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Batman V Superman, la métaphore christique et les liens avec les Comic Book

Batman V Superman

Ne revenons pas sur Batman V Superman en lui-même, chef d’oeuvre ou navet, libre à chacun de se faire son idée. Superman, de par ses pouvoirs et sa naturelle bienveillance a toujours bénéficié d’une aura « christique » au sein de ses diverses apparitions sur grand écran. Dans le film de Zack Snyder, le Man Of Steel n’échappe pas à la règle. Mais pour la première fois, ce traitement est pour le moins réussi et intéressant. Plusieurs prérequis sont nécessaire pour apprécier ce billet, le premier étant d’avoir vu le film (vous savez donc ce qu’il vous reste à faire), pour le reste laissez-vous guider. Inutile de préciser que cet article va contenir un bon nombre de spoilers. Vous voilà prévenu!

La Lance de Longinus ou la Sainte Lance

La Lance de Longinus est la lance qui aurait servi à transpercer le flanc du Christ alors qu’il était encore sur la croix entraînant ainsi sa mort. Elle fut l’objet de nombreuses Croisades, et au fur et à mesure de l’Histoire, son existence a été maintes fois remise en questions, et plusieurs lances ont été désigné comme étant LA sainte relique. A ce jour, aucune preuve tangible n’a permis de confirmer son existence (un peu comme le Graal ou L’Arche d’Alliance). Le fait est que, cette lance fait l’objet de nombreux fantasmes cinématographiques ( Constantine, HellBoy ou bien évidemment le très controversé La Passion Du Christ). L’imagerie religieuse regorge de peintures représentant la fameuse scène de la mise à mort de Jesus par un soldat romain, retenons pour l’exemple celle de Fra Angelico datant probablement du XVème siècle. Au passage, vous noterez l’extrême similitude entre La Passion Du Christ et de la représentation du peintre Italien; petite note au passage pour dire que le film de Mel Gibson est plus une retranscription à la lettre des Evangiles et de leurs représentations artistiques au fil des âges qu’une réelle relecture de son réalisateur.

Mais revenons à nos moutons, puisque la Sainte Lance est bel et bien présente dans Batman V Superman, alors certes elle ne se veut pas être la Lance qui a tué le Christ, mais celle qui doit tuer le Sauveur (Superman). Elle sera construite par Bruce Wayne pour que Batman (l’homme) tue Superman (Dieu, ou du moins l’homme venu du ciel accomplissant des miracles). Il sera d’ailleurs prêt à tuer Superman avant que ce dernier réussisse à lui faire entendre raison (« Martha »; prénom de la mère de Bruce Wayne et de Clark Kent, provoquera un électrochoc dans la tête de Bruce Wayne, se voyant prêt à commettre le meurtre de Superman, à la même place que le meurtrier de ses propres parents au début du film). A propos de Martha, il est intéressant de noter que Martha a pour origine Marthe, or Marthe de Béthanie (Sainte Marthe), fut une disciple de Jesus qui lui offrit l’hospitalité (curieuse ressemblance avec Martha, la mère de Clark Kent qui offrit l’hospitalité à un petit bébé venu du ciel qui deviendra plus tard… Superman).

Le fusil de Tchekhov

Ou encore appelé paiement, procédé qui consiste à faire réapparaître un élément d’une intrigue qui était déjà apparu plus tôt dans le récit. En l’occurrence dans Batman V Superman, l’introduction qui nous présente l’assassinat des parents de Bruce Wayne, montre aussi les dernières paroles du père de Bruce Wayne: « Martha ». Ce prénom sera réutilisé par Superman agonisant devant Batman, faisant réagir ce dernier alors qu’il entend le nom de sa mère. Martha est donc la réplique qui fait basculer le film, cinématographiquement le « Martha » prononcé par Superman n’aurait aucun sens sans le « Martha » prononcé par le père de Bruce Wayne. Un fusil de Tchekhov s’il est mal masqué peut littéralement vous spoiler un film si vous avez l’œil aiguisé. L’appellation vient du fait que Tchekhov pensait qu’il ne faut pas montrer une arme à feu dans un acte si elle n’est pas utilisé plus tard. D’où le terme fusil de…Tchekhov. En cela, ce retournement de situation tant décrié n’est pas si idiot, car il renvoie Bruce Wayne à sa nature de potentiel meurtrier et lui fait se rendre compte de la bêtise qu’il s’apprête à commettre, par contre il aurait peut-être mérité d’être mieux amené.

 

Le positionnement de Superman (Dieu ou Homme)

Clark Kent en pleine introspection.
Clark Kent en pleine introspection.

Toute la dualité de Superman était déjà évoqué dans Man Of Steel, « Il sera un pariât, ils le tueront… » « Comment? Il sera un Dieu pour eux ». Si la thématique avait été mal exploité dans Man Of Steel, elle porte ses fruits dans BvS. Les actions de Superman le place tantôt en Dieu sauveur de l’Humanité, tantôt en véritable meurtrier. Superman doit donc faire un choix; celui d’endosser pleinement son rôle de sauveur (poussant la métaphore Christique à son paroxysme, à ce titre la mort de Superman dans le film était acquise dès lors qu’il refuse d’abandonner son rôle de super héro (la discussion imaginaire avec son père)). En acceptant son rôle de sauveur, il accepte aussi son sacrifice et sa mort certaine (tout comme Jesus accepte sa mort prochaine en l’annonçant à ses disciples). Cette dualité marque une véritable différence dans l’approche de Superman sur un plan cinématographique. Si tous les films l’ont toujours dressé en Dieu, jamais il n’a été représenté en humain qui doute et encore moins en Dieu humain se sacrifiant pour l’humanité. Dans cet univers, Clark Kent a le choix d’être Superman ou de ne pas l’être; d’être le sauveur de l’humanité ou un humain comme tous les autres. Tous les autres films Superman ne lui laisse guère le choix que d’être ce super héro invincible en étouffant presque sa dimension humaine (ses sentiments et ses doutes notamment).

En revoyant Man Of Steel après Batman V Superman, il est clair que le projet de BvS était déjà dans la tête de Zack Snider, et finalement Man Of Steel n’est qu’une grande (et longue!) introduction à l’univers Dc Comics.

Passons donc à la scène clôturant cette métaphore avec la scène du combat final contre Doomsday. Parler de cette scène pourrait facilement prendre des heures, alors je me bornerai à en sortir les éléments les plus forts.

L’apparition de la Trinité

La Trinité DC Comics
La Trinité DC Comics

Là encore, la Trinité au sens Christianique du terme définie l’existence du Père, du Fils et du Saint Esprit pour symboliser Dieu. Dans l’univers de DC Comics, la Trinité DC est incarnée par Batman, Superman et Wonder Woman (notion instaurée la première fois par Matt Wagner avec Trinity). Cette trinité deviendra culte pour tous les fans de DC Comics qui se respectent. Le dénouement du film nous offre la possibilité de voir pour la première fois cette trinité sur grand écran. Cette apparition peut surprendre car la Justice League n’est pas encore officiellement formée, et qu’en théorie, l’affrontement entre Doomsday et Superman marque une cassure dans la Justice League. Dans l’univers de Zack Snyder, cet affrontement aboutira à la naissance de la Justice League, différence notable avec le Comics là encore, où la Justice League est déjà formée depuis longtemps et se casse les dents sur Doomsday.

Batman, WonderWoman et Superman
Batman, WonderWoman et Superman

Sans surprise, Superman va se sacrifier juste après avoir échangé quelques mots avec Loïs, lui expliquant qu’elle est son monde (à lui l’humain), mais que cette planète est aussi son monde (à lui le Dieu). Superman accepte sa situation de super héro et en assume pleinement les responsabilités, mais il ne renie pas non plus son humanité, même s’il préfère se sacrifier plutôt que rester avec Loïs. Il s’empare de la lance et fonce vers Doomsday, en lui enfonçant la lance en pleine poitrine. Doomsday répliquera en transperçant le cœur de Superman (ce n’est finalement pas la lance qui tuera Superman mais bien l’extraterrestre (comme dans le comics)).

A ce titre on pourra toujours arguer que le film ne suit pas la exactement la trame du comics (le sort de la Justice League), mais il est impossible de dire que le film ne « respecte » pas le comics. Chaque image de cette scène pourrait sortir d’un comics tant elles sont fidèles au format papier.

C’est après cette scène que la symbolique Christique est encore plus forte puisque Superman va être descendu du mont de pierre sur lequel il s’est sacrifié pour sauver l’humanité par… Batman et Wonder Woman (souvenez-vous la trinité DC). Notez au passage la présence de la croix en arrière plan. Dieu est mort, reste l’homme; Clark Kent, mort lui aussi (inévitablement). Loïs pleure cette mort (de Clark Kent, pas de Superman), comme Marie au pied de la croix pleurait la mort de Jésus (et pas forcément celle de la mort du fils de Dieu, mais celle de son fils, miracle venu du ciel). Visuellement la scène rappelle inévitablement celle de La Passion Du Christ mais aussi toutes les œuvres d’art représentant la descente de la croix.

