Wonder Woman tel des apôtres, là encore, pardon mais le plan est tellement proche de celui de La Passion Du Christ que je ne peux m’empêcher de faire la comparaison. Par ailleurs notez que la caméra effectue un dézoom sur plan horizontal suggérant que… Superman n’est pas définitivement mort, si le réalisateur avait voulu montrer la mort de Superman, il aurait filmé la scène en plan zénithal, la caméra s’élevant vers les cieux. D’ailleurs si vous connaissez la culture chrétienne, vous pouvez vous douter de ce qui va arriver à Superman d’ici trois jours (en fait je vous spoile le film Justice League à paraître en 2017!).

La mort de Superman est un évènement cataclysmique pour l’univers des supers héros,et au final sa mort en guise de formation de la Justice League est un évènement fort. A noter que ce sera peut-être l’occasion d’un rapprochement entre Batman et Wonder Woman. La possibilité est esquissée dans les comics.

Batman et WonderWoman

Les autres « choses » à voir dans le film:

Le « rêve » de Bruce Wayne

Bruce fait un rêve où il voit une Metropolis ravagée (que l’on pourrait qualifier de post apocalyptique), avec un grand Omega dessiné dans le sable. Omega est le signe de DarkSeid qui sera donc probablement LE grand méchant de ce DC Universe. On aperçoit aussi les para démons, mais surtout un Superman semblant avoir complètement perdu les pédales, il semble reprocher à Batman quelque chose « Tu me l’as prise ». De qui parles-t’il, Loïs, Martha? A ce stade, assez dur de répondre. Pourtant dans la scène qui suit, Bruce Wayne semble avoir une vision, celle d’un homme qui lui parle au travers d’un halo bleue. Cet homme c’est Flash (incarné par Ezra Miller (il est crédité dans le générique pour ce rôle), et il apporte plusieurs éléments importants à Bruce Wayne.

Les trois enseignements de Flash

« Loïs Lane est la clé », Flash dit clairement cette phrase, elle est donc probablement à corréler à celle prononcée par Superman (« Tu me l’as prise ») dans le rêve précédent; il existerait un univers où Loïs meurt par la faute de Batman, ce qui rendrait Superman fou de rage et le ferait régner en despote sur Terre (c’est la trame utilisée dans Injustice). Il crée donc une armée né répondant qu’à ses ordres (cf les écussons des soldats) et pactiserait avec Darkseid (présence des paradémons).

Flash dit aussi que Bruce « avait raison à propos de lui ». Il s’agit probablement de Superman; Bruce Wayne a toujours fait preuve d’une grande méfiance envers Superman, et probablement que ses craintes se sont confirmées dans un univers parallèle. Cela reste évidemment à confirmer, mais à qui d’autre le « lui » peut-il faire référence?

Enfin, Flash demande à Bruce de les « réunir », il l’invite donc à former la ligue des Justiciers. C’est là où le film prend ses distances avec le comics, Batman devient le chef de la Justice League et la mort de Superman va signer la naissance de la Justice League, alors que dans le comics, la Justice League se retrouve très fragilisée par la mort de Superman. A noter que cela confirme la volonté des studios de placer Batman en tête de gondole de la Justice League (devant Superman, c’est une démarche assez logique, Batman ayant toujours était plus « vendeur » que Superman au cinéma).

La genèse de Superman

La première apparition de Superman en Comics remonte à 1938, hors on entend Perry au Daily Planet invectiver Clark Kent: « Nous ne sommes plus en 1938. » c’est un clin d’oeil au premier numéro de Action Comics où apparaît Superman pour la première fois.

La première apparition de Superman en Comics
La première apparition de Superman en Comics

Robin

Dans la BatCave on peut apercevoir le costume de Robin taggué avec la phrase « Jokes on You Batman » (Traduit dans la VF par Tel est pris qui croyait prendre). C’est clairement une séquelle d’un affrontement passé entre Batman et le Joker. En fait l’identité de Robin est initialement Dick Grayson. Il est le « fidèle acolyte » de Batman. Il deviendra NightWing quand il découvrira que Barbara Gordon est en fait Batgirl. A noter qu’il prendra pendant quelques temps le costume de Batman quand ce dernier aura « disparu ». C’est ce qu’on suppose à la fin de la trilogie de Christopher Nolan puisque Dick Grayson accède à la Batcave et on apprend que son nom est en fait Robin. Dans l’univers de Batman V Superman, il semblerait qu’on fasse plus allusion à Jason Todd, dans le comics Jason Todd est recruté par Batman pour devenir le nouveau Robin (après le départ de Dick Grayson). Jason Todd est beaucoup plus fougueux que Dick Graynes. Il se fera capturer et tuer par le Joker, ce qui provoquera une vague de culpabilité chez Batman. C’est probablement à ça que fait allusion la phrase « Jokes On You Batman ». Probablement que dans l’univers de Batman V Superman, Robin a été tué par le Joker et que Batman garde dans la Batcave le costume de son défunt partenaire. A noter que c’est également une référence au roman graphique de Franck Miller, puisque là aussi Batman conserve le costume du défunt Robin dans la Batcave.

Il est fort possible que ce que l’on aperçoit dans la bande annonce de Sucide Squad corresponde à la mise à mort de Robin, on voit le Joker s’adresser à quelqu’un en lui disant « It Will Hurt really bad », rappelant la planche du comic book. Tout cela sera reste à confirmer, mais ça semblerait logique. Suicide Squad se passerait donc chronologiquement avant Batman V Superman. Ce qui expliquerait la phrase de Batman « On a un mauvais souvenir des gens déguisés en clown par ici », laissant supposer que l’affrontement avec le Joker a déjà eu lieu.

