Navigate / search

Batman V Superman, la métaphore christique et les liens avec les Comic Book

Batman V Superman

Ne revenons pas sur Batman V Superman en lui-même, chef d’oeuvre ou navet, libre à chacun de se faire son idée. Superman, de par ses pouvoirs et sa naturelle bienveillance a toujours bénéficié d’une aura « christique » au sein de ses diverses apparitions sur grand écran. Dans le film de Zack Snyder, le Man Of Steel n’échappe pas à la règle. Mais pour la première fois, ce traitement est pour le moins réussi et intéressant. Plusieurs prérequis sont nécessaire pour apprécier ce billet, le premier étant d’avoir vu le film (vous savez donc ce qu’il vous reste à faire), pour le reste laissez-vous guider. Inutile de préciser que cet article va contenir un bon nombre de spoilers. Vous voilà prévenu!

La Lance de Longinus ou la Sainte Lance

La Lance de Longinus est la lance qui aurait servi à transpercer le flanc du Christ alors qu’il était encore sur la croix entraînant ainsi sa mort. Elle fut l’objet de nombreuses Croisades, et au fur et à mesure de l’Histoire, son existence a été maintes fois remise en questions, et plusieurs lances ont été désigné comme étant LA sainte relique. A ce jour, aucune preuve tangible n’a permis de confirmer son existence (un peu comme le Graal ou L’Arche d’Alliance). Le fait est que, cette lance fait l’objet de nombreux fantasmes cinématographiques ( Constantine, HellBoy ou bien évidemment le très controversé La Passion Du Christ). L’imagerie religieuse regorge de peintures représentant la fameuse scène de la mise à mort de Jesus par un soldat romain, retenons pour l’exemple celle de Fra Angelico datant probablement du XVème siècle. Au passage, vous noterez l’extrême similitude entre La Passion Du Christ et de la représentation du peintre Italien; petite note au passage pour dire que le film de Mel Gibson est plus une retranscription à la lettre des Evangiles et de leurs représentations artistiques au fil des âges qu’une réelle relecture de son réalisateur.

Mais revenons à nos moutons, puisque la Sainte Lance est bel et bien présente dans Batman V Superman, alors certes elle ne se veut pas être la Lance qui a tué le Christ, mais celle qui doit tuer le Sauveur (Superman). Elle sera construite par Bruce Wayne pour que Batman (l’homme) tue Superman (Dieu, ou du moins l’homme venu du ciel accomplissant des miracles). Il sera d’ailleurs prêt à tuer Superman avant que ce dernier réussisse à lui faire entendre raison (« Martha »; prénom de la mère de Bruce Wayne et de Clark Kent, provoquera un électrochoc dans la tête de Bruce Wayne, se voyant prêt à commettre le meurtre de Superman, à la même place que le meurtrier de ses propres parents au début du film). A propos de Martha, il est intéressant de noter que Martha a pour origine Marthe, or Marthe de Béthanie (Sainte Marthe), fut une disciple de Jesus qui lui offrit l’hospitalité (curieuse ressemblance avec Martha, la mère de Clark Kent qui offrit l’hospitalité à un petit bébé venu du ciel qui deviendra plus tard… Superman).

Le fusil de Tchekhov

Ou encore appelé paiement, procédé qui consiste à faire réapparaître un élément d’une intrigue qui était déjà apparu plus tôt dans le récit. En l’occurrence dans Batman V Superman, l’introduction qui nous présente l’assassinat des parents de Bruce Wayne, montre aussi les dernières paroles du père de Bruce Wayne: « Martha ». Ce prénom sera réutilisé par Superman agonisant devant Batman, faisant réagir ce dernier alors qu’il entend le nom de sa mère. Martha est donc la réplique qui fait basculer le film, cinématographiquement le « Martha » prononcé par Superman n’aurait aucun sens sans le « Martha » prononcé par le père de Bruce Wayne. Un fusil de Tchekhov s’il est mal masqué peut littéralement vous spoiler un film si vous avez l’œil aiguisé. L’appellation vient du fait que Tchekhov pensait qu’il ne faut pas montrer une arme à feu dans un acte si elle n’est pas utilisé plus tard. D’où le terme fusil de…Tchekhov. En cela, ce retournement de situation tant décrié n’est pas si idiot, car il renvoie Bruce Wayne à sa nature de potentiel meurtrier et lui fait se rendre compte de la bêtise qu’il s’apprête à commettre, par contre il aurait peut-être mérité d’être mieux amené.