Le plan final montre Superman dans les bras de Loïs avec Batman et Wonder Woman tel des apôtres, là encore, pardon mais le plan est tellement proche de celui de La Passion Du Christ que je ne peux m’empêcher de faire la comparaison. Par ailleurs notez que la caméra effectue un dézoom sur plan horizontal suggérant que… Superman n’est pas définitivement mort, si le réalisateur avait voulu montrer la mort de Superman, il aurait filmé la scène en plan zénithal, la caméra s’élevant vers les cieux. D’ailleurs si vous connaissez la culture chrétienne, vous pouvez vous douter de ce qui va arriver à Superman d’ici trois jours (en fait je vous spoile le film Justice League à paraître en 2017!).

La mort de Superman est un évènement cataclysmique pour l’univers des supers héros,et au final sa mort en guise de formation de la Justice League est un évènement fort. A noter que ce sera peut-être l’occasion d’un rapprochement entre Batman et Wonder Woman. La possibilité est esquissée dans les comics.

Batman et WonderWoman

Les autres « choses » à voir dans le film:

Le « rêve » de Bruce Wayne

Bruce fait un rêve où il voit une Metropolis ravagée (que l’on pourrait qualifier de post apocalyptique), avec un grand Omega dessiné dans le sable. Omega est le signe de DarkSeid qui sera donc probablement LE grand méchant de ce DC Universe. On aperçoit aussi les para démons, mais surtout un Superman semblant avoir complètement perdu les pédales, il semble reprocher à Batman quelque chose « Tu me l’as prise ». De qui parles-t’il, Loïs, Martha? A ce stade, assez dur de répondre. Pourtant dans la scène qui suit, Bruce Wayne semble avoir une vision, celle d’un homme qui lui parle au travers d’un halo bleue. Cet homme c’est Flash (incarné par Ezra Miller (il est crédité dans le générique pour ce rôle), et il apporte plusieurs éléments importants à Bruce Wayne.

Les trois enseignements de Flash

« Loïs Lane est la clé », Flash dit clairement cette phrase, elle est donc probablement à corréler à celle prononcée par Superman (« Tu me l’as prise ») dans le rêve précédent; il existerait un univers où Loïs meurt par la faute de Batman, ce qui rendrait Superman fou de rage et le ferait régner en despote sur Terre (c’est la trame utilisée dans Injustice). Il crée donc une armée né répondant qu’à ses ordres (cf les écussons des soldats) et pactiserait avec Darkseid (présence des paradémons).

Flash dit aussi que Bruce « avait raison à propos de lui ». Il s’agit probablement de Superman; Bruce Wayne a toujours fait preuve d’une grande méfiance envers Superman, et probablement que ses craintes se sont confirmées dans un univers parallèle. Cela reste évidemment à confirmer, mais à qui d’autre le « lui » peut-il faire référence?

Enfin, Flash demande à Bruce de les « réunir », il l’invite donc à former la ligue des Justiciers. C’est là où le film prend ses distances avec le comics, Batman devient le chef de la Justice League et la mort de Superman va signer la naissance de la Justice League, alors que dans le comics, la Justice League se retrouve très fragilisée par la mort de Superman. A noter que cela confirme la volonté des studios de placer Batman en tête de gondole de la Justice League (devant Superman, c’est une démarche assez logique, Batman ayant toujours était plus « vendeur » que Superman au cinéma).

La genèse de Superman

La première apparition de Superman en Comics remonte à 1938, hors on entend Perry au Daily Planet invectiver Clark Kent: « Nous ne sommes plus en 1938. » c’est un clin d’oeil au premier numéro de Action Comics où apparaît Superman pour la première fois.

La première apparition de Superman en Comics
La première apparition de Superman en Comics

Robin

Dans la BatCave on peut apercevoir le costume de Robin taggué avec la phrase « Jokes on You Batman » (Traduit dans la VF par Tel est pris qui croyait prendre). C’est clairement une séquelle d’un affrontement passé entre Batman et le Joker. En fait l’identité de Robin est initialement Dick Grayson. Il est le « fidèle acolyte » de Batman. Il deviendra NightWing quand il découvrira que Barbara Gordon est en fait Batgirl. A noter qu’il prendra pendant quelques temps le costume de Batman quand ce dernier aura « disparu ». C’est ce qu’on suppose à la fin de la trilogie de Christopher Nolan puisque Dick Grayson accède à la Batcave et on apprend que son nom est en fait Robin. Dans l’univers de Batman V Superman, il semblerait qu’on fasse plus allusion à Jason Todd, dans le comics Jason Todd est recruté par Batman pour devenir le nouveau Robin (après le départ de Dick Grayson). Jason Todd est beaucoup plus fougueux que Dick Graynes. Il se fera capturer et tuer par le Joker, ce qui provoquera une vague de culpabilité chez Batman. C’est probablement à ça que fait allusion la phrase « Jokes On You Batman ». Probablement que dans l’univers de Batman V Superman, Robin a été tué par le Joker et que Batman garde dans la Batcave le costume de son défunt partenaire. A noter que c’est également une référence au roman graphique de Franck Miller, puisque là aussi Batman conserve le costume du défunt Robin dans la Batcave.

Il est fort possible que ce que l’on aperçoit dans la bande annonce de Sucide Squad corresponde à la mise à mort de Robin, on voit le Joker s’adresser à quelqu’un en lui disant « It Will Hurt really bad », rappelant la planche du comic book. Tout cela sera reste à confirmer, mais ça semblerait logique. Suicide Squad se passerait donc chronologiquement avant Batman V Superman. Ce qui expliquerait la phrase de Batman « On a un mauvais souvenir des gens déguisés en clown par ici », laissant supposer que l’affrontement avec le Joker a déjà eu lieu.

It will hurt really bad – Trailer Suicide Squad

Le Batman de Franck Miller

Déjà évoqué plus haut mais le Batman de Znyder est très proche de celui de Franck Miller, en particulier lors de la scène d’affrontement entre Batman et Superman. Je pense que les images parlent d’elle même.

Mais alors le grand méchant, c’est qui?

Probablement Dark Seid, les symboles Omega dans la vision de Bruce Wayne ne laisse guère de doute. A noter que la version longue de Batman V Superman apporte d’autres informations, notamment la fameuse scène « communion » où l’on voit Lex Luthor face à Yuga Khan (père de DarkSeid). Notez au passage qu’on aperçoit aussi les Mother Boxes qui seront utilisées par DarkSeid (elles sont également utilisée par Silas Stone).

Le clin d’oeil à Terminator

Le docteur Silas Stone est aperçu dans les données volées par Bruce Wayne à Lex Luthor concernant les autres méta humains (WonderWoman, Aquaman, Flash). On le voit en train de « bidouiller » un corps. Ce corps c’est celui de son fils, Victor Stone, gravement blessé pendant un accident. Son père le docteur Silas Stone va tout faire pour lui faire perde son handicap et va faire de lui un cyborg. C’est la scène que l’on voit dans le film. Le fait amusant dans cette affaire c’est que le docteur Stone est incarné par Joe Morton, et Joe Morton incarne Miles Dyson qui n’est d’autre que le fondateur de Cyberdyne, la société qui est à l’origine de… Skynet (les cyborgs, tout ça). Bref, c’est très bien trouvé!

J’en ai terminé pour cette petite review des choses sympas sur Batman V Superman. Il y a surement un tas d’autres choses à dire, mais ça me tenait à coeur de défendre un peu ce film qui s’est littéralement fait déglinguée par la critique. Pardon pour les fautes d’orthographe et de grammaire, n’hésitez pas à me les signaler je les corrigerai. Évidement n’hésitez pas à partager vos impressions sur le film.

Oblivion de Joseph Kosinski, chef d’oeuvre mésestimé

Oblivion

Oblivion est un film réalisé par Joseph Kosinski, sorti en 2013.  Tom Cruise y incarne Jack Harper, un homme chargé d’évacuer toutes les réserves d’eau de la planète Terre pour les exporter vers une lune de Saturne. La raison est simple, en 2077 la Terre est attaquée par une entité extra-terrestre. Les humains remportent la guerre, mais uniquement en atomisant littéralement la planète à coup de bombes nucléaire. La vie devient donc quasi impossible sur la planète bleue. L’humanité migre donc vers une lune de Saturne: Titan, seul astre connu au moment des événements pour accueillir la vie. Certains humains sont chargés de surveiller des installations gigantesques sur Terre ayant pour objectif de pomper toute l’eau à la surface du globe pour l’envoyer vers Titan.

La mission Odyssey chargée d'explorer le Tet.
La mission Odyssey chargée d’explorer le Tet.

Ce billet consiste en une mini analyse du film, nous allons donc allègrement spoiler. Je vous aurai prévenu.