It will hurt really bad – Trailer Suicide Squad

Le Batman de Franck Miller

Déjà évoqué plus haut mais le Batman de Znyder est très proche de celui de Franck Miller, en particulier lors de la scène d’affrontement entre Batman et Superman. Je pense que les images parlent d’elle même.

Mais alors le grand méchant, c’est qui?

Probablement Dark Seid, les symboles Omega dans la vision de Bruce Wayne ne laisse guère de doute. A noter que la version longue de Batman V Superman apporte d’autres informations, notamment la fameuse scène « communion » où l’on voit Lex Luthor face à Yuga Khan (père de DarkSeid). Notez au passage qu’on aperçoit aussi les Mother Boxes qui seront utilisées par DarkSeid (elles sont également utilisée par Silas Stone).

Le clin d’oeil à Terminator

Le docteur Silas Stone est aperçu dans les données volées par Bruce Wayne à Lex Luthor concernant les autres méta humains (WonderWoman, Aquaman, Flash). On le voit en train de « bidouiller » un corps. Ce corps c’est celui de son fils, Victor Stone, gravement blessé pendant un accident. Son père le docteur Silas Stone va tout faire pour lui faire perde son handicap et va faire de lui un cyborg. C’est la scène que l’on voit dans le film. Le fait amusant dans cette affaire c’est que le docteur Stone est incarné par Joe Morton, et Joe Morton incarne Miles Dyson qui n’est d’autre que le fondateur de Cyberdyne, la société qui est à l’origine de… Skynet (les cyborgs, tout ça). Bref, c’est très bien trouvé!

J’en ai terminé pour cette petite review des choses sympas sur Batman V Superman. Il y a surement un tas d’autres choses à dire, mais ça me tenait à coeur de défendre un peu ce film qui s’est littéralement fait déglinguée par la critique. Pardon pour les fautes d’orthographe et de grammaire, n’hésitez pas à me les signaler je les corrigerai. Évidement n’hésitez pas à partager vos impressions sur le film.

Les Trois Frères 2, Les Visiteurs 3 entre espoir et consternation…

Les Inconnus qui se reforment pour donner naissance à Les Trois Frères 2, Jean Marie Poiré qui signe officiellement pour réaliser « Les Visiteurs 3 », faut-il y voir une tentative désespérée de faire renaître de ses cendres le genre de la comédie française qui, il y a encore une dizaine d’années arrivait à surprendre et faire rire (et non pas sourire (importante nuance)) ou un triste constat d’échec d’un genre incapable de se renouveler?

Les Trois Frères - 1995
Les Trois Frères – 1995

Hormis Bienvenue chez les Ch’tis, peu de comédies françaises peuvent se targuer d’avoir été des phénomènes sociétaux comme le furent à leurs époques respectives Les Visiteurs ou Les Trois Frères (pour ne citer qu’eux, puisque c’est de leurs suite que l’on parle, mais j’aurai pu en citer bien d’autres). Depuis cet âge d’or il y a eu du pire et… du pire, le cinéma comique français ayant perdu également au passage certains de ses acteurs les plus emblématiques aussi bien au sens propre (Jacques Villeret) qu’au figuré (La troupe du splendide; Les Bronzés 3… Peut être le constat de décès d’un genre, ou encore un appel au secours d’une « ancienne génération » de comédiens ne se retrouvant plus dans la comédie française actuelle). Si la majorité des comédies dites moderne pompent à demi mots leurs inspirations dans les vieux pots ( Case Départ [Indigeste transposition des Visiteurs]de Steketee, Eboué et N’Gijol étant l’exemple parfait et affligeant de la décrépitude du genre où le second degrés est totalement absent et servant plus de film moralisateur que de comédie, à croire que la bande annonce a été tourné avant de faire le film, juste histoire d’attirer des blaireaux dans la salle et les faire payer), elles oublient de « copier » la subtilité des grandes comédies d’antan; quiproquo, jeu d’acteur (Gad Elmaleh ne fera jamais rien d’autre que du Gad Elmaleh par exemple). Peut être aussi est-ce due au fait que la majorité des acteurs jouant dans des comédies française ne sont initialement pas des acteurs, mais des comédiens calibrés pour des one man show (Dubosc crédible en acteur?), ou encore des « produits » issus du Jamel Comedy Club (excellents humouristes, mais surement pas excellent acteur).

Scène emblématique du film de Jean Marie Poiré - 1993
Scène emblématique du film de Jean Marie Poiré – 1993

Je n’érige pas Les Visiteurs (pour ne citer que ce film) en chef d’oeuvre de la comédie française, ce dernier étant probablement l’exemple typique du film calibré pour passer sur TF1 le dimanche soir, mais il renfermait une certaine authenticité, identité que je ne retrouve plus dans les productions actuelles (je suis surement aigri).

Le Père Noel est une ordure - 1982
Le Père Noel est une ordure – 1982

Globalement, le cinéma (comique) français n’ambitionne pas autre chose que ce carcan dans lequel il s’est lui-même enfermé (remplir le cahier des charges; il faudra, un pauvre type provoquant l’empathie du spectateur, une bonasse, un hit de l’été et un brin de discours d’intégration sur les minorités), loin de moi l’idée de glorifier le cinéma anglais ou américain, mais force est de reconnaître qu’ils ont le mérite de proposer un renouvellement certain (la trilogie Blood And Ice Cream). Enfermé dans un carcan qu’elle s’est elle même construit, la comédie française ne se renouvelle plus. On pourrait discuter pendant des heures, le principe de découper un dépanneur d’ascenseur un soir de Noël pour le donner à manger au lion n’est plus quelque chose d’envisageable dans la comédie française d’aujourd’hui. Je ne généralise pas à toutes les comédies françaises, car les plus confidentielles sont bonnes voire très bonnes, mais je veux parler de ces grands films qui sont sensés fédérer les spectateurs, Le Père Noël est une ordure savait jouer de ces clichés, malgré son statut de « gros film ».

