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[Cinéma]Jusqu’en enfer de Sam Raimi

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Avec l’annonce de la réalisation de World Of Warcraft par Sam Raimi et tous les fans qui s’agitent genre: « Sam Raimi?? Trop Cool, c’est la fête, Wow va devenir la référence des films d’héroïque Fantasy!! », je ne peux pas m’empêcher de parler un petit peu du dernier Sam Raimi: Jusqu’en enfer. Je vous préviens tout de suite, je ne vais pas être spécialement gentil avec ce film donc si vous êtes fan sauvez-vous ou préparez-vous… Je préfère dire tout de suite que ça me fait mal au coeur d’écrire tout ça, tant j’ai aimé Sam Raimi par le passé notamment pour Evil Dead, mais là ce n’est plus possible…

Tout le monde sait que Sam Raimi est passé du statut de petit réalisateur indépendant au grand réalisateur que tout le monde s’arrache pour les dernières super productions made in Hollywood. Dans le genre super productions je veux biensûre faire référence à la trilogie (bientôt quadrilogie) Spiderman. Si le premier opus était plutôt bon sans être exceptionnel, les deux derniers et en particulier le troisième m’ont tout simplement fichu la gerbe (Pauvre Venom, qu’ont-ils fait de toi???). Oui vous lisez bien, mais ce n’est pas tant le film en lui même qui m’a vraiment déçu, probablement que si ça avait été Michael Bay à la réalisation j’aurais trouvé ça sympa mais là, Sam Raimi avec Spiderman 3 a renié tout son travail en l’espace d’un film, comme s’il avait succombé aux sirènes d’Hollywood idéologiquement parlant. C’est ça qui me chagrine, comprenez bien que même Superman Returns ou X-Men 3 (qui est pourtant un bien mauvais film) m’ont paru bien plus sincère et authentique que Spiderman 2 & 3. Inutile de dire que les films de super héros ont largement évolué et que Spiderman (le film) n’a rien d’exceptionnel face à The Dark Knight, Watchmen ou encore le splendide Hellboy 2. Le truc c’est que Sam Raimi a eu vent de tout ça et qu’il s’est dit; « je vais leur montrer que je sais encore faire des films comme avant. ». Parfait, ça part d’une bonne intention, mais le résultat est loin d’être à la hauteur, à mon sens tout du moins…

Jusqu’en enfer raconte l’histoire d’une jeune banquière qui va se voir jeter un sort parce qu’elle a fait saisir la maison sous hypothèque d’une vieille grand-mère un peu allumée. Pour se venger la grand-mère va jeter une malédiction dans le bouton de manteau de la jeune demoiselle. Dès lors il ne reste plus à la jeune fille que 3 jours avant que le démon ne vienne l’emporter. Ouhouh ça fait peur! Voilà pour le scénario qui tient sur un timbre poste et encore en écrivant gros. Mais là n’est pas vraiment le problème (Evil Dead ne possédait pas un scénario très recherché non plus), le problème c’est que le tout ne fonctionne pas. Hormis la scène d’intro qui fait son petit effet, car plutôt pas mal foutu (préparez-vous à avoir les tympans explosés), le reste du film s’enchaîne dans une monotonie affligeante.

Pour être hônnette, ça faisait longtemps que je ne m’étais pas autant fait chier dans une salle de cinéma, peut-être que je suis blasé me direz-vous, et c’est fort possible, car j’ai vu tellement de film de genre que je deviens peut-être plus critique lorsque j’en vois un. Mais là j’ai vraiment eu l’impression que Sam Raimi se foutait de ma gueule. D’abord la photographie, pardon mais on se croirait dans Les Frères Scott ou The O.C. (j’ai rien contre ces deux séries, bien au contraire, j’adore même The O.C.) et c’est vraiment pas ce que j’attendais pour le retour de Sam Raimi aux affaires dans le domaine de l’horrifique. On a constamment l’impression d’être dans un décors de Soap, c’est malheureux à dire mais c’est la vérité. Difficile de faire peur dans de telles conditions…

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Quand je vous dis que l’on se croirait dans un Soap…

La peur parlons-en, car pour un film horrifique (qui pour le coup relève plus de la comédie horrifique qu’autre chose) c’est un peu le point le plus important… Et bien figurez-vous que le film ne fait PAS peur, au mieux il vous fera sursauter… Mais de toute façon vous comprendrez très vite la mécanique, dès que la caméra se fige et que l’on entend plus un bruit c’est qu’un gros truc dégueulasse va vous sauter à la gueule. Ca marche une fois, deux fois, trois fois et après ça ne marche plus, car tout au long du film ce n’est QUE ça! C’est ce genre de truc qui tue l’immersion dans un film car une fois que l’on se concentre sur des défauts de réal, c’est FINI!

Un petit mot sur les acteurs qui sont vraiment mous du genoux, Justin Long qui avait un peu remonté dans mon estime avec le dernier Die Hard retombe très bas. Il a un rôle aussi consistant que celui qu’il avait dans Crossroads (autant dire pas grand chose). Et je ne vous raconte pas à quel point son personnage m’a énervé!! Je pense notamment au fait qu’il ne croit pas sa petite copine quand elle lui dit qu’elle a des visions et qu’il lui sort des répliques à la con du genre: « il faut te reposer ma puce », MAIS PUTAIN Sam Raimi qu’est-ce qui te prend là, tu nous prends pour des abrutis ou quoi?? Je vous passe la scène du repas chez les beaux-parents qui tourne au drame parce que la fille recommence à avoir des hallucinations en plein milieu du dîner.

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Bref, Jusqu’en enfer est cousu de fil blanc du début à la fin, Jusqu’en enfer ne fait pas peur et Jusqu’en enfer fait rire jaune tellement les blagues sont mauvaises et convenues. Si vous aimez les histoires de malédiction, je ne peux que vous recommander le roman « La Peau sur les Os » de Stephen King qui lui vous en donnera pour son argent. Et sinon d’un point de vue cinématographique si vous voulez une comédie horrifique qui ne se foute pas de votre gueule il y a Shaun Of The Dead ou l’excellent Fantômes contre Fantômes de Peter Jackson.

Moralité: Ce n’est pas parce que c’est Sam Raimi qui signe un film qu’il faut crier à l’exploit. Jusqu’en enfer est clairement une bonne farce qui n’atteindra jamais l’ingéniosité et le culot d’un Evil Dead à l’époque. Alors si les fans de World Of Warcraft jubilent de la nomination de Sam Raimi au poste de réalisateur qu’ils regardent les dernières productions de Del Torro ou de Peter Jackson et qu’ils les comparent aux dernières production de l’ami Raimi et ils comprendront ce qu’ils perdent…