Préambule

Pour resituer les choses, tout le sel d’Oblivion réside dans son scénario. Le spectateur va découvrir en même temps que Jack que les humains ont en fait perdu la guerre face aux extraterrestres. Au delà de ce constat, Jack va se rendre compte qu’il n’est pas Jack Harper, mais un clone de Jack Harper.

Le Tet, surplombant la Terre.
Le Tet, surplombant la Terre.

Le vrai « Jack Harper » était le chef d’une opération de la Nasa visant à explorer un objet étrange en orbite autour de la Terre: le Tet. Au cours de cette expédition Jack et Victoria (une des membres de l’expédition, secrètement amoureuse de Jack par ailleurs) vont tomber aux mains d’une intelligence extraterrestre qui va étudier leur code génétique, et les cloner. Seule Julia (femme de Jack), qui était aussi présente dans la navette spatiale chargée d’explorer le Tet survivra, car mise en hyper-sommeil dans un caisson d’évacuation par Jack juste avant que l’entité extraterrestre n’accède au vaisseau. Jack de part cet acte revêt déjà un caractère de sauveur, car c’est cet acte précis qui permettra la survie de Julia et donc de l’humanité (nous y reviendrons plus tard).

Jack et Victoria seront donc capturés et leur ADN muté pour: faire d’eux des humains parfaits et d’excellents combattants. Leur mémoire sera supprimée pour que leurs souvenirs n’interférent pas dans leur nouvel objectif qui sera de détruire l’espèce humaine. Des clones de Jack Harper vont donc « descendre des cieux » pour éliminer l’espèce humaine (référence à l’Apocalypse selon Saint Jean et les chevaliers de l’Apocalypse descendant des cieux).

Les imposantes stations de pompage des réserves d'eau planétaire. Notez la position de Jack défaitiste face à cette situation.
Les imposantes stations de pompage des réserves d’eau planétaire. Notez la position de Jack défaitiste face à cette situation.

Quand l’extinction fut terminée, Jack fut « reprogrammer » pour faire fonctionner les centrales de drainage d’eau. Pour éviter qu’il ne se sente trop seul et pour s’assurer que Jack mène sa fonction à bien, l’intelligence extraterrestre fait en sorte que Jack travaille en duo avec un clone de Victoria. Jack et Victoria sont assez différent, Victoria n’aspire qu’à quitter la Terre pour rejoindre Titan, Jack, lui, espère secrètement rester sur Terre (c’est pour cela qu’il cultive un « jardin secret » à l’abris de Victoria, mais également du Tet).

Le Jardin Secret de Jack

Sur Terre, Jack se rend régulièrement dans une zone interdite que l’intelligence du Tet refuse qu’il visite. Cette zone est un endroit où la nature a repris ses droits malgré la radioactivité; un lac, de l’herbe, des arbres, une cabane que Jack a lui même construit. Il y entrepose tous les vestiges de la civilisation précédente (casquette d’une équipe de Baseball –qui peut être vu comme une référence à La Guerre Des Mondes de Steven Spielberg d’ailleurs-), vinyls, vêtements… Des souvenirs d’une époque révolue en somme. Des souvenirs que Jack n’arrive pas à se remémorer formellement mais qui lui rappelle son lien indescriptible avec la Terre, avec sa vie d’avant. Cependant il a l’impression qu’il lui manque encore quelque chose, et que même s’il adore cet endroit; cette cabane, ce lac, il ne sait pas pourquoi.

Jack cultive une plante en secret. C'est ce qui le lie à la Terre, son anti-Oblivion, ce qui lui rappelle ses origines.
Jack cultive une plante en secret. C’est ce qui le lie à la Terre, son anti-Oblivion, ce qui lui rappelle ses origines.

La plante que Jack cultive est son seul espoir, l’espoir de voir renaître la vie sur une Terre dévastée par la radioactivité. Quand sa plante verdira et fleurira, il s’empressera de l’offrir à Victoria. Le personnage de Victoria commettra alors le premier meurtre du film en se débarrassant immédiatement de la plante en question en expliquant son geste à Jack par le fait que la plante soit peut-être radioactive.

Victoria, l’arme principale de l’Oblivion

Victoria pourrait sembler avoir mieux répondu au processus d’effaçage de mémoire de l’entité extraterrestre. Elle fait tout pour que Jack accomplisse sa mission sereinement, elle n’aspire qu’à quitter la Terre et semble tout faire pour que Jack ne se préoccupe que d’elle (la mission du Tet mis à part). La vérité est que ses souvenirs n’ont pas été totalement détruit non plus. Elle se souvient d’avoir aimé Jack, et probablement qu’elle l’aime toujours.

La scène de sexe entre Jack et Julia est l’une des plus réussies cinématographiquement parlant. Notez bien les couleurs bleues (traditionnellement associées au froid) nettement dominante (nous y reviendrons plus tard).

Un dîner aux chandelles, dans une atmosphère futuriste, ultra épurée.
Un dîner aux chandelles, dans une atmosphère futuriste, ultra épurée.
Le baiser de l’Oubli
Cette splendide scène illustre à elle seule le rôle d'inducteur d'amnésie du site où vivent Jack et Victoria... Seuls au monde dans une tour, un mini paradis, nus comme des verres. On pourrait pousser la comparaison jusqu'à Adam et Eve, mais nous n'irons pas jusque là. (Bien que un homme et une femme seuls sur Terre...)
Cette splendide scène illustre à elle seule le rôle d’inducteur d’amnésie du site où vivent Jack et Victoria… Seuls au monde dans une tour, un mini paradis, nus comme des vers. Il existe une opposition nette entre le bleu froid de cette maison perchée loin du sol et la réalité du sol verdoyant de la cabane de Jack. On pourrait pousser la comparaison jusqu’à Adam et Eve, mais nous n’irons pas jusque là. (Bien que… un homme et une femme seuls sur Terre…)

 

Le retour de Julia, puissante inductrice de mémoire

La capsule de Julia lors de son retour sur Terre.
La capsule de Julia lors de son retour sur Terre.

Un beau matin, Jack verra une navette de sauvetage s’écraser. Il se rendra sur les lieux du crash et trouvera une survivante en hyper sommeil: Julia. Quand il la voit, il a l’impression de connaître cette femme (et pour cause Julia est sa femme). Il ne se souvient pas encore qu’elle était sa femme (du moins la femme de Jack Harper). Le réveil de Julia agira comme un catalyseur pour Jack, elle le conduira a désobéir au Tet, a abandonné Victoria et… à sortir de l’Oblivion (l’oubli). Jack emmènera Julia dans son havre de paix et la discussion qu’il aura avec elle expliquera toute la philosophie du film.

Julia: [ « A Whiter Shade of Pale » par Procol Harum] Tu as toujours aimé cette chanson.
Jack Harper: Je ne suis pas lui. Je le sais. Mais je t’ai aimé… Dans tous mes souvenirs tu étais là. Je ne sais pas quoi dire de plus.
Julia: Tu te souviens de ce que tu m’as dis autrefois? Tu m’as dit, qu’un jour tu me construirais une maison au bord d’un lac. Nous y vivrons et nous y vieillirons, jusqu’à ce que l’on devienne vieux et gros. Peut être même que l’on boira un peu trop…
Jack Harper: Très romantique.
Julia: Et ensuite nous mourons et nous serons enterrés tous les deux dans une praire. Et le monde nous oubliera. Mais, nous, nous ne nous oublierons pas.
Jack Harper: Je me souviens…
Julia: Ces souvenirs sont à toi Jack. Ils sont les tiens. Ils sont toi.

Le dialogue clé entre Julia et Jack.
Le dialogue clé entre Julia et Jack.
La scène de sexe n'est pas montré mais sous entendu. Notez que c'est la première fois du métrage où l'on perçoit des couleurs chaudes (qui sont d'ailleurs la seule source de lumière de la scène). Julia va tomber enceinte cette nuit là.
La scène de sexe n’est pas montré mais sous entendu. Notez que c’est la première fois du métrage où l’on perçoit des couleurs chaudes (qui sont d’ailleurs la seule source de lumière de la scène).
Julia va tomber enceinte cette nuit là.

C’est le moment du film où Jack prend conscience de son humanité, et prend conscience que l’humanité n’est pas liée à un code génétique (le sien a été modifié, pourtant il se souvient de tout) mais à l’âme. Et ce qui le définit n’est pas son ADN mais ses souvenirs. Jack prononcera une phrase à la fin du film qui synthétise toute cette pensée.

Jack Harper: Si nous avons une âme, elle est faite de l’amour que l’on a partagé. Inusable par le temps et non liée à la mort.

« Rêves de nous »

La séquence qui nous intéresse maintenant est celle où Jack et Julia contemple le tableau Christina’s World dans les ruines du Musée d’Art Moderne. Je vous propose de la regarder.