 

Le positionnement de Superman (Dieu ou Homme)

Clark Kent en pleine introspection.
Clark Kent en pleine introspection.

Toute la dualité de Superman était déjà évoqué dans Man Of Steel, « Il sera un pariât, ils le tueront… » « Comment? Il sera un Dieu pour eux ». Si la thématique avait été mal exploité dans Man Of Steel, elle porte ses fruits dans BvS. Les actions de Superman le place tantôt en Dieu sauveur de l’Humanité, tantôt en véritable meurtrier. Superman doit donc faire un choix; celui d’endosser pleinement son rôle de sauveur (poussant la métaphore Christique à son paroxysme, à ce titre la mort de Superman dans le film était acquise dès lors qu’il refuse d’abandonner son rôle de super héro (la discussion imaginaire avec son père)). En acceptant son rôle de sauveur, il accepte aussi son sacrifice et sa mort certaine (tout comme Jesus accepte sa mort prochaine en l’annonçant à ses disciples). Cette dualité marque une véritable différence dans l’approche de Superman sur un plan cinématographique. Si tous les films l’ont toujours dressé en Dieu, jamais il n’a été représenté en humain qui doute et encore moins en Dieu humain se sacrifiant pour l’humanité. Dans cet univers, Clark Kent a le choix d’être Superman ou de ne pas l’être; d’être le sauveur de l’humanité ou un humain comme tous les autres. Tous les autres films Superman ne lui laisse guère le choix que d’être ce super héro invincible en étouffant presque sa dimension humaine (ses sentiments et ses doutes notamment).

En revoyant Man Of Steel après Batman V Superman, il est clair que le projet de BvS était déjà dans la tête de Zack Snider, et finalement Man Of Steel n’est qu’une grande (et longue!) introduction à l’univers Dc Comics.

Passons donc à la scène clôturant cette métaphore avec la scène du combat final contre Doomsday. Parler de cette scène pourrait facilement prendre des heures, alors je me bornerai à en sortir les éléments les plus forts.

L’apparition de la Trinité

La Trinité DC Comics
La Trinité DC Comics

Là encore, la Trinité au sens Christianique du terme définie l’existence du Père, du Fils et du Saint Esprit pour symboliser Dieu. Dans l’univers de DC Comics, la Trinité DC est incarnée par Batman, Superman et Wonder Woman (notion instaurée la première fois par Matt Wagner avec Trinity). Cette trinité deviendra culte pour tous les fans de DC Comics qui se respectent. Le dénouement du film nous offre la possibilité de voir pour la première fois cette trinité sur grand écran. Cette apparition peut surprendre car la Justice League n’est pas encore officiellement formée, et qu’en théorie, l’affrontement entre Doomsday et Superman marque une cassure dans la Justice League. Dans l’univers de Zack Snyder, cet affrontement aboutira à la naissance de la Justice League, différence notable avec le Comics là encore, où la Justice League est déjà formée depuis longtemps et se casse les dents sur Doomsday.

Batman, WonderWoman et Superman
Batman, WonderWoman et Superman

Sans surprise, Superman va se sacrifier juste après avoir échangé quelques mots avec Loïs, lui expliquant qu’elle est son monde (à lui l’humain), mais que cette planète est aussi son monde (à lui le Dieu). Superman accepte sa situation de super héro et en assume pleinement les responsabilités, mais il ne renie pas non plus son humanité, même s’il préfère se sacrifier plutôt que rester avec Loïs. Il s’empare de la lance et fonce vers Doomsday, en lui enfonçant la lance en pleine poitrine. Doomsday répliquera en transperçant le cœur de Superman (ce n’est finalement pas la lance qui tuera Superman mais bien l’extraterrestre (comme dans le comics)).

A ce titre on pourra toujours arguer que le film ne suit pas la exactement la trame du comics (le sort de la Justice League), mais il est impossible de dire que le film ne « respecte » pas le comics. Chaque image de cette scène pourrait sortir d’un comics tant elles sont fidèles au format papier.