Hot Fuzz
Hot Fuzz – 2007

On pourrait extrapoler ce constat à bien des niches de la comédie dans l’audio visuel français; Le Petit Journal étant probablement l’exemple le plus frappant de comment faire rire en manipulant la vérité, tout en véhiculant un message moralisateur parfois nauséabond, alors que Canal+ elle même ne se gêne pas pour Twitter des propos plus que borderline (mais peu importe, l’important est de faire le buzz).

Tweet Canal+

Aux heures difficiles que l’on traverse actuellement, il y a peut être bien des sujets plus important que celui de l’avenir de la comédie française (qui n’a de comédie que le nom), mais il fallait bien que je dise ce que j’ai sur le coeur…

The Secret de Pascal Laugier

The Secret est la dernière réalisation de Pascal Laugier, vous savez ce petit réalisateur français qui s’est fait connaître avec Saint Ange et plus récemment Martyrs. Je voulais à tout prix voir The Secret lors de sa sortie en salle, mais les aléas de la vie ont fait que je n’ai pas pu avoir cette chance.

Je me suis donc vite rattrapé avec la sortie en BluRay du film. The Secret se penche sur un phénomène assez… glauque… à savoir la disparition/rapt d’enfants. The Secret est aussi l’occasion pour Pascal Laugier de faire son « premier film après Martyrs », tâche pas aussi évidente qu’il n’y paraît (il suffit de voir le naufrage d’Alexandre Aja pour s’en convaincre).

Faisons simple, je n’ai pas envie de vous parler du scénario car si vous n’avez pas vu le film ce serait vous gâcher le plaisir de la découverte, The Secret est une pure réussite. Si le scénario joue en partie sur la qualité du film, le plus gros du boulot repose sur la réalisation et le casting. Laugier filme son actrice principal (la splendide Jessica Biel) avec une telle justesse, une telle virtuosité, il n’y a pas de superlatif assez fort pour qualifier le travail de l’actrice.

Comme toujours dans les réalisations de Laugier, l’ambiance et les décors sont riches et soignés. On passe de l’ambiance feutrée d’une maison isolée dans les bois, à l’ambiance glaciale d’une mine désafectée. Les twists scénaristiques sont bien amenés, mais sont surtout crédibles, pas de fioritures là dedans ou d’artifices pour vous tirer la larme à l’oeil. The Secret a cette faculté de vous envoûter pour mieux vous glacer le sang. Je ne peux en dire plus, mais une fois encore, Pascal Laugier signe un film où ses spectateurs sont aussi acteurs. Une réussite.

[Cinéma]Les 10 films qui m’ont marqué…

Je suis tombé l’autre jour sur un billet d’un blog Gamekult (que je n’arrive plus retrouver! si son auteur se reconnaît, qu’il me fasse signe) qui présentait les 10 films qui avaient le plus marqué Tarantino ses dernières années. J’ai trouvé ça intéressant, peut-être plus que le classique « Les 10 meilleurs films de tous les temps » et compagnie. J’ai donc décidé de me prêter au jeu. Je précise donc bien qu’il s’agit des 10 films qui m’ont le plus marqué, ce ne sont pas forcément les meilleurs dans leur genre, mais ceux qui pour moi, font date dans ma vie de cinéphile. Il n’y a par conséquent pas de classement, et l’ordre dans lequel je cite les films et purement indicatif.

Robocop de P.Verhoeven

[singlepic id=215 w=416 h=312 float=left]Probablement le film qui m’a le plus choqué de toute ma vie… En effet, je l’ai vu relativement jeune, et la scène de l’assassinat de Murphy par les gangsters m’a fait faire des cauchemards pendant plusieurs jours. Je ne présente plus le film de Verhoeven, sommet de violence, pamphlet politique contre une société ultra sécuritaire mais aussi relecture très libre de la Bible. Ca fait toujours rire les gens quand je compare Robocop au Jésus de l’an 2000 pourtant c’est la comparaison qui me paraît la plus juste. Alex Murphy est un brave flic, non corrompue qui croit en de vrai valeur, il se fait assassiné ou devrais-je dire « crucifier par les balles » (car c’est réellement l’expression qui convient) puis ressuscite et répand la « bonne parole » à coup de pistolet. Murphy allias Robocop étant initialement une machine créer par l’OCP pour faire respecter la loi devient rapidement incontrôlable et n’obéira assez vite qu’à lui même, à l’homme qu’il est resté, à son sentiment de vengeance que rien ne pourra effacer. La force du film est dans son caractère brute, sans compromis. Ceux qui ricanent à la simple vision du titre n’imaginant là qu’une mauvaise série B, devrait tenter l’expérience et regarder ne serait-ce qu’une fois un film qui est 100% authentique et unique en son genre. Car ce ne sont pas les suites, qui pour le coup sont grosso-modo des rattages total (Verhoeven n’est biensûre plus à la barre), ou les pales imitations qui peuvent se targuer d’un tel effet coup de poing à la première visualisation. Un remake est en préparation avec Darren Aronofsky à la barre, et malgré tout l’admiration que j’ai pour Aronofsky, je me demande bien pourquoi Robocop a besoin d’être remaker… Mais bon attendons avant de crier au scandale, car une relecture habile pourrait, pourquoi pas, donner quelquechose de réellement intéressant, mais à première vue; je suis contre.

