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The Walking Dead, un jeu vidéo où vous écrivez vraiment l’histoire.

Retour sur un phénomène dans le microcosme du monde vidéoludique; The Walking Dead, inspiré de la bande dessinée du même nom. TWD est sorti en 2012 est a crée une mini révolution dans le monde très cloisonné et surtout très segmenté du jeu vidéo. Mon but n’est pas de vous faire dire que « TWD c’est le bien » (même si c’est un peu vrai), mais surtout de vous montrer à quel point ce jeu a su imposé un bon nombre de changement au milieu en lui même.

Note: J’utiliserai de manière répétée l’abréviation TWD pour The Walking Dead

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Une base solide

Le jeu vidéo s’intègre donc parfaitement dans l’univers de la bande dessinée…tout en la respectant. Ce dernier point est d’ailleurs primordial; en opposition avec la série télé qui a fait le paris de reprendre la trame du comics tout en se permettant de nombreuses disgressions (pour le meilleur, mais aussi pour le pire). Délivré de cette filiation trop directe, le jeu vidéo peut donc se permettre une certaine liberté, tout en utilisant un background déjà fort solide,et surtout en ne froisssant personne (les lecteurs de la première heure de la BD). A noter qu’il existe de nombreux clins d’oeil à la bande dessinée (vous croiserez quelques têtes connues (Glen pour ne citer que lui)). D’une certaine façon on peut dire que le jeu est bien plus fidèle à l’ambiance de la BD que ne l’est la série TV.

Evidemment ce qui fait la force de The Walking Dead (l’oeuvre dans sa globalité) est, certes son univers très mature et ultra violent (tant sur le plan physique que psychologique) mais surtout son universalité. The Walking Dead n’est pas une oeuvre sur les morts vivants…. Mais bien une oeuvre sur les vivants, des vivants confrontés à la mort (les zombies, la maladie, les meurtres…).  Tout l’intérêt de la série s’articule autour de la réaction des humains face à la mort et à la destruction de leur modèle sociale (les zombies ne sont qu’une image de la décomposition avancée d’une société; la thématique n’est pas nouvelle; cf l’Aube Des Morts Vivants -1978 de George A Romero). Les zombies ne sont qu’un danger comme un autre, par contre les humains représentent une menace bien plus grande pour eux mêmes.

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Dawn Of The Dead ou L’Aube de Morts Vivants est un film de George A. Romero. Paru en 1978, il n’est pas à proprement parler une suite de La Nuit Des Morts Vivants, mais prend place dans le même univers. Si les plus « caricaturistes » vous parleront de La Nuit Des Morts Vivants comme un simple film de zombies, ils oublient bien vite que le film avait une portée politique étonnante pour l’époque; c’est un des premiers films américain a mettre un personnage de couleur noire pour le rôle titre. Dawn Of The Dead est une satyre sociale virulente contre la société de consommation, que l’on adhère ou pas à la thèse de l’auteur elle n’en dénote pas moins d’une mise en abyme particulièrement intéressante. Parmis les images les plus choquantes on retiendra l’image des zombies continuant à faire machinalement leurs courses dans les rayons d’un supermarché (qu’est-ce qui les différencie vraiment des humains?) ou encore celle d’un groupe d’humain trouvant refuge dans un centre commercial flambant neuf qui sonne comme un refuge dans un monde infesté de zombies. La saga des Morts Vivants de George A. Romero a toujours été plus qu’une simple série horrifique sans cervelle, mais il faudrait plusieurs articles pour en parler comme il faut.

C’est en substance tout le sel de TWD; l’homme est un loup pour l’homme. Alors certes TWD utilise de nombreux code du film d’horreur actuel, mais ne s’en sert pas à outrance et sait garder sa patte artistique personelle. Pour parler plus spécifiquement du jeu vidéo, soulignons que c’est une des premières fois dans l’histoire des « jeux vidéos avec des zombies » que le but n’est pas de terrasser des morts vivants à coup de belles ou avec une sulfateuse. Sans entrer dans les détails de l’histoire, vous incarnez Lee Everett, un trentenaire au passé obscur (qu’il ne tiendra qu’à vous de découvrir) qui va se retrouver malgré lui responsable d’une fillette de 8 ans dans un monde infesté de zombies.

L'univers graphique, en adoptant le cel shading est ultra fidèle au Comics
L’univers graphique, en adoptant le cel shading est ultra fidèle au Comics

Ce principe, même s’il a déjà été exploité au cinéma (La Route pour ne citer que le plus récent), est assez récent dans le jeu vidéo (The Last Of Us a brillamment exploité cette idée également, mais d’une manière très différente; aucun choix n’est laissé au joueur)). Et de part la façon dont est pensé le jeu, ce point de départ ne pouvait que mener à des étincelles.

Le sens des responsabilités

Chaque choix que vous ferez dans TWD aura des conséquences, le jeu vous prévient dès l’écran titre. Si cette phrase n’est pas complètement vrai (certains choix n’ont qu’un impact très limité, voire inexistant sur l’histoire), elle a le mérite de cacher une autre vérité; « chaque choix que vous ferez vous renverra une image de vous-même ». Et c’est précisément sur ce point que TWD fait très fort, en brisant perpétuellement le quatrième mur.

Le quatrième mur est un concept initialement emprunté au théâtre. L’idée est que les personnages d’une scène de théâtre évoluent sur une scène fermée, la scène donne certes sur le public, mais il existe de base un mur de verre invisible entre les personnages et les spectateurs. Les personnages évoluent dans la pièce comme si les spectateurs n’étaient pas là. L’expression « briser le quatrième mur » s’applique lorsqu’un personnage s’adresse directement voire nominativement au spectateur, comme si le personnage de la pièce avait conscience de l’existence du public. Cela a normalement pour effet de favoriser l’immersion.