C’est après cette scène que la symbolique Christique est encore plus forte puisque Superman va être descendu du mont de pierre sur lequel il s’est sacrifié pour sauver l’humanité par… Batman et Wonder Woman (souvenez-vous la trinité DC). Notez au passage la présence de la croix en arrière plan. Dieu est mort, reste l’homme; Clark Kent, mort lui aussi (inévitablement). Loïs pleure cette mort (de Clark Kent, pas de Superman), comme Marie au pied de la croix pleurait la mort de Jésus (et pas forcément celle de la mort du fils de Dieu, mais celle de son fils, miracle venu du ciel). Visuellement la scène rappelle inévitablement celle de La Passion Du Christ mais aussi toutes les œuvres d’art représentant la descente de la croix.

Le plan final montre Superman dans les bras de Loïs avec Batman et Wonder Woman tel des apôtres, là encore, pardon mais le plan est tellement proche de celui de La Passion Du Christ que je ne peux m’empêcher de faire la comparaison. Par ailleurs notez que la caméra effectue un dézoom sur plan horizontal suggérant que… Superman n’est pas définitivement mort, si le réalisateur avait voulu montrer la mort de Superman, il aurait filmé la scène en plan zénithal, la caméra s’élevant vers les cieux. D’ailleurs si vous connaissez la culture chrétienne, vous pouvez vous douter de ce qui va arriver à Superman d’ici trois jours (en fait je vous spoile le film Justice League à paraître en 2017!).

La mort de Superman est un évènement cataclysmique pour l’univers des supers héros,et au final sa mort en guise de formation de la Justice League est un évènement fort. A noter que ce sera peut-être l’occasion d’un rapprochement entre Batman et Wonder Woman. La possibilité est esquissée dans les comics.

Batman et WonderWoman

Les autres « choses » à voir dans le film:

Le « rêve » de Bruce Wayne

Bruce fait un rêve où il voit une Metropolis ravagée (que l’on pourrait qualifier de post apocalyptique), avec un grand Omega dessiné dans le sable. Omega est le signe de DarkSeid qui sera donc probablement LE grand méchant de ce DC Universe. On aperçoit aussi les para démons, mais surtout un Superman semblant avoir complètement perdu les pédales, il semble reprocher à Batman quelque chose « Tu me l’as prise ». De qui parles-t’il, Loïs, Martha? A ce stade, assez dur de répondre. Pourtant dans la scène qui suit, Bruce Wayne semble avoir une vision, celle d’un homme qui lui parle au travers d’un halo bleue. Cet homme c’est Flash (incarné par Ezra Miller (il est crédité dans le générique pour ce rôle), et il apporte plusieurs éléments importants à Bruce Wayne.

Les trois enseignements de Flash

« Loïs Lane est la clé », Flash dit clairement cette phrase, elle est donc probablement à corréler à celle prononcée par Superman (« Tu me l’as prise ») dans le rêve précédent; il existerait un univers où Loïs meurt par la faute de Batman, ce qui rendrait Superman fou de rage et le ferait régner en despote sur Terre (c’est la trame utilisée dans Injustice). Il crée donc une armée né répondant qu’à ses ordres (cf les écussons des soldats) et pactiserait avec Darkseid (présence des paradémons).

Flash dit aussi que Bruce « avait raison à propos de lui ». Il s’agit probablement de Superman; Bruce Wayne a toujours fait preuve d’une grande méfiance envers Superman, et probablement que ses craintes se sont confirmées dans un univers parallèle. Cela reste évidemment à confirmer, mais à qui d’autre le « lui » peut-il faire référence?

Enfin, Flash demande à Bruce de les « réunir », il l’invite donc à former la ligue des Justiciers. C’est là où le film prend ses distances avec le comics, Batman devient le chef de la Justice League et la mort de Superman va signer la naissance de la Justice League, alors que dans le comics, la Justice League se retrouve très fragilisée par la mort de Superman. A noter que cela confirme la volonté des studios de placer Batman en tête de gondole de la Justice League (devant Superman, c’est une démarche assez logique, Batman ayant toujours était plus « vendeur » que Superman au cinéma).

La genèse de Superman

La première apparition de Superman en Comics remonte à 1938, hors on entend Perry au Daily Planet invectiver Clark Kent: « Nous ne sommes plus en 1938. » c’est un clin d’oeil au premier numéro de Action Comics où apparaît Superman pour la première fois.