28 Jours Plus Tard de Danny Boyle

[singlepic id=208 w=320 h=240 float=right]J’aurais pu citer presque toute la filmographie de Danny Boyle, car chaque film est un coup de poing, tellement l’homme sait nous prendre à dépourvu à chaque fois. Mais 28 Jours plus Tard reste pour moi son film le plus efficace, et là aussi, complètement authentique en son genre. Le genre du survival a là un modèle qui restera probablement inégalé pour longtemps (28 Semaines Plus Tard lui étant supérieur sur le plan de l’action et de la violence, mais assez nettement inférieur en terme d’ambiance et de scènes de génie). La sensation inédite que procure le film est probablement due à un tas d’éléments; la qualité de l’image: volontairement poisseuse (impression accentuée à la vision du film en BluRay, d’ailleurs quand on arrive à la fin du film -et donc du cauchemard- le changement de caméra et le -nettoyage de l’image- est d’autant plus remarquable et apporte une sorte de bol d’air frais qui fait plaisir), la bande sons de John Murphy, des scènes de génies (je pense notamment au passage où les différents protagonistes assistent de manière totalement émerveillé à la promenade d’une famille de chevaux) et une progression particulière de l’intrigue où à chaque fois que l’on croit que l’on va vers le mieux on va en fait vers le pire. Véritable descente aux enfers, le film dresse un tableau sombre de l’humanité où rien ne nous ait épargné, montrant à quel point l’homme peut se montrer inhumain(!) lorsqu’il perd tout espoir et que la peur le domine.

Jurassic Park de Steven Spielberg

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L’émerveillement pur et simple, je me rappelle mon état à quelques jours de la sortie du film en salle: une vraie pile électrique, je voulais aller le voir coûte que coûte! Et forcément avec Spielberg, ça a été l’extase quasi-immédiate: la scène où on découvre les brachiosaures avec la musique de John Williams. C’est toute la magie Jurassic Park condensé en une seule scène. Evidemment, le film ne s’arrête pas là, puisque tout le monde se souviendra de l’arrivée du T-Rex ou encore de la chasse avec les vélociraptors. L’avantage comme toujours avec Spielberg, c’est que l’on peut se contenter de simplement regarder le film sans le creuser pour l’apprécier; Jurassic Park est un émerveillement de tous les instants, rappelant que le règne animal tel qu’on le connaît n’était pas grand chose comparé à ces reptiles géants! En un mot j’adore… Vivement une sortie en BluRay! Et j’en profite pour laisser un petit clin d’oeil à tous les grands fanatiques de la 3dimensions… On peut encore faire des choses parfaites sans la 3D, comparez le T-Rex de Spielberg et le T-Rex de Jackson dans le remake de King Kong est vous comprendrez…

Aliens de James Cameron

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Alien, premier du nom (de Ridley Scott) m’avait profondément scotché, je pense notamment à la découverte du Space Jokey (mon Dieu qu’est-ce que ça a pu me torturer l’esprit à l’époque!), c’est très simple, en 20 minutes on sent tout de suite la force potentielle que dégage la série, mélange entre angoisse, fascination et horreur; on tient là une mine d’or. Alien est un thriller terriblement efficace et stressant. Mais pour moi, la véritable claque viendra avec celui de James Cameron, à savoir Aliens (ou « Alien 2 » pour les incultes). C’était peut-être due au fait qu’il y avait une petite fille dans le film et que pour l’époque ça m’avait marqué et je m’étais attaché à ce personnage… Mais cette ambiance futuriste/apocalyptique dans un univers peuplé de robot, cyborgs (on comprend à la vision de ce long métrage que James Cameron adore Gunnm) et xénomorphes m’a toujours fasciné. A ce jour, c’est pour moi dans le genre, la meilleure réalisation qui soit. Le moment fort pour moi, étant le passage où Ripley rencontre la reine Alien pour la première fois(la respiration de cette dernière…. Brrrr).

Martyrs de Pascal Laugier

[singlepic id=214 w=416 h=312 float=left]Je ne reviendrai pas sur la baffe monumentale que fut Martyrs pour moi. Après je comprends tout à fait que ce soit « too much » pour certaines personnes et qu’on puisse ne pas « accrocher« . Mais on a au moins là le mérite d’avoir une véritable proposition de cinéma, authentique et personnelle. C’est tellement rare de nos jours, que ça mérite qu’on s’y intéresse et que l’on respecte cette oeuvre. Car elle a trop était traînée dans la boue à mon sens. Et puis dans une société qui n’a plus comme Leïtmotiv que antiracisme et bien-pensance, Martrys fait du bien. J’ai toujours pensé qu’un film comme Martyrs apporte bien plus aux minorités qu’un film comme Banlieue13 (qui eux, sont à mon sens, de véritables produit racistes pur… Je ne reviendrai pas sur B13-Ultimatum, où la vision du réal, en gros, c’est: mettez des arabes dans une cité confiné, ils deviendront forcément des terroristes, mettez des chinois dans une cité confinée, ça deviendra forcément des membres de la triade et mettez des russes dans une cité confiné, ça nous donnera des dealers et des trafiquants… Quelles visions du monde, surtout quand on sait que la cible principale de ces films sont essentiellement les jeunes en difficultés et ayant des problèmes d’identification…). Aussi incroyable que cela puisse être, B13 se distribue sans difficulté, et cartonne chez ceux qui crient au racisme alors que le film est un condensé de cliché raciste, alors que dans Martyrs l’actrice principale est marocaine et fait autre chose que de « jouer le rôle des arabes au cinéma »… Allez comprendre… Enfin, nous ne sommes pas là pour parler politique dans le cinéma (aussi intéressant que cela puisse être)… En bref Martyrs va faire date dans le cinéma français pour moi, mais aussi date dans le cinéma de genre. Appelez moi quand un réalisateur fera un film aussi pur, puissant et authentique que Martyrs.