Ce tableau a été peint en 1948 par Andrew Wyeth, il représente une femme rampant dans un champ scrutant une maison au loin. Le peintre s’est inspiré de sa voisine qui était atteinte de poliomyélite, cette dernière ne pouvait plus se servir de ses jambes. Le choix de ce tableau dans Oblivion n’est pas un hasard. Si la peinture est quelque part fataliste, elle véhicule aussi l’idée que l’Homme fait partie de la Terre (les jambes paralysées, la femme est littéralement clouée au sol). Evidemment ce tableau rappelle donc inévitablement le personnage de Jack Harper, qui tout au long du film se sent lié à la Terre et son environnement (il cultive des fleurs, s’est construit une cabane dans un endroit où la nature a repris ses droits à l’abris de Victoria etc). Par ailleurs ce tableau sera repris par Julia à la fin du film, elle l’installera dans la cabane de Jack. Ce choix presque anodin, est en fait le cœur du film. Rappelez vous, Oblivion renvoie à l’oubli. Julia reprend ce tableau pour ne pas oublier; ne pas oublier la Terre, ne pas oublier Jack.

Jack et Julia regardant dans la même direction.
Jack et Julia regardant dans la même direction.

Julia et Jack regardent ensemble dans la même direction, sous une lumière tamisée chaude (opposition avec la confrontation glaciale avec Victoria). En arrière plan, une statue d’un saint ou d’un prêtre (si quelqu’un est capable d’identifier formellement cette statue, je suis preneur). Cette scène fait presque office de mariage entre Jack et Julia.

Notez comme le cadre du tableau est parallèle avec le cadrage de l'image. Mise en abyme évidente.
Notez comme le cadre du tableau est parallèle avec le cadrage de l’image.
Mise en abyme évidente. Par ailleurs, l’échelle et les livres (seul vestige de la civilisation précédente) suggère que seul les souvenirs peuvent permettre à l’Homme d’accéder à un état supérieur.

Dans la séquence suivante, la caméra filme le contre-champ, et là le cadrage du tableau cadre avec celui de l’image que voit le spectateur, c’est une mise en abyme. Le spectateur est témoin de l’union de Jack et Julia, eux même témoins de l’attachement de l’Humanité avec la nature et la Terre (Julia: « It reminds me of home »). Le spectateur est aussi témoin du sacrifice que Jack et Julia s’apprêtent à accomplir pour sauver l’Humanité. Il existe donc une double symbolique; l’union des deux personnages (ils se tiennent la main sous le regard d’une statue aux allures biblique et du spectateur), et l’union des Hommes avec la nature.

La bombe et sa couleur rosée.
La bombe et sa couleur rosée.

Le plan suivante est centré sur la bombe qui est sensée faire exploser le Tet et donc libérer l’espèce humaine de l’aliénation extra terrestre. Notez que c’est quasiment la première fois dans le film qu’une couleur aussi vive et chaude est présente à l’écran. Le rose fuschia représente l’exact opposé du bleu de la police d’écriture du titre Oblivion; c’est l’anti-thèse parfaite de l’oubli. Dans la scène suivante, Jack accompagne Julia dans le caisson qui doit la conduire dans le Tet. Dans cette position, les lumières du caisson orne Julia d’une auréole. C’est pour illustrer son caractère angélique (rappelez-vous qu’elle est venue des cieux et que de par son sacrifice elle s’apprête à sauver le monde). Jack et Victoria s’embrassent; noter la puissance de la musique (première fois dans le film où la musique devient autant enveloppante). On pourrait facilement imaginer aussi avec ce plan qu’un peu en dessous de Jack et Julia on retrouve leur enfant. Mais leur enfant n’est pas encore de ce monde (Julia est en fait enceinte à cet instant précis), par contre c’est la lumière de la bombe qui les éclaire. Le fruit de leur amour est donc la bombe qui va sauver l’humanité.

Noter la présence de l'éclairage interne du caisson qui donne à Julia une auréole.
Noter la présence de l’éclairage interne du caisson qui donne à Julia une auréole.
Julia auréolée.
Julia auréolée.
La lumière rose de la bombe illumine les visages de Julia et Jack.
La lumière rose de la bombe illumine les visages de Julia et Jack.

Dans le plan suivant Jack allonge Julia dans le caisson et lui demande de « rêver d’eux » (Dream of us). Il sait maintenant que le rêve, les souvenirs et l’amour sont les seules choses qui transcendent tout (thématique reprise quelques années plus tard dans Interstellar de Christopher Nolan). C’est la seule chose qu’il puisse lui demander de faire (il sait qu’il ne la reverra pas).

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"Dream Of Us"
« Dream Of Us »

Julia s’endort et tombe en hyper-sommeil, dans ce que l’on pourrait qualifier d’un cercueil. Jack sort le caisson du repère, les portes s’ouvrent, on a l’impression qu’il amène vers la lumière le corps de Julia, la référence à Lazare (qui va bientôt se réveiller de son tombeau) est évidente.

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Lazare lèves-toi

En conclusion

Vous l’aurez compris je vous un culte à Oblivion, pouvant être pris à tord pour un gros blockbuster qui tâche, il est en fait l’un de ces films de science fiction qui ne marquera ses spectateurs que quelques années plus tard; lorsque l’on dira « Ah oui celui là il était quand même à part ». J’ai préféré abordé le film par la relation qu’entretient Jack Harper avec les différents personnages du film, j’aurai pu aussi bien l’aborder par son côté hommage cinématographique (2001 l’Odysée de l’espace, pour ne citer que lui). Bref, savourez ce film si vous ne l’avez toujours pas vu.

 

The Walking Dead, un jeu vidéo où vous écrivez vraiment l’histoire.

Retour sur un phénomène dans le microcosme du monde vidéoludique; The Walking Dead, inspiré de la bande dessinée du même nom. TWD est sorti en 2012 est a crée une mini révolution dans le monde très cloisonné et surtout très segmenté du jeu vidéo. Mon but n’est pas de vous faire dire que « TWD c’est le bien » (même si c’est un peu vrai), mais surtout de vous montrer à quel point ce jeu a su imposé un bon nombre de changement au milieu en lui même.

Note: J’utiliserai de manière répétée l’abréviation TWD pour The Walking Dead

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Une base solide

Le jeu vidéo s’intègre donc parfaitement dans l’univers de la bande dessinée…tout en la respectant. Ce dernier point est d’ailleurs primordial; en opposition avec la série télé qui a fait le paris de reprendre la trame du comics tout en se permettant de nombreuses disgressions (pour le meilleur, mais aussi pour le pire). Délivré de cette filiation trop directe, le jeu vidéo peut donc se permettre une certaine liberté, tout en utilisant un background déjà fort solide,et surtout en ne froisssant personne (les lecteurs de la première heure de la BD). A noter qu’il existe de nombreux clins d’oeil à la bande dessinée (vous croiserez quelques têtes connues (Glen pour ne citer que lui)). D’une certaine façon on peut dire que le jeu est bien plus fidèle à l’ambiance de la BD que ne l’est la série TV.

Evidemment ce qui fait la force de The Walking Dead (l’oeuvre dans sa globalité) est, certes son univers très mature et ultra violent (tant sur le plan physique que psychologique) mais surtout son universalité. The Walking Dead n’est pas une oeuvre sur les morts vivants…. Mais bien une oeuvre sur les vivants, des vivants confrontés à la mort (les zombies, la maladie, les meurtres…).  Tout l’intérêt de la série s’articule autour de la réaction des humains face à la mort et à la destruction de leur modèle sociale (les zombies ne sont qu’une image de la décomposition avancée d’une société; la thématique n’est pas nouvelle; cf l’Aube Des Morts Vivants -1978 de George A Romero). Les zombies ne sont qu’un danger comme un autre, par contre les humains représentent une menace bien plus grande pour eux mêmes.

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Dawn Of The Dead ou L’Aube de Morts Vivants est un film de George A. Romero. Paru en 1978, il n’est pas à proprement parler une suite de La Nuit Des Morts Vivants, mais prend place dans le même univers. Si les plus « caricaturistes » vous parleront de La Nuit Des Morts Vivants comme un simple film de zombies, ils oublient bien vite que le film avait une portée politique étonnante pour l’époque; c’est un des premiers films américain a mettre un personnage de couleur noire pour le rôle titre. Dawn Of The Dead est une satyre sociale virulente contre la société de consommation, que l’on adhère ou pas à la thèse de l’auteur elle n’en dénote pas moins d’une mise en abyme particulièrement intéressante. Parmis les images les plus choquantes on retiendra l’image des zombies continuant à faire machinalement leurs courses dans les rayons d’un supermarché (qu’est-ce qui les différencie vraiment des humains?) ou encore celle d’un groupe d’humain trouvant refuge dans un centre commercial flambant neuf qui sonne comme un refuge dans un monde infesté de zombies. La saga des Morts Vivants de George A. Romero a toujours été plus qu’une simple série horrifique sans cervelle, mais il faudrait plusieurs articles pour en parler comme il faut.