La première apparition de Superman en Comics
La première apparition de Superman en Comics

Robin

Dans la BatCave on peut apercevoir le costume de Robin taggué avec la phrase « Jokes on You Batman » (Traduit dans la VF par Tel est pris qui croyait prendre). C’est clairement une séquelle d’un affrontement passé entre Batman et le Joker. En fait l’identité de Robin est initialement Dick Grayson. Il est le « fidèle acolyte » de Batman. Il deviendra NightWing quand il découvrira que Barbara Gordon est en fait Batgirl. A noter qu’il prendra pendant quelques temps le costume de Batman quand ce dernier aura « disparu ». C’est ce qu’on suppose à la fin de la trilogie de Christopher Nolan puisque Dick Grayson accède à la Batcave et on apprend que son nom est en fait Robin. Dans l’univers de Batman V Superman, il semblerait qu’on fasse plus allusion à Jason Todd, dans le comics Jason Todd est recruté par Batman pour devenir le nouveau Robin (après le départ de Dick Grayson). Jason Todd est beaucoup plus fougueux que Dick Graynes. Il se fera capturer et tuer par le Joker, ce qui provoquera une vague de culpabilité chez Batman. C’est probablement à ça que fait allusion la phrase « Jokes On You Batman ». Probablement que dans l’univers de Batman V Superman, Robin a été tué par le Joker et que Batman garde dans la Batcave le costume de son défunt partenaire. A noter que c’est également une référence au roman graphique de Franck Miller, puisque là aussi Batman conserve le costume du défunt Robin dans la Batcave.

Il est fort possible que ce que l’on aperçoit dans la bande annonce de Sucide Squad corresponde à la mise à mort de Robin, on voit le Joker s’adresser à quelqu’un en lui disant « It Will Hurt really bad », rappelant la planche du comic book. Tout cela sera reste à confirmer, mais ça semblerait logique. Suicide Squad se passerait donc chronologiquement avant Batman V Superman. Ce qui expliquerait la phrase de Batman « On a un mauvais souvenir des gens déguisés en clown par ici », laissant supposer que l’affrontement avec le Joker a déjà eu lieu.

It will hurt really bad – Trailer Suicide Squad

Le Batman de Franck Miller

Déjà évoqué plus haut mais le Batman de Znyder est très proche de celui de Franck Miller, en particulier lors de la scène d’affrontement entre Batman et Superman. Je pense que les images parlent d’elle même.

Mais alors le grand méchant, c’est qui?

Probablement Dark Seid, les symboles Omega dans la vision de Bruce Wayne ne laisse guère de doute. A noter que la version longue de Batman V Superman apporte d’autres informations, notamment la fameuse scène « communion » où l’on voit Lex Luthor face à Yuga Khan (père de DarkSeid). Notez au passage qu’on aperçoit aussi les Mother Boxes qui seront utilisées par DarkSeid (elles sont également utilisée par Silas Stone).

Le clin d’oeil à Terminator

Le docteur Silas Stone est aperçu dans les données volées par Bruce Wayne à Lex Luthor concernant les autres méta humains (WonderWoman, Aquaman, Flash). On le voit en train de « bidouiller » un corps. Ce corps c’est celui de son fils, Victor Stone, gravement blessé pendant un accident. Son père le docteur Silas Stone va tout faire pour lui faire perde son handicap et va faire de lui un cyborg. C’est la scène que l’on voit dans le film. Le fait amusant dans cette affaire c’est que le docteur Stone est incarné par Joe Morton, et Joe Morton incarne Miles Dyson qui n’est d’autre que le fondateur de Cyberdyne, la société qui est à l’origine de… Skynet (les cyborgs, tout ça). Bref, c’est très bien trouvé!

J’en ai terminé pour cette petite review des choses sympas sur Batman V Superman. Il y a surement un tas d’autres choses à dire, mais ça me tenait à coeur de défendre un peu ce film qui s’est littéralement fait déglinguée par la critique. Pardon pour les fautes d’orthographe et de grammaire, n’hésitez pas à me les signaler je les corrigerai. Évidement n’hésitez pas à partager vos impressions sur le film.

[Cinéma] Les métaphores christiques au cinéma

En voilà bien un sujet intéressant. Dans nos société dites « occidental », de nombreux artistes ont souvent été inspiré par l’iconographie religieuse pour la réalisation de leurs oeuvres. Le cinéma ne déroge pas à la règle, petite relecture de ce que je considère comme des films étant reliés de près ou de loin à l’imagerie chrétienne. Je précise que ce billet n’a aucune autre vocation que de titiller la curiosité de chacun et de proposer une interprétation un brin fantaisiste des films, de ce fait, il est inutile de commencer à partir dans des débats politiquo-religieux. Ceci étant dit, commençons.