Innocence de Lucile Hadzihalilovic

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Innocence fait partie de ces films qui ont une aura toute particulière; celle de diffuser en continue durant presque 2 heures la pureté de l’enfance et…. de l’innocence. Evidemment comme tout film qui s’attaque à ce genre de sujet, on a eu droit à toute sorte de polémiques foireuses et débiles dont je vous passerai les détails ici, le fait est que Innocence m’a procuré une sensation que je n’avais jamais ressentie devant un écran (comme tous les films dont je vous parle ici). Et pourtant, dans ce film, il ne se passe pas grand chose, on suit juste avec une sorte d’aura mystique continue la vie de plusieurs jeunes filles vivant dans une sorte de pensionnat isolé en plein milieux des bois. Un film magnifique, beau et vraie sur l’enfance et son évolution progressive vers l’âge adulte avec tout ce que cela implique. A voir pour ne pas mourir bête, et contemplez ce qu’est l’Innocence.

Suspiria de Dario Argento

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Alors là, noyaux dur, festival de couleurs et d’émerveillement. Je pense que la mise en scène de Argento sur Suspiria restera inégalée pendant très très longtemps. Là aussi, l’originalité et l’authenticité de l’oeuvre de Argento en fait presque un chef d’oeuvre immédiat et définitif. J’adore tout simplement et à chaque vision je ne peux m’empêcher de penser à Alice aux Pays Des Merveilles et je me dis que finalement c’est à ce jour la meilleure adaptation non officielle du roman de Lewis Caroll (attendons la version de Tim Burton). Si vous aimez les jeux de couleurs, foncez, vous allez être servi. Remis dans le contexte de l’époque, Suspiria est véritablement un OVNI cinématographique (bien que Profondo Rosso restera LA révolution de Dario Argento) qui restera un OVNI pour encore bien longtemps et c’est tant mieux!

Critters 2 de Mick Garris

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Pour moi la comédie horrifique déjantée pour Geek par excellence (avec Ghostbusters). Certes, c’est un choix qui peut surprendre, car c’est loin d’être un film très célèbres, mais ces boules de poils carnivores complètement disjonctée, ça me fait littéralement tripper… Des passages cultes à la pelle: le lapin de Pâques, la boule de critters, le chasseur de primes qui change son apparence (l’aggraphe…. Ceux qui ont vu le film comprendront :D). La comparaison avec Gremlins n’ayant pas lieu d’être, Gremlins étant une critique de notre société, Critters étant un véritable film de série B totalement assumé! Les suites sont un peu moins intéressantes mais tout aussi assumée… Alors pourquoi s’en priver!

Laurel & Hardy-La maison de la Peur de James Parrott

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J’ai choisi celui-ci parce qu’il fallait en choisir un, mais tous les films de Laurel & Hardy sont géniaux à mon sens. La maison de la peur m’a beaucoup plus parce qu’il joue un peu avec les codes des slashers tels qu’on les connaît aujourd’hui alors qu’à l’époque, par définition, le slasher tel qu’on le connaît n’existait pas. Mais là n’est pas l’essentiel L’essentiel c’est ces deux acteurs, ces deux personnages longtemps immités mais jamais égalé! Je suis un grand fan de Laurel et Hardy, je possède toutes les VHS sortis à l’époque, tous les DVDs sortis en France et quelques un sortis à l’étranger, mais je n’ai toujours pas vu tous leurs films, mais un jour j’y arriverai! Flirtant toujours entre l’absurde et le burlesque, ce qui me fait dire que ces deux là avaient un talent hors du commun c’est qu’à chaque visionnage, je rigole réellement: chose qui ne m’arrive plus aujourd’hui avec les comédies actuelles (pour certaines je ne rigole même pas au premier visionnage,c’est dire…) Autre point qui est remarquable, les passages musicaux et chantés, et Dieu sait que je ne suis vraiment pas fan de ce genre de passage à l’accoutumé, mais là… Quoi dire, je trouve ça fabuleux, je ne résiste pas à l’envie de vous mettre une petite vidéo compilant 3 passages musicaux choisis aléatoirement dans leur GIGANTESQUE carrière: (le dernier segment lorsque Stan joue de la harpe avec son matelas de cellule de prisons: c’est magique!)


At en bonus, au hasard, un passage qui montre tout le comique de l’absurde de Laurel & Hardy… Il faut comprendre l’anglais, je n’ai pas trouvé de VF (qui est pourtant très bonne!) [J’ajouterai que je ne comprends pas vraiment le lien avec le titre de la vidéo -rappelons que nous sommes dans les années 30-]:

The Texas Chainsaw Massacre de Tobe Hooper

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Ce film aura marqué ma rétine de manière indélébile; la scène du dîner, forcément restera dans ma mémoire pour longtemps, les yeux injecté de sang de cette jeune fille qui se demande bien où elle est tombée, les cris incessants du frangin de LeatherFace, le grand-père, la scène de fin où LeatherFace fait tournoyer sa tronçonneuse de rage d’avoir laissé échapper sa proie… Inoubliable… A la différence du remake de Marcus Niespel (qui reste un EXCELLENT divertissement) mais qui a vite était noyé dans la masse des films d’horreur actuel: conventionnel et in-imiaginatif au possible, sans saveur et redondant. Dommage, que comme beaucoup Tobe Hooper n’ait pas eu le même génie salvateur pour tous ses films suivants…

[Présentation Vidéo]Prince Des Ténèbres de John Carpenter

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Prince des Ténèbres fait partie des films de Carpenter que j’adore, j’ai toujours voulu en faire un bon gros dossier  mais le temps me manque, alors finalement j’ai voulu tenter quelquechose d’un peu expérimental et discuter quelques minutes sur ce film de vives voix. Le résultat est sous vos yeux ébahis… Enjouaillez… Ou pas…

PS:Toutes critiques sur le fond autant que sur la formes sont les bienvenues, évidemment!

PS2:Vous aurez remarqué que j’ai presque résolu mes problèmes de micro, le son est presque tout propre (à part à quelques moments 😉 )

PS3:Préférez le mode HQ pour avoir un son de meilleur qualité!