C’est en substance tout le sel de TWD; l’homme est un loup pour l’homme. Alors certes TWD utilise de nombreux code du film d’horreur actuel, mais ne s’en sert pas à outrance et sait garder sa patte artistique personelle. Pour parler plus spécifiquement du jeu vidéo, soulignons que c’est une des premières fois dans l’histoire des « jeux vidéos avec des zombies » que le but n’est pas de terrasser des morts vivants à coup de belles ou avec une sulfateuse. Sans entrer dans les détails de l’histoire, vous incarnez Lee Everett, un trentenaire au passé obscur (qu’il ne tiendra qu’à vous de découvrir) qui va se retrouver malgré lui responsable d’une fillette de 8 ans dans un monde infesté de zombies.

L'univers graphique, en adoptant le cel shading est ultra fidèle au Comics
L’univers graphique, en adoptant le cel shading est ultra fidèle au Comics

Ce principe, même s’il a déjà été exploité au cinéma (La Route pour ne citer que le plus récent), est assez récent dans le jeu vidéo (The Last Of Us a brillamment exploité cette idée également, mais d’une manière très différente; aucun choix n’est laissé au joueur)). Et de part la façon dont est pensé le jeu, ce point de départ ne pouvait que mener à des étincelles.

Le sens des responsabilités

Chaque choix que vous ferez dans TWD aura des conséquences, le jeu vous prévient dès l’écran titre. Si cette phrase n’est pas complètement vrai (certains choix n’ont qu’un impact très limité, voire inexistant sur l’histoire), elle a le mérite de cacher une autre vérité; « chaque choix que vous ferez vous renverra une image de vous-même ». Et c’est précisément sur ce point que TWD fait très fort, en brisant perpétuellement le quatrième mur.

Le quatrième mur est un concept initialement emprunté au théâtre. L’idée est que les personnages d’une scène de théâtre évoluent sur une scène fermée, la scène donne certes sur le public, mais il existe de base un mur de verre invisible entre les personnages et les spectateurs. Les personnages évoluent dans la pièce comme si les spectateurs n’étaient pas là. L’expression « briser le quatrième mur » s’applique lorsqu’un personnage s’adresse directement voire nominativement au spectateur, comme si le personnage de la pièce avait conscience de l’existence du public. Cela a normalement pour effet de favoriser l’immersion.

Le jeu vidéo, par le fait de sa nature propre implique forcément un contrôle du spectateur (en l’occurence le joueur) de l’histoire qui se déroule devant ses yeux. Forcément le joueur interagit sur une histoire et est le déclencheur d’un tas d’évènement. Cependant de nombreux jeux ne proposaient qu’un faux sentiment de liberté.

Donnerez vous de l'eau à un être humain à l'agonie qui deviendra de toute façon un zombie dans les heures à venir? Ou allez vous garder pour vous et vos amis malades le peu d'eau qu'il vous reste?
Donnerez vous de l’eau à un être humain à l’agonie qui deviendra de toute façon un zombie dans les heures à venir?
Ou allez vous garder pour vous et vos amis malades le peu d’eau qu’il vous reste?

Prenons l’exemple caricatural -certes- mais très simple d’un Call Of Duty (série qui a un peu près autant apporter au jeu vidéo en terme de mise en scène Hollywoodienne qu’elle lui a fait du mal en l’enfermant dans un carcan de « les joueurs de jeux vidéos sont tous des criminels machos analphabètes ». Dans le mode solo, il arrivera parfois que vous ayez une cible humaine à abattre dans vos objectifs de mission, le jeu vous donne le faux sentiment d’avoir une liberté de choix, celle d’abattre ou non la cible (après tout, c’est le joueur qui déclenche le tir avec sa manette), seulement en fait le joueur n’a aucun choix, car s’il ne tue pas sa cible, c’est game over. Le joueur n’a donc d’autre choix que de faire ce que le jeu veut bien lui faire faire. TWD innove en proposant au joueur des choix, ainsi il vous sera demandé de choisir entre abandonner ou pas un personnage à son propre sort, aider ou pas un personnage dans le besoin, vous mettre à voler ou pas pour aider vos proches, à tuer… ou pas… Le jeu continuera quoiqu’il arrive, et si un de vos acolytes meurt par votre faute, et bien tant pis pour vous, il vous faudra vivre avec ce choix sur la conscience.

TWD place donc en permanence le joueur face à la perception morale de ses propres actes, car la réaction des autres protagonistes vous renvoit une image de vous même (à condition de jouer le jeu, et de choisir ce que vous auriez choisi en condition réelle). L’autre force de TWD est qu’il n’y a pas de bons ou mauvais choix, il n’y a que des choix difficiles à faire, vous ne serez jamais un héro dans TWD, tout au plus un être humain responsable (et vous verrez que c’est déjà beaucoup).

Dans les épisodes précédents…

TWD a su populariser le marché du jeu vidéo dit « épisodique ». Mais qu’est-ce dont cela? C’est un concept relativement simple. Les jeux vidéo ont toujours été distribué via un mode de commercialisation très « unitaires », c’est à dire qu’un jeu est vendu dans son ensemble à un prix unitaire. TWD a su populariser un mode de commercialisation déjà existant mais peu usité; le format épisodique.

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Fatalement la construction du jeu en lui même pousse vers ce mode de commercialisation. Le jeu étant réparti sur cinq épisodes (en ce qui concerne la première saison), qui sont sortis à deux mois d’intervalle. Le joueur pouvait alors acheter un épisode à l’unité lors de sa sortie, ou « prépayer » l’ensemble lors de la sortie du premier épisode (en bénéficiant donc d’un rabais par rapport à ceux achetant l’épisode à l’unité). Le principe est exactement le même que si vous achetiez un épisode de votre série TV préféré sur un système de VOD. Cela peut paraître anodin mais dans le jeu vidéo c’était une pratique peu répandue avant TWD et qui est devenu courante aujourd’hui.

Tout le monde ne peut pas être d’accord

Alors TWD, n’a certes pas fait l’unanimité, certains intégristes du jeu vidéo lui ont reprochés d’être plus un film interactif qu’un jeu vidéo (rapellons que le concept est vieux comme le monde; Dragon’s Lair à l’époque était déjà un dessin animé interactif). Certains crieront même à l’escroquerie, mais c’est même personne ne sont pas choquées par la sortie annuelle de jeux comme FIFA qui à chaque années sontr proposés au prix fort. L’argument de « ce n’est pas un jeu vidéo donc c’est de la merde » est assez pathétique et non recevable. Admettons, TWD n’est PAS un jeu vidéo, mais un film interactf, quel est le problème? Bref, critique nulle et non pertinente.

On peut par contre reprocher au titre le fait que les choix du joueurs n’est pas autant d’impact que ça sur l’histoire principal, et encore ça serait pinailler, en particulier sur la saison 2 où vos choix vont être capital.

Je ne suis peut-être pas objectif sur TWD, tant j’ai adoré jouer à ce jeu et tant il m’a pris aux tripes, mais il convient de lui reconnaître des points forts incontournable; le sens de la mise en scène, les cliffhangers de malade et surtout l’émotion qu’il véhicule. Ne vous retenez pas et tentez l’expérience. Le jeu est disponible sur PC et toutes les consoles (PS3/4, Xbox360/One) en VOSTFR.

Poltergeist de Gil Kenan

La mode est au remake, c’est un fait, et ceci est particulièrement vrai pour les films fantastiques et/ou d’horreur. En grand représentant du genre, Poltergeist ne pouvait pas échapper à la règle. C’est donc Sam Raimi qui a produit ce projet casse gueule (comme tout remake), la réalisation a quand elle était confié à Gil Kenan. J’ai toujours du mal à comprendre comment un tel projet a pu être donné à un mec qui a réalisé deux longs métrage dans sa carrière (à savoir Monster House, un film d’animation et la cité de l’ombre). Non pas que ces deux longs métrage soient mauvais (au contraire), mais on parle tout de même de la licence Poltergeist. Je trouve que ça en dit long sur l’ambition que l’on veut donner au film. Et malheureusement pour ce remake, mes pires craintes se sont avérées fondées.

Poltergeist

Insidious est passé par là

Sans revenir en détail sur l’histoire d’une banalité affligeante; une gentille petite famille américaine qui emménage dans une jolie petite maison qui s’avère avoir été construite sur un lieu maudit… Il est malheureusement évident que Poltergeist n’a pas su réinsuffler un vent de nouveauté sur le genre. Les jump scare s’enchaînent avec une banalité affligeante (ils sont tous prévisible à des kilomètres), les personnages sont d’une incohérence rare (le gamin qui d’une minute à l’autre passe du stade de poule mouillée à celui de héro sans peur) et les situations sont d’un manque d’originalité affligeant: le coup de la petite fille qui a un « ami imaginaire », on l’a déjà vu cent fois (et le coup du père qui dit « c’est normal à son âge! »). Je me suis demandé à plusieurs reprises ce que j’avais bien pu avoir fait pour mériter un pareil supplice. Je veux bien que le public visé soit un public adolescent, mais tout de même, les adolescents ne sont pas forcéments des anencéphales. Globalement Poltergeist n’invente rien de neuf et se contente de réciter une litanie de situations déjà vu, revu et re-revu des centaines de fois dans le cinéma d’horreur. Oui, le fabuleux Insidious de James Wan est passé par là, et la comparaison avec ce remake fait terriblement mal. La construction d’Insidious était similaire, mais la fougue dans la réalisation -et ce avec des jump scare certes mais assez imprévisible- expédie Poltergeist directement au tapis. Hormis la vision de la dimension parallèle, Poltergeist n’apporte rien.