Robocop de Paul Verhoeven

[singlepic id=512 w=320 h=240 float=center]

Souvent, on se fiche de moi quand je dis que Robocop est un peu le « Jésus de l’an 2000« , et pourtant, la comparaison ne me paraît pas si absurde. Pourtant je concède que l’idée ne m’est pas venue au premier visionnage du film mais bien plus tard. La mise à mort d’Alex Murphy, me fait irrémédiablement penser à la Passion que le Christ a enduré. Les clous sont remplacés par des balles (aux 4 membres), la fronde dans le flanc pouvant être remplacée par la balle dans la tête. Si l’analogie s’arrêterait là, je pense qu’on pourrait dire que ce que je viens de dire tient du hasard, pourtant, la suite du film me conforte dans mon idée… Tout le monde le sait, suite à son éxécution (probablement une des plus violentes mises à mort au cinéma), Murphy, ressucite et devient Robocop. Mi-homme, Mi-Robot (à comparer à Jésus, représentant de Dieu sur Terre, mi-homme mi-Dieu), Robocop n’a que trois directives: « Etre au service des citoyens. Protéger les innocents. Faire respecter la loi. ». Alors certes, dans la bible il n’est pas dit que Jésus est descendu sur Terre pour faire respecter l’ordre à grand coup de mini-flingue etc mais l’analogie m’a semblé intéressante. Robocop est revenu des morts, immortel, mais garde toujours son côté humain ( « Un rêve, il a fait un rêve! » )

Ultime argument pour, Verhoeven a toujours été fasciné par la représentation de Jésus a travers l’histoire. D’ailleurs j’attends toujours son film sur la vie de Jésus… Encore un film où le Vatican va pouvoir s’arracher les cheveux!

Superman Returns de Bryan Singer

[singlepic id=511 w=320 h=240 float=center]

La comparaison me paraît évidente, rien que l’intro du film. Le discours du Père de Superman en voix off ne laisse planer que peu de doutes là dessus: « Le Père devient le Fils et le Fils devient le Père« . Supermen est mi-homme, mi -Dieu; humain ressentant des émotions (amoureux de Loïs) et Dieu par sa force et son immortalité. Durant le film, Clark vient du ciel est accueilli dans une famille pauvre et grandit d’une manière paisible. Plus tard il endossera pleinement son rôle de « dieu » en réalisant des miracles,et en sauvant des vies. Enfin, Superman mourra en tentant de sauver l’humanité du mal (métaphorisé par Lex Luthor). Après avoir sauvé le monde, Superman s’écroule sur la Terre en formant une croix, comme crucifié par le sacrifice qu’il vient d’effectuer pour l’Humanité, enveloppé dans sa cape rouge (rappelant le linceul macculé de sang du Christ)…

Superman finit par ressusciter non pas par les soins des humains mais par la force de l’amour de ses proches.

E.T. l’extraterrestre de Steven Spielberg

[singlepic id=510 w=320 h=240 float=center]

E.T., le chef d’oeuvre de Steven Spielberg est lui aussi remarquable de ce point de vue. Je vous fais ici un copié-collé de  l’excellente analyse de Raffik Djoumi concernant ce passage dans le film.

Cela a déjà été plusieurs fois remarqué; le film de Steven Spielberg E.T. est une relecture du Nouveau Testament :l’histoire d’un être venu des cieux, capable de lire dans les cœurs et de guérir les blessures, dont les plus innocents deviennent les apôtres et font tout pour le protèger du regard de ceux qui jugent parce qu’ils ont peur ; un être de lumière, donc, qui sera d’une certaine façon « trahi » par l’apôtre dont il était le plus proche (en partageant avec lui sa déchéance physique et sa souffrance qui est le lot des hommes sur terre).

Bref il meurt ; il ressuscite ; il apparaît aux incrédules dans un nuage de fumée, une cape posée sur les épaules, les bras en croix et le cœur lumineux ; et enfin il remonte au ciel. Spielberg mêle discrètement à cela une symbolique plus volontiers hindouiste (le dernier geste d’E.T. envers Eliott)  et va jusqu’à commanditer une affiche en référence ouverte au plafond de la chapelle Sixtine.