[Cinéma]Terminator Renaissance

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Voilà, j’ai enfin vu Terminator Renaissance, en grand fan de la saga initié par James Cameron, j’avais vraiment hâte de découvrir ce film! Alors verdict? En toute sincérité, c’est plus qu’hônnette! Alors, oui c’est sûre, ce Terminator Renaissance n’atteint pas les cîmes de Terminator ou Terminator 2, mais il reste un excellent divertissement qui par dessus le marché respecte les trois premiers films!

Je ne vous donnerai aucun Spoiler dans ce texte donc vous pouvez lire tranquillement si vous ne voulez pas vous gâcher le spectacle! Car oui, spectacle c’est le mot, car ce Terminator Renaissance lorgne grandement vers l’action à grand coup d’explosions pyrotechnique de toute beauté! Seul les 20 dernières minutes sont beaucoup plus intimistes et résonnent comme un véritable hommage à Terminator premier du nom!

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Ce film comme son titre l’indique, devait faire renaître la saga, et pour le coup, c’est sûre, c’est fait et c’est bien fait. D’ailleurs le titre est plutôt pas mal trouver par rapport à l’intrigue du film… Maitenant certains n’apprécieront peut-être pas la tournure des évènements, car c’est sûre que ce n’est plus le même délires que les premiers opus. Les personnages sont un peu délaissés au second plan au profit de l’action, et du coup ils perdent en charisme: HEUREUSEMENT que c’est Bale qui joue John Connor sinon j’aurais pas donner chère de la prestance de John Connor dans le film! Finalement c’est Sam Worthington qui tire le mieux son épingle du jeu dans son rôle de Marcus Wright! Je n’en dirais pas plus à ce sujet, mais j’étais assez intrigué par sa présence et le rôle qu’il allait réellement jouer dans ce Terminator et franchement je suis convaincu que c’était un bon choix, même si il aurait pu être bien mieux exploité!

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La star du film n’est pas forcément celle que l’on croît…

 

Et c’est d’ailleurs le problème majeur de ce film, il est plein de bonnes idées mais elles sont insuffisamment exploitées! En fait il aurait fallu que le film dure au moins une heure de plus pour avoir quelque chose de plus « consistant« : DOMMAGE! D’autant plus dommage, car pour le reste, tout y est: fan-service(mais pas trop), musique (Elfman a fait du bon boulot), Effets spéciaux (Parfait)…

En conclusion, ce Terminator est un bon film divertissant, mais pas le meilleur Terminator, car s’il apporte plein de bonnes choses il n’apporte rien de vraiment transcendant qui puisse faire date dans la mythologie de Terminator… Tant pis… Mais une chose est sûre, on peut faire une suite sans pour autant faire de la merde, et ça c’est plutôt rassurant…

[Cinéma]Terminator Renaissance & Transformers 2: Revenge of Fallen

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Le mois de juin sera robotique ou ne sera pas! C’est en effet ce que l’on peut se dire au vu des sorties blockbusters du mois. Dans les deux cas, il s’agit de suite, mais deux suites avec des envergures un peu différentes. Terminator Renaissance, va comme son nom l’indique, devoir redonner naissance à la saga Terminator pour l’amener vers une nouvelle trilogie, autant dire que la tâche que s’est vu confier McG est loin d’être un cadeau! On se rappelle que la saga Terminator s’était clôturé sur Terminator 3: réussite pour les uns, catastrophe pour les autres. Personnellement j’ai plutôt bien aimé Terminator 3, certes il est loin de rivaliser avec Terminator ou Terminator 2 mais il se laissait et se laisse toujours regarder sans aucun problème, et la fin du film est vraiment génial, apocalyptique à souhait. Biensûre quand Terminator 4 a été annoncé, tout le monde s’imaginait déjà voir une guerre contre les machines comme on peut l’apercevoir au début de Terminator 2 par exemple, mais il semblerait que McG ait voulu donner une orientation un peu plus intimiste à la franchise. Pourquoi pas après tout, reste à savoir si McG aura su préserver l’âme de la saga tout en ayant su insuffler un élan de vie pour en faire une nouvelle trilogie! Ce qu’il y a de rassurant au premier abord, c’est la participation de Christian Bale en tant que John Connor au film, mais vu les premières critiques il semblerait que ce qui « plombe » le film c’est en fait Christian Bale! Mais non il ne s’agit pas de la performance de l’acteur en lui-même mais de son personnage, apparemment, initialement John Connor n’aurait pas du avoir un rôle si « prépondérant » dans le film, c’est le personnage de Sam Worthington: Marcus Wright qui était le fil conducteur du film, mais quand l’équipe du film a pu avoir Christian Bale en John Connor, il a semblé important de faire apparaître un peu plus John Connor a l’écran…

Et apparement c’est ce choix qui fait un peu souffrir le film. Dommage, reste que globalement les critiques sont plutôt bonne et confirme que ce Terminator est fidèle aux oeuvres de Cameron en particulier Terminator premier du nom! C’est donc plutôt une bonne nouvelle pour tous les fans de la saga, même s’il conviendra a chacun de se faire sa propre opinion dans les salles obscures! En tous les cas moi j’y crois et j’irai le voir, peut être pas le jour de la sortie car j’ai des exams deux jours après donc je me sentirai coupable de ne pas réviser, mais comme ça j’éviterai les « KikouLolAvecLeurPopCorn ».