Ce seul plan iconique d'Insidious est plus terrifiant que tout Poltergeist
Ce seul plan iconique d’Insidious est plus terrifiant que tout Poltergeist

Jump Scare

 

Un Jump Scare terrifiant issue de P.T. sur Playstation4
Un Jump Scare terrifiant issue de P.T. sur Playstation4

Le Jump Scare est un procédé cinématographique destiné à faire sursauter le spectateur. Souvent il s’agit de l’irruption à l’écran d’un personnage, d’un monstre ou d’un objet accompagné d’un effet sonore particulièrement bruyant ou stridant. Le Jump Scare est une des techniques les plus « basiques » du cinéma d’horreur. Son abus dans un film est considéré par certains (dont moi) comme un signe d’incapacité à créer un vrai sentiment de peur. Un bon film d’horreur n’a pas besoin de Jump Scare pour faire peur (c’est le cas d’Insidious ou Sinister), un mauvais film d’horreur n’arrive pas à faire peur sans Jump Scare. Bref le Jump Scare est un moyen facile de provoquer un sursaut, une peur brève, mais ne peut conditionner la qualité horrifique d’un film à lui seul.

De la publicité, en veux-tu en voilà

Je veux bien croire que le financement d’un film, même à Hollywood, soit quelque chose de compliqué. Donc voir des publicités déguisés ici et là ne me choque habituellement pas. Mais ce film est une publicité sur patte, on doit voir le logo Apple une bonne dizaine de fois, des téléviseurs Sony, des voitures Mini sans arrêt, des personnages qui citent des marques oralement, quasiment un plan sur trois est un placement produit, de quoi donner le vertige à n’importe qui. Personellement ça m’a gêné car autant parfois, à petite dose, ça peut aider à l’immersion dans le film, autant là j’avais l’impression d’assister à des pages publicitaires entrecoupées d’un film.

En conclusion, Poltergeist ne mérite probablement pas votre attention, à moins que vous soyez un(e) féru de film d’horreur (et encore pour l’horreur pur il faudra repasser; un train fantôme de fête forraine sera plus efficace). Rien n’est à sauver dans ce film hormis quelques rares effets visuels. Résultat bien maigre pour un film qui se veut le remake/reboot d’une franchise presque fondatrice du genre. A oublier au plus vite.

Hibike! Euphonium, la dernière production signée Kyoto Animation

Le savoir-faire de Kyoto Animation en terme d’animation n’est plus à prouver (et si vous me suivez un temps soit peu, vous savez que je place ce studio en plus haute estime), mais le studio a encore repoussé les limites avec sa dernière production; Hibike! Euphonium. Retour rapide sur cette série pour vous expliquer pourquoi elle est le bien incarné et pourquoi vous devez la voir.

En guise d’introduction, je précise que je viens de regarder le douzième et avant dernier épisode, et que l’envie d’écrire un billet fut plus forte que jamais, impossible pour moi d’attendre la semaine prochaine pour le dernier épisode. Par conséquent je ne m’exprimerai pas en ayant vu la série dans son ensemble, mais très sincèrement, peu importe le dernier épisode (qui ne pourra être qu’excellent de toute façon), je peux déjà dire que cette série est un pur bijoux venu du pays du soleil levant. Il me paraissait cependant important de préciser ce petit détail afin d’être le plus hônnete possible envers vous.

Une histoire de fanfare

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Initialement Hibike! Euphonium est un roman écrit par Ayano Takeda, selon mes recherches l’auteur en question n’a pas écrit d’autres oeuvres majeures (elle est cependant encore très jeune (née en 1992)). L’histoire se focalise sur le quotidien d’une fanfare d’un lycée (Kitauji). Chaque année un concours national est organisé entre les meilleures fanfares de tous les lycées. La fanfare du lycée Kitauji n’a jamais réussi à se qualifier pour ce concours, mais il semblerait que cette année les membres de la fanfare aient la volonté d’honorer leur lycée de la plus belle des façons; en préparant le concours avec détermination.

Hibike! Euphonium est donc une série qui va faire la part belle à la musique, au sens le plus noble du terme puisque cette fois il sera question de trombone, euphonium, contrebasse et percussion. Si de prime à bord il est tentant de rapprocher la série à K-On, les deux séries sont pourtant assez éloignée; K-On utilisait la musique comme moyen de raconter l’histoire de 5 adolescentes vivant leur dernière année de lycée, Hibike! Euphonium se focalise vraiment sur les difficultées liée à la pratique d’un instrument.

De la musique mais pas que…

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Le personnage principal de l’histoire est Kumiko Oumae, une jeune fille qui joue de l’euphonium depuis son plus jeune âge. Au début de l’histoire elle arrive dans son nouveau lycée et s’inscrit à la fanfare avec la ferme intention de ne plus jouer de l’euphonium (instrument qu’elle ne semble plus supporter, malgré qu’elle en joue depuis toujours). Elle va retrouver une connaissance, Reina Kousaka, une élève assez mystérieuse, passionnée de trompette, qu’elle côtoyait au collège. On sent une réelle tension entre les deux personnages, Kumiko semble souffrir d’un complexe d’infériorité vis à vis de Reina. Vous dire de quoi il en retourne serait vous gâcher le plaisir du visionnage de la série. Disons simplement que la relation unissant les deux personnages est vraiment une des plus belles trouvailles de ces dernières années en terme de narration. L’histoire finit par entremêler toute sorte de sentiments propre à l’adolescence; l’amour, la haine, la jalousie, l’amitié… et c’est fait avec une telle réussite que ça en est éblouissant. La série vaut la peine d’être regardée rien que pour la relation entre Kumiko et Reina.

Les autres personnages ne sont pas en reste, même si on n’échappe pas à certains poncifs de l’animation japonaise, le tout est suffisament rafraîchissant et tellement bien amené qu’on se surprend à avoir le sourire aux lèvres (ou les larmes aux yeux, c’est au choix) à la fin de chaque épisode (20 minutes c’est trop court!). C’est le propre des bonnes séries d’avoir des personnages secondaires attachants qui se dévoilent au fur et à mesure des épisodes. Evidemment le coeur de l’intrigue reste la vie de la fanfare avec ses joies et ses difficultées; la gestion des rivalités au sein de la fanfare, le choix des solistes, le rythme des répétitions. Un des autres sujets fils rouges est la place à apporter à une telle passion pour la musique pour des élèves encore au lycée; le sacrifice de la préparation de l’entrée à l’université…

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Une réalisation exemplaire

Kyoto Animation a toujours su proposer des séries quasi parfaite sur le plan technique et Hibike!Euphonium ne déroge pas à la règle. Soyons clair, la série est une véritable pépite sur le plan de la réalisation. Les choix de mise en scène sont judicieux, les éclairages sont parfaits et l’animation des personnages est un sans faute. Précisions importante, je parle là des épisodes diffusés à la TV, il ne s’agit pas encore des épisodes sorties en BluRay/DVD (précisons qu’il est relativement coutume au Japon que les séries soient retouchés lors de la sortie en DVD/BluRay afin de soigner l’animation ou les effets spéciaux). Comprenez que les épisodes diffusés à la TV, du fait des impératifs de temps pour la diffusion et au coût exorbitant de la production de telles séries animées, ne sont pas toujours fignolés comme ils le devraient lors de leurs diffusions. Tèrs clairement, Hibike! Euphonium a bénéficié d’une attention et d’un soins particulier. Mais puisque quelques images valent mieux que des mots, jugez par vous même.

Kumiko dans l’episode 12

 

« Tu resteras à mes côtés, tu ne me trahiras pas? -Si je te trahis tu auras le droit de me tuer »
La qualité de l’animation des personnages lorsqu’ils jouent de leur instrument respectif est bluffante, d’autant qu’il existe une synchronisation parfaite avec le sons qui sort de l’instrument.

Je ne pouvais pas ne pas parler de la bande sonore qui est là encore parfaitement juste, et ne fait jamais dans la surenchère. Les scènes de répétition sont criantes de réalisme, on a l’impression d’y être. Mention spéciale au design sonore, les sons changent vraiment selon l’acoustique du lieu où se trouvent les personnages. Un sans faute.

 

Ishihara Tatsuya; un réalisateur à part

Le CV du bonhomme force le respect, réalisateur de Air, Clannad, Clannad After Story, La Mélancolie d’Haruhi Suzumiya, Kanon, j’en passe. Si Hibike! Euphonium n’est peut être pas son plus grand chef d’oeuvre, il n’en reste pas moins que la série se place déjà comme une pièce maîtresse de son auteur. Ishihara Tatsuya sait toujours manier avec brio la mise en scène et retranscrire des émotions avec perfections.