Source: Compagnon Geek – Les Intouchables

La Passion Du Christ de Mel Gibson

[singlepic id=519 w=320 h=240 float=center]

OUI, je sais, on ne peut pas vraiment parler de métaphore puisque par définition, ce film raconte la Passion du Christ. Pourtant le film de Mel Gibson est plus, à mon sens, une représentation imagée qu’une reconstitution historique à proprement parler. Si le film n’est pas forcément très « fin » il a une force qu’on ne peut lui retirer; sa photographie, en tout point fabuleuse. La violence des coups, les regards du Christ sur la croix, la reconstitution du Golgotha, des tas d’éléments qui font que ce film relève plus d’une vision artistique que du documentaire (ce qu’il faut pas attendre quelque fois). Inutile de discuter, La Passion Du Christ est une merveille iconographique. Pour ce qui est du message véhiculé par le film, c’est un autre débat…

Blade Runner de Ridley Scott

[singlepic id=520 w=320 h=240 float=center]

Là encore, je vais me contenter de citer une source, mais il n’y a rien de plus à dire que ce qui est dit. D’ailleurs dis comme ça, ça paraît plus qu’évident:

Le symbolisme religieux par l’intermédiaire de paraboles religieuses. Étant donné les capacités surhumaines des réplicants, ils sont créés par Tyrell (Dieu) et leur chute des cieux (l’« off-world ») en fait des anges déchus. Roy Batty partage beaucoup de similitudes dans ce contexte avec Lucifer, et cela devient plus évident quand il cite délibérément de façon incorrecte un extrait de l’œuvre de William Blake : « Fiery the angels fell… » au lieu de « Fiery the angels rose… » (America: a Prophecy). Zhora se sert d’un serpent rappelant la Genèse avec Adam et Ève. Vers la fin de sa vie, Roy a des stigmates puis se place dans une position ressemblant au Christ pour signifier son salut à Deckard. À sa mort, l’âme de Roy monte dans les cieux sous la forme d’une colombe, ce qui semble « accomplir » la métaphore prématurée de Tyrell du « Fils Prodigue ». De même, les blessures de pistolet laser de Zhora sont toutes deux sur ses omoplates, la faisant ressembler à un ange dont les ailes ont été coupées.

Cette petite liste n’a rien d’exhaustive, mais c’est juste que j’ai trouvé ce sujet particulièrement intéressant! Surtout n’hésitez pas à contribuer par le biais de vos commentaires, à l’enrichissement de cet article!

[Cinéma] Les Meilleurs génériques… [Vol.1]

Un générique est toujours quelque chose à part dans une oeuvre. Certains sont sobre, d’autres au contraire, en foutent plein la vue. S’ils ne conditionnent pas fondamentalement la qualité d’un film ou d’une série, s’ils sont réussis ils laissent toujours une bonne impression. Sélection (non exhaustive) de certains génériques que j’affectionne particulièrement.

Terminator de James Cameron (Theme par Brad Fiedel)

L’ouverture de Terminator est une réussite fantastique en mon sens. Il montre tout à la fois la froideur du Terminator et l’ambiance apocalyptique qui va se dégager du film. A noter que le générique sera repris quasiment à l’identique pour l’adaptation Megadrive et Mega-CD du jeu.

Superman de Richard Donner

Meilleur générique de film de super héros (remercions John Williams pour ce thème sublime). A noter que le générique de Superman Returns est un vibrant hommage au générique original (que je n’ai pu trouver en lecteur intégré mais que vous pouvez voir ici ). A chaque fois que je vois ce générique j’ai envie de craquer ma chemise et de sauter de ma fenêtre et m’envoler!

Star Wars de George Lucas

Forcément je ne pouvais pas ne pas citer Star Wars. Ce générique restera dans la mémoire de toute personne fan de science-fiction. A voir et à revoir.

Batman de Tim Burton

L’ouverture du premier Batman de Tim Burton reste une claque lui aussi. Mélange de gothisme et d’héroïsme dans la composition de Danny Elfman; tout est parfait ou presque…

Casino Royale de Martin Campbell

Là encore, fantastique générique d’ouverture, il fallait bien ça  pour la renaissance du plus célèbre agent secret de la planète.

Stigmata de Rupert Wainwright

Stigmata fait partie des films que je classe dans la catégorie « sacré bons petits plaisirs coupable ». Le film bénéficie non seulement d’un excellent casting; Patricia Arquette et Gabriel Byrne, mais également d’une photographie fantastique et de quelques scènes inoubliable.

Rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle fournée…