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Concernant Transformers 2, je dois dire que le premier film m’avait un peu déçu la première fois que je l’ai vu, mais après l’avoir revu j’ai progressivement changé d’avis. Le problème c’est que j’en attendais peut-être un peu trop. En fait ce que je n’ai pas aimé dans le film c’est la « désacralisation » des robots, j’aurais aimé un film un peu plus sérieux, un peu plus noir, un peu moins « popcorn »… Mais bon probablement que si Transformers aurait été moins grand public on aurait pas eu droit à ces effets spéciaux exceptionnels. Il faut ajouter que l’on aurait pas eu droit à Megan Fox non plus (qui est d’ailleurs pressentie pour incarner Lara Croft dans le Reboot de la série Tomb Raider au cinéma… Moi je dis OUI!). En quelques mots, qu’est-ce que j’attends de Transformers 2? Et bien du Michael Bay tout simplement, que ça pète, que ça cogne et que ça soit assumé, tant pis si Transformers n’est pas une oeuvre « sérieuse et profonde » comme elle aurait dû/pû être, elle sera une oeuvre incroyablement fun. Car je fais confiance à Michael Bay pour ça! Oh, je sais bien que le scénario ne sera pas très fin; ‘il y aura les gentils et les méchants; les Autobots finiront par casser la gueule aux Decepticons dans un acte de bravoure magnifique, sur une musique qui fait chialer, avec un coucher de soleil dans le fond. C’est Michael Bay, c’est tout. Et comme pour prouver que ce 2ème film sera dans la lignée du premier, c’est de nouveau Linkin Park qui va signer la chanson thème du film avec New Divide. Bref, chez Michael Bay c’est l’histoire de l’éternel recommencement. Une fois que l’on sait ça, à condition d’aimer le travail du bonhomme, c’est au moins la garantie de ne pas être déçu. Et ça c’est déjà pas mal!

PS:Petit PS pour dire que mon exemplaire du volume 7 de l’édition limitée de Clannad After Story est parti ce matin! J’en peux plus, VIVEMENT!!! J’ADORE CE VISUEL BON SANG!!!

[Arrivage] The Curious Case Of Benjamin Button & 21st Century Breakdown

Et un petit arrivage supplémentaire! Je vous présente The Curious Case Of Benjamin Button en édition BluRay (Zone A Only) ainsi que le nouvel album de Green Day en édition limité! Arrêtons nous un instant sur le dernier film de David Fincher avec Brad Pitt qu’il me tarde de découvrir en BluRay! J’ajouterai aussi que c’est avec une certaine émotion que j’accueille mon premier BluRay de la collection Criterion (mais sûrement pas le dernier!). Concernant le dernier album de GreenDay, je l’ai écouté, mais je suis quand même sacrément déçu par rapport à American Idiot! Pour être honnête deux chansons ont réellement retenu mon attention !Viva La Gloria! et 21 Guns. Bon après, il m’arrive souvent de changer d’avis sur des albums au fur et à mesure que je les écoutes… Mais une chose est sûre je n’ai pas été conquis dès la première écoute comme avec American Idiot!

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[Cinéma] Martyrs

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J’avais déjà chroniqué Martyrs sur mon blog à l’occasion de la sortie en salle du film. Je me permets de mettre une deuxième couche à l’occasion de la sortie DVD et BluRay du film!
D’abord rappellons que ce très cher Pascal Laugier était déjà à l’origine de Saint Ange. J’ai beaucoup aimé Saint Ange bien que le film est loin d’être parfait, il avait le mérite de poser une ambiance exceptionnelle et la performance de Virginie Ledoyen rendait le tout encore plus « juste ». Saint Ange ne jouait pas sur la violence, encore moins le gore, mais plus sur le ressenti, l’ambiance et la prestance de l’orphelinat dans lequel évoluaient les personnages. Martyrs n’est plus dans le même registre, le film a d’ailleurs bien failli se taper un très joli « interdit au moins de 18 ans« , chose qui l’aurait littéralement tué dans l’oeuf quand on voit que même avec une interdiction aux moins de 16ans avec avertissements le film est si peu distribué… Martyrs est violent autant sur le plan graphique que psychologique, les bruitages sont assourdissants, les coups de feu résonnent longtemps dans la tête, les effets spéciaux sont impeccables (Benoît Lestang RIP)  mais Martyrs n’est pas qu’un film violent c’est aussi et surtout une histoire d’amour impossible, destructrice, avec tout ce que cela implique.

Si on pouvait reprocher à Saint Ange de faire un peu du « sur place » et d’être trop lent, pas assez mouvementé, on ne peut clairement pas reprocher cela à Martyrs, car ici en plus de la violence que Laugier nous envoie en pleine poire, on suit une histoire, une véritable histoire, qui avance inéluctablement vers une fin que l’on n’imagine pas… Je m’explique, on sent que les personnages évoluent constamment vers l’impuissance et « l’acceptation » de la violence qui leur est infligé et à aucun moment, je dis bien aucun, Laugier ne viendra glisser un semblant d’espoir pour nous rassurer, à aucun moment Martyrs ne glissera vers du gore à la Hostel ou Saw… En bref, à aucun moment Laugier ne laissera le temps au spectateur de souffler (à moins que vous partiez en courant de la salle 🙂 ), à aucun moment vous pourrez vous dire « Haa mais ce n’est que du cinéma, comme Hostel! » comprenez donc bien, pas de bullet-time, pas de ralenti foireux, pas de musique étouffante, pas de réconfort… Non, vous êtes comme envoûté/scotché, tétanisé par le film, vous oubliez que vous êtes dans une salle de cinéma car vous êtes en train de vivre une expérience traumatisante, très intimiste et magnifiquement interprétée par Mylène Jampanoï et Morjana Alaoui. Car oui le jeu d’acteur (actrice ici!) va forcément crée une grande immersion dans le film…Ces deux actrices là sont le coeur du film, car l’histoire d’amour de leur personnage est LA trame de Martyrs, le fil conducteur… Et ce n’est pas les toutes dernières secondes du film (aussi intriguantes soit-elle!) qui doivent leur voler la vedette mais bien la relation entre Anna et Lucie qui est vraiment troublante et touchante. En 1h40 on passe de l’amitié à l’amour à la trahison, aux regrets et au pardon. Quoi de plus horrible que de croire que l’amour que l’on porte pour quelqu’un va nous mener inéluctablement à notre perte? Quoi de plus horrible de se rendre compte que l’on a trahi l’être qui nous est le plus chère mais qu’il est trop tard pour se faire pardonner? Tant de thèmes qu’aborde Martyrs, alors que l’on ne l’attendait pas là! Difficile de ne pas spoiler pour parler un peu plus de cette relation si particulière… En effet l’histoire entre Anna et Lucie couvre la quasi totalité du film (et ne s’arrête pas au milieu du film comme certains le pensent). La scène de torture est nécessaire pour amener à la scène ou Anna commence à parler toute seule et qu’elle entend Lucie lui parler. Véritable déclaration d’amour et de pardon quand Anna se rend compte de ce que Lucie a enduré durant tout ce temps et qu’elle lui demande comment « ne plus avoir peur« . Alors biensûre que la torture physique est insoutenable pendant ce passage, preque 20 minutes quand même, mais que dire de la torture morale qu’éprouve Anna, elle qui se rend compte que pendant des années elle a douté des paroles de Lucie, alors que finalement tout ce que vivait Lucie était vrai. Je rajouterai à l’intention des détracteurs du film qui trouve le film trop violent, que si vous allez voir un film d’horreur pour rigoler vous n’avez pas tout compris au système, car c’est le but principal d’un film d’horreur et d’épouvante que de rendre mal à l’aise et faire peur…C’est en cela que je ne comprends pas trop ce qui critique l’histoire de « la secte » ou de la quête de ce qu’il y a après la mort, tout ça n’étant qu’un prétexte pour exacerber les sentiments entre Lucie et Anna… Je dirais même plus, à la limite on s’en fout de la secte, c’est franchement pas le thème principal du film!

De son propre avoeux, Laugier a réalisé Martyrs pour se libérer de toute la violence qu’il ressent dans notre monde… Il dépeint ainsi à sa manière un tableau de notre société où les apparences laissent croire que « tout est beau dans le meilleur des mondes » alors que par dessous, c’est la violence et la brutalité qui sont maîtres des lieux (allégorie de la famille bien sous tout rapport qui s’adonne à des activités pour le moins choquante dans sa cave!). Je pense également que quelque part on peut y voir une allégorie de ce que traverse le cinéma de genre en France actuellement, Martyrs étant un peu (du moins je me plais à le croire), « l’inconscient » du cinéma français, ce qui dort derrière les 250 comédies que le cinéma français nous pond par an et que les gens se plaisent à glorifier. Pourquoi les cinémas italiens, anglais, US accouchent des films de genre sans scrupules et sans aucun remord alors que le cinéma de genre français reste limité à 3-4 productions par an? J’ai l’impression que le cinéma français se retient et se cantonne à Bienvenue chez les Chtis (je caricature exprès hein^^) pour montrer ce qu’il sait faire, que le cinéma français a peur de montrer ce qu’il cache au fond de lui même… Pascal Laugier avec ce Martyrs, je l’espère (mais je n’y crois pas trop malheureusement) ouvre la voie vers un cinéma français décomplexé… Reste à voir s’il va être suivi. Ceci étant quand je dis être suivi, je ne dis pas que je veux 36 000 Copies de Martyrs, j’aimerai que des réalisateurs apportent leur visions des choses, qu’ils ne se contentent pas de copier leur modèle (même si les modèles en question sont Romero et compagnie) mais que comme Gans ou Laugier, ils assimilent/digèrent leur référence cinématographique pour nous pondre des films intimes, personnels mais surtout inédit comme l’est Martyrs.
Car si par moment en voyant Martyrs on peut penser à plusieurs film de genre, ne nous y trompons pas, Martyrs n’est pas une « copie » d’un film gore, Martyrs est une oeuvre cent pour cent original qui n’emprunte à aucun moment les sentiers battus… Inutile de vous dire que « le soulagement » que l’on peut éprouver à la fin d’un Hostel quand finalement les personnages « se vengent » n’est pas au programme de Martyrs… Bien au contraire le film commence par la vengeance dans une première partie très musclée et nerveuse et se conclue par une deuxième partie beaucoup plus lente et posée mais aussi plus violente psychologiquement. Car oui Laugier casse souvent son rythme et cela accentue la violence qu’éprouve les personages et le spectateur par la même occasion. Je prendrai pour exemple la scène de la torture qui « n’en finit pas » pour certains, mais c’est le but du réalisateur que de nous assomer, de nous faire violence avec ces images car il veut faire de nous (ses spectateurs) des martyrs et il nous le rappelle à la fin du film en précisant bien que martyrs signifie témoins! Vous êtes témoins de la souffrance qu’a enduré Anna autant physique que psychologique, vous êtes témoins de l’amour qu’elle a pour Lucie… Et non pas témoin de son massacre style « Passion du Christ 2.0″…
En somme je ne sais pas si on peut parler de chef d’oeuvre pour Martyrs, mais ce qu’il y a de sûre c’est que l’on se retrouve face à une expérience inédite d’un point de vue cinématographique. Martyrs est la preuve que le cinéma de genre n’est pas qu’un ramassis de gore et de violence mais aussi un film portant à la réfléxion. Pour moi ma meilleure expérience ciné depuis bien longtemps! Merci Pascal Laugier!
PS: En ce qui concerne l’interdiction -18ans… Je ne dirais pas que cela aurait été justifié car je pense qu’il y a des personnes de 16 ans qui comprendront et interprèteront sans aucun problème les images et la violence psychologique du film et d’autres de 30 ans qui seront choqués pendant des semaines… Ceci étant, le film n’est pas à mettre à la portée de personnes sensibles.
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