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Une série qui fera date dans l’histoire de l’animation

Une fois encore, et au risque de me répéter, Hibike!Euphonium va marquer l’animation japonaise de son empreinte, j’en suis certain. Que ce soit par son côté technique ou la complexité de son héroïne principale (vraiment pas comme les autres), la série se laisse regarder sans sourciller. Chaque épisode est un petit plaisir, le final est programmé pour la semaine prochaine. J’ai hâte.

La série est disponible en VOSTFR sur Crunchyroll, n’hésitez pas.

Jurassic World, entre nostalgie et frustration…

Jurassic World est une arlésienne cinématographique dont on parle depuis des années. S’il était presque évident que le film verrait le jour,rien ne garantissait sa qualité. Après avoir vu le film voici quelques éléments de réponse quand à la question qui brûle les lèvres de tout fan du premier film et de la saga en général: est-ce que ce film vaut le coup? Je m’évertuerai à ne pas spoiler au cours de ces quelques lignes.

Une mise en abyme intéressante

Aussi surprenant que cela puisse paraître, Jurassic World propose une mise en abyme tellement flagrante qu’elle en est presque subtile. Explications. Jurassic World se situe 20 ans après Jurassic Park, le parc a finalement ouvert et accueille pléthore de visiteurs qui viennent contempler des dinosaures… En fait le mot « contempler » est un peu galvaudé, puisque les visiteurs commencent à s’ennuyer et se sont « habitués » à voir des lézards géants en captivité. Pour palier à cette « blasitude », et pour que son parc reste perreine, la gérante du parc doit trouver de nouvelles « attractions ». Et pour cela quoi de mieux que de créer un nouveau dinosaure; l’Indominus Rex (on en entend parler à plusieurs reprises dans les bandes annonces). Sans entrer dans les détails du scénario (qui reste assez basique soyons clair), l’idée est pourtant excellente, car il existe un certain lien entre les visiteurs du parc qui viennent voir des dinosaures et les spectateurs qui vont voir le film pour voir des dinosaures (aussi). Et le comparo ne s’arrête pas là, puisqu’on pourrait aisément pousser la comparaison aux spectateurs exigeant, (désireux de voir des blockbusters toujours plus « What The Fuck », où la surenchère d’effets spéciaux ne laisse plus guère de place au scénario) avec les visiteurs du parc qui se lassent des dinosaures (les enfants qui s’amusent sur leurs téléphones portables alors qu’ils ont devant eux des dinosaures). Bref, j’ai trouvé cette comparaison assez intéressante.

Ouai, bon, on est d'accord, le nouveau logo est carrément hideux par rapport au précédent.
Ouai, bon, on est d’accord, le nouveau logo est carrément hideux par rapport au précédent.

Nostalgie quand tu nous tiens

Soyez prévenu, Jurassic World joue à fond la carte de la nostalgie, à tel point que même si sur le plan scénaristique la vision du premier film est tout à fait dispensable, sur le plan émotionnel la connaissance de l’épisode premier de la saga me paraît indispensable. Les citations du premier film sont en effet légion… Le personnage de Claire (incarnée par Bryce Dallas Howard) toute vêtue de blanc rappelant inévitablement le personnage incarné par John Hammond (qui lui aussi était revêtu d’un blanc immaculé). Le nom de John Hammond revient d’ailleurs à plusieurs reprises au cours du film, il y a même une statue à son effigie dans le nouveau Visitor Center!

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La scène où Claire va chercher Owen dans sa caravane renvoit inévitablement à celle de John Hammond venant débusquer le Professeur Grant dans le premier opus
La scène où Claire va chercher Owen dans sa caravane renvoit inévitablement à celle de John Hammond venant débusquer le Professeur Grant dans sa caravane dans le premier opus

Mais les séquences nostalgies ne s’arrêtent pas là, une des scènes qui m’aura le plus marqué est celle où Zach et Gray revisitent un lieu mythique du premier opus (pour rester vague et ne pas vous spoiler). Le problème est que là encore, je doute de l’impact réel de la scène chez quelqu’un n’ayant pas vu le premier film. Mais croyez bien que cette scène est une réussite totale par rapport à l’émotion qu’elle est capable de véhiculer (bon certes, la reprise du thème musicale initialement composé par John Williams aide beaucoup, mais alors beaucoup).

On pourrait aussi citer l’apparition de monsieur ADN (mais si vous savez!), ou de l’employé de la salle de commande qui porte un T-Shirt à l’effigie du logo de l’ancien parc (qui dit lui même que « c’était mieux avant! », encore une symbolique bien trouvé, on avait l’impression que le réalisateur voulait que les gens repensent au premier film avec nostalgie).

Et evidemment, on retrouvera avec plaisir le Dr Wu, seul rescapé du film initial.

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Et vous savez quoi, vous allez même être nostalgique des dinosaures, sensations assez incroyable, mais pourtant palpable; quel plaisir de revoir le Tyranosaurus Rex! Il existe pleins d’autres clins d’œils : les voitures {La jeep roulée par Zach et Gray est la numéro 29, celle roulée par John Hammond au début de Jurassic Park}, les lunettes de visions nocturnes, quelques répliques: « Sautes Gray! » en référence à « Sautes Tim! », le personnage de Gray en lui même qui est un copié collé de Tim (jusqu’à la coupe de cheveux), « Life finds a Way », un personnage qui lit le livre de Ian Malcolm dans le monorail…

Une réalisation (trop) classique, des personnages fades

Il est difficile de dire du mal de la réalisation (pour un premier grand film de la part de Trevorrow c’est même excellent), c’est plutôt bien filmé, les scènes sont globalement lisibles. Certains regretteront (dont moi) que les dinosaures ne soient plus en animatronics mais en numérique, mais globalement ça a de la gueule. Mais ne cherchait pas de révolution, là où Spielberg avait révolutionné le blockbuster de l’époque et la façon de filmer « des monstres ». Parenthèse à part, Spielberg crée une mini révolution à chacun de ses films (Il faut Sauver le Soldat Ryan a changé à tout jamais la façon de filmer les films de guerre…)

Par contre, les personnages… Quelle catastrophe… Passons sur les deux frères auxquels on ne s’attache pas (surtout le plus grand des deux) et revenons sur le personnage de Bryce Dallas Howard. Le traitement qui lui est réservé est à la limite de la caricature (alors que cela aurait pu être très bien exploité), HEUREUSEMENT que son personnage évolue à la fin du film. Chris Pratt fait son boulot, mais son personnage est juste là pour faire le « beau gosse »; il n’a pas de passé et son futur on s’en cogne franchement. Au milieu de tout ça, il y a Omar Sy, alors certes son rôle est un peu plus important que celui qu’il avait dans X-Men, mais bon, il n’y a vraiment pas de quoi casser une patte à un canard. Il doit avoir 10 répliques dans tout le film dont certaines assez pathétiques (dont un rire démoniaque alors qu’un de ses collègues de boulot a manqué de se faire déchiqueter par des raptors).

Bref, Jurassic World pêche vraiment par ces aspects et cela l’empêche d’être autre chose qu’un vibrant hommage (tout ce qu’il y a de plus sincère ceci dit) à son ancêtre. Et pourtant on a frôlé l’exploit, avec quelques fulgurances, notamment la scène avec l’apatosaurus (Spoiler), qui si elle renvoi à celle du Triceratops est vraiment plus forte émotionnellement, ou encore la splendide scène finale (mon âme d’enfant a hurlé de plaisir!).

Un concept art du Centre des Visiteurs
Un concept art du Centre des Visiteurs

La vie trouve toujours un chemin

Ceci étant le message véhiculé par le film reste pertinent et en accord avec ce que la série a toujours défendu: on ne joue pas avec la nature, et tôt ou tard cette dernière reprend ses droits, là dessus pas de tromperie sur la marchandise. On peut cependant rester dubitatif sur la tournure des événements à la fin du film. La fin du film de Spielberg était plus logique, mais j’avais promis de ne pas spoiler, donc…

Pour l’anecdote

Le format utilisé par Colin Trevorrow est le 2,00:1 alors que Steven Spielberg avait utilisé (et c’était une exception pour l’époque) du 1.85:1, jugez la différence sur les « bandes noires ». A savoir que la plupart des films actuels sont tournés au Scope avec un ratio 2,35:1. Le 2,00:1 est parfaitement adapté au film car il lui permet d’afficher à l’écran à la fois les dinosaures géants et des humains plus petits. Jugez par vous même. Bref choix très audacieux pour le coup!