Le jeu vidéo, par le fait de sa nature propre implique forcément un contrôle du spectateur (en l’occurence le joueur) de l’histoire qui se déroule devant ses yeux. Forcément le joueur interagit sur une histoire et est le déclencheur d’un tas d’évènement. Cependant de nombreux jeux ne proposaient qu’un faux sentiment de liberté.

Donnerez vous de l'eau à un être humain à l'agonie qui deviendra de toute façon un zombie dans les heures à venir? Ou allez vous garder pour vous et vos amis malades le peu d'eau qu'il vous reste?
Donnerez vous de l’eau à un être humain à l’agonie qui deviendra de toute façon un zombie dans les heures à venir?
Ou allez vous garder pour vous et vos amis malades le peu d’eau qu’il vous reste?

Prenons l’exemple caricatural -certes- mais très simple d’un Call Of Duty (série qui a un peu près autant apporter au jeu vidéo en terme de mise en scène Hollywoodienne qu’elle lui a fait du mal en l’enfermant dans un carcan de « les joueurs de jeux vidéos sont tous des criminels machos analphabètes ». Dans le mode solo, il arrivera parfois que vous ayez une cible humaine à abattre dans vos objectifs de mission, le jeu vous donne le faux sentiment d’avoir une liberté de choix, celle d’abattre ou non la cible (après tout, c’est le joueur qui déclenche le tir avec sa manette), seulement en fait le joueur n’a aucun choix, car s’il ne tue pas sa cible, c’est game over. Le joueur n’a donc d’autre choix que de faire ce que le jeu veut bien lui faire faire. TWD innove en proposant au joueur des choix, ainsi il vous sera demandé de choisir entre abandonner ou pas un personnage à son propre sort, aider ou pas un personnage dans le besoin, vous mettre à voler ou pas pour aider vos proches, à tuer… ou pas… Le jeu continuera quoiqu’il arrive, et si un de vos acolytes meurt par votre faute, et bien tant pis pour vous, il vous faudra vivre avec ce choix sur la conscience.

TWD place donc en permanence le joueur face à la perception morale de ses propres actes, car la réaction des autres protagonistes vous renvoit une image de vous même (à condition de jouer le jeu, et de choisir ce que vous auriez choisi en condition réelle). L’autre force de TWD est qu’il n’y a pas de bons ou mauvais choix, il n’y a que des choix difficiles à faire, vous ne serez jamais un héro dans TWD, tout au plus un être humain responsable (et vous verrez que c’est déjà beaucoup).

Dans les épisodes précédents…

TWD a su populariser le marché du jeu vidéo dit « épisodique ». Mais qu’est-ce dont cela? C’est un concept relativement simple. Les jeux vidéo ont toujours été distribué via un mode de commercialisation très « unitaires », c’est à dire qu’un jeu est vendu dans son ensemble à un prix unitaire. TWD a su populariser un mode de commercialisation déjà existant mais peu usité; le format épisodique.

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Fatalement la construction du jeu en lui même pousse vers ce mode de commercialisation. Le jeu étant réparti sur cinq épisodes (en ce qui concerne la première saison), qui sont sortis à deux mois d’intervalle. Le joueur pouvait alors acheter un épisode à l’unité lors de sa sortie, ou « prépayer » l’ensemble lors de la sortie du premier épisode (en bénéficiant donc d’un rabais par rapport à ceux achetant l’épisode à l’unité). Le principe est exactement le même que si vous achetiez un épisode de votre série TV préféré sur un système de VOD. Cela peut paraître anodin mais dans le jeu vidéo c’était une pratique peu répandue avant TWD et qui est devenu courante aujourd’hui.

Tout le monde ne peut pas être d’accord

Alors TWD, n’a certes pas fait l’unanimité, certains intégristes du jeu vidéo lui ont reprochés d’être plus un film interactif qu’un jeu vidéo (rapellons que le concept est vieux comme le monde; Dragon’s Lair à l’époque était déjà un dessin animé interactif). Certains crieront même à l’escroquerie, mais c’est même personne ne sont pas choquées par la sortie annuelle de jeux comme FIFA qui à chaque années sontr proposés au prix fort. L’argument de « ce n’est pas un jeu vidéo donc c’est de la merde » est assez pathétique et non recevable. Admettons, TWD n’est PAS un jeu vidéo, mais un film interactf, quel est le problème? Bref, critique nulle et non pertinente.

On peut par contre reprocher au titre le fait que les choix du joueurs n’est pas autant d’impact que ça sur l’histoire principal, et encore ça serait pinailler, en particulier sur la saison 2 où vos choix vont être capital.

Je ne suis peut-être pas objectif sur TWD, tant j’ai adoré jouer à ce jeu et tant il m’a pris aux tripes, mais il convient de lui reconnaître des points forts incontournable; le sens de la mise en scène, les cliffhangers de malade et surtout l’émotion qu’il véhicule. Ne vous retenez pas et tentez l’expérience. Le jeu est disponible sur PC et toutes les consoles (PS3/4, Xbox360/One) en VOSTFR.

Comments

leammatt5
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Hello. J’ai également trouvé ce jeu fort sympa. Je pense que les fans du genre s’en sont délectés. En tout cas, c’est une bonne licence à découvrir. Ciao !

Claris
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Coucou. Perso, je suis une grande fan de The Walking Dead ! J’ai lu je ne sais où que Telltale Games allait bientôt le relancer. J’ai vraiment hâte de retrouver Clementine !

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