Format 2,35 dans American Psycho
Format 2,35:1 dans American Psycho
Format 1,85:1 dans Jurassic Park
Format 1,85:1 dans Jurassic Park
Format 2:1 dans Jurassic Park
Format 2:1 dans Jurassic World

 

En conclusion

Frustrant, c’est le mot que j’ai le plus en bouche. Car Jurassic World est un bon film, mais je ne m’avancerai pas à dire que c’est un grand film ou encore moins qu’il peut prétendre au statut cultissime de l’épisode fondateur. Le film n’arrive jamais à se positionner entre véritable nouveau film canonique (c’est probablement pour ça qu’il sappelle Jurassic World et non pas Jurassic Park 4; c’est un nouveau récit) ou remake/hommage. C’est un excellent divertissement qui jouera efficacement sur votre fibre nostalgique, mais qui n’atteindra jamais le statut iconique générationnel du film de Spielberg. Ceci étant, ça change tellement des films de super héros! Je n’en peux plus de Marvel, rien qu’avant Jurassic World j’ai eu trois bandes annonces pour trois films Marvel et son univers étendu, par pitié que quelqu’un arrêtes ça tout de suite!! Très honnêtement, vous auriez tord de bouder votre plaisir. Par contre, il est indispensable d’avoir vu le premier film pour apprécier celui ci à sa juste valeur. Quand à une éventuelle suite…. Il vaudrait mieux qu’elle ne voit pas le jour, car à part un scénario de série B, je ne vois pas ce que les scénaristes pourront bien inventer. Arrêtons nous-là, l’hommage fut assez vibrant.

Souvenirs de Marnie – Hiromasa Yonebayashi

Il y a des studios qui auront marqué l’histoire du cinéma de leur empreinte, Ghibli fait indéniablement parti de ceux-là. Aussi, quand le film annoncé comme le dernier long métrage Ghibli (du moins avant un bon bout de temps) pointe le bout de son nez, il est donc tout à fait normal de l’attendre avec impatience… Rassurez-vous, l’attente ne s’est pas soldée par une déception (chose courante quand on attend beaucoup d’un long métrage).

Souvenirs de Marnie (Omoide No Marnie) est donc réalisé par Hiromasa Yonebayashi (à qui on devait Arietty et le petit monde des Chapardeurs) et nous raconte l’histoire d’une jeune fille solitaire et sombre, envoyée à la campagne pour soigner son asthme, qui explore les environs et découvre une vieille villa dans les marais qui serait hantée par… (je vous laisse découvrir par vous même)

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La recette reste la même, un environnement somptueux visuellement mais très ancré dans la réalité avec une touche de fantastique qui vient rythmer le récit. J’avais adoré le dernier film de Myazaki même si j’étais un peu resté sur ma fin (manque de magie, rythme un peu trop lent) et j’appréhendais Souvenirs de Marnie par peur d’être déçu. Balayons tous ces doutes d’un revers de main, le dernier film estampillé Ghibli est somptueux.

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Sans défleurer l’intrigue, le film revient aux fondamentaux qui ont fait le succès de Ghibli; décor somptueux où la nature a toute sa place, l’importance des valeurs familiales, des personnages féminins forts et haut couleurs, une ambiance envoûtante, des musiques discrètes mais enrobant parfaitement le film d’une ambiance mélancolique.

L’ambiance parlons-en, Marnie est un film profondément mélancolique, confrontant un personnage à la quête de son passé et de ses souvenirs. Tout est fait pour donner une sensation de vague à l’âme et cette ambiance n’abandonnera jamais le spectateur (générique de fin inclus). Et pourtant, on ne peut s’empêcher de sourire (la larme à l’oeil) en repensant à cette histoire tellement simple et pourtant tellement bien racontée, tant on s’est senti bien pendant presque deux heures.

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Le film ne serait rien sans son personnage principal: Anna, adolescente ne trouvant pas sa place dans la société. Si le personnage est réussi c’est parce qu’il ne sombre pas dans les clichés et que ses réactions restent très plausible (là aussi je préfère ne pas citer d’exemple pour ne gâcher l’expérience à personne). De même la relation qu’elle entretient avec Marnie (l’autre personnage principal du film) est tellement mystérieuse qu’elle suffit à tenir en haleine tout le long du récit.

Les thématiques abordées sont multiples; la famille, l’adolescence, les relations parents/enfants, et forcément parfois on aurait aimé un peu plus de profondeur sur certains aspects mais cela aurait été au dépend de l’ambiance et cela aurait été vraiment dommage tant le film est poétique de bout en bout. Car c’est bien là le point fort du film, sa frénésie mélancolique tant sur le plan visuelle qu’auditif, rien ne sort le spectateur de cette ambiance onirique.

Le réalisateur s’est toujours défendu d’avoir réalisé son film en sachant qu’il serait peut être le dernier film Ghibli, il n’empêche que la dernière scène sonne comme une métaphore du spectateur disant aurevoir à l’univers Ghibli.

En résumé, souvenirs de Marnie est un régal, un film juste, terriblement mélancolique, mais tellement beau et pourvoyeur d’un torrent d’émotions. Il sonnera quoiqu’il arrive un tournant dans l’histoire de Ghibli. Donc courez dans vos cinémas tant qu’il est encore temps!

Chronopost, une autre vision du service…

Soyons bref, j’ai reçu le 22/10/2014 un avis de passage Chronopost (voir photo) dans ma boîte aux lettres. Comme souvent il y avait quelqu’un à la maison mais l’avis s’est retrouvé directement dans la boîte aux lettres sans que le livreur aient sonné à la porte (admettons que je n’ai pas entendu, car c’est possible).

 

Bref, l’avis date le passage du 23/10/2014, or nous étions le 22/10/2014, admettons. qui me dit que mon colis sera disponible le 24/10/2014 à mon agence Chronopost.
Admettons…

L’avis me stipule que j’ai un montant à régler de 46€, par contre, sur l’avis, le sticker avec la référence colis et l’adresse de l’agence chronopost est manquant (le livreur était surement trop pressé pour faire son boulot). J’ai bien un numéro d’avis de passage mais qui ne retrouve rien lorsque je me rends sur Chronopost.fr.

Je suppose qu’il s’agit d’un envoi en provenance du Japon, car c’est le seul pays où je commande régulièrement (ça expliquerait les frais de douanes). Seulement voilà, je ne commande que sur CDJapan, et toutes mes commandes CDJapan sont expédiés et reçus, je n’ai pas de commande en instance. Je n’ai donc aucun numéro de suivi, et je ne sais pas du tout ce que contient réellement ce colis.

Prenant mon courage à deux mains j’ai donc appelé le service client. Là on me demande mon nom, numéro de colis… J’explique que je n’ai pas de numéro de colis, puisque je n’attends – à priori- pas de colis. On m’explique que je dois regarde mon numéro de suivi sur le site internet sur lequel j’ai commandé (j’ai beau dire que je n’ai aucune commande en cours, on me dit de quand même regardé… bref) On me demande alors mon numéro d’avis de passage et on me dit que cette recherche n’a rien donné et qu’on ne pouvait donc rien faire pour moi, au revoir monsieur. On ne me propose pas un semblant de solution. Bref encore une preuve de la piètre qualité des services postaux français…

Tout ce qu’il me reste à faire et de me présenter à l’agence chronopost la plus proche (qui est à 20minutes de chez moi), en espérant que le colis s’y trouve. Les agences ne sont pas joignable par téléphone directement.

Bref, incompétence totale; le livreur qui ne sonne pas (ce n’est pas la première fois), le livreur qui ne remplit pas correctement l’avis de passage (pas d’adresse d’agence, pas de numéro de colis, réclamation d’une somme de 46€), la hotline totalement à la rue (« Je ne peux rien faire pour vous », sans explication alors que l’erreur vient de Chronopost qui n’a pas rempli l’avis de passage correctement).

Merci à ceux qui feront tourner cet article.

Mise à jour 23/10/2014 – 16h30

Nouveau retournement de situation. Un livreur chronopost s’est présenté chez moi aujourd’hui, alors que je n’étais vraiment pas là pour le coup, mais ma soeur était présente. Le livreur explique qu’il vient récupérer une somme relatif à un envoi que j’ai reçu il y a dix jours.

Effectivement j’ai reçu un envoi en provenance du Japon il y a dix jours, la livraison s’est effectuée normalement, j’ai bien reçu l’article. La réception s’est faite normalement, j’ai signé un accusé réception (je précise qu’aucune somme d’argent ne m’a été demandé à ce moment là). Quelques jours après cette livraison le livreur s’était représenté en expliquant qu’il avait oublié de me faire payer les frais de douanes. J’ai donc régularisé la situation (chèque photocopié avant de lui donner -ouf). Le mec voulait partir comme ça avec le chèque sans me donner de reçu, je lui ai quand même fait signer un papier manuscrit stipulant qu’il avait bien récupérer le chèque… (heureusement)…

DONC… Aujourd’hui un autre livreur se pointe et demande à ma soeur de lui régler un montant de 46€ (même somme demandé que celle d’il y a une semaine) relatif à un colis reçu il y a dix jours. Ma soeur, pas au courant de cette histoire lui explique que je suis absent. Là le mec explique que si je ne règle pas, Chronopost engagera des procédures judiciaires!! Non mais on vit sur une autre planète là!!! Il doit repasser demain… La suite au prochain